🦝 Le Père Était Peintre Et Le Fils Cinéaste

Nousavons trouvé les réponses et solutions suivantes pour: Le père était peintre le fils cinéaste. Cet indice a été vu pour la dernière fois dans le populaire CodyCross Le Puzzle du Jour Petit. La solution que nous avons pour Le père était peintre le fils cinéaste a un total de 6 lettres. Le père [] Andrzej Wajda est mort, le cinéaste polonais avait 90 ans Cette légende du cinéma dont les films reflétaient l'histoire complexe de son pays est décédée d'une insuffisance pulmonaire. AFP AFP DÉCÈS - Légende du cinéma mondial, le Polonais Andrzej Wajda est mort dimanche 9 octobre à 90 ans, ont annoncé ses proches et plusieurs médias polonais. Le réalisateur de L'Homme de Marbre et de nombreux autres films reflétant l'histoire complexe de son pays est décédé d'une insuffisance pulmonaire. Hospitalisé depuis plusieurs jours, il se trouvait dans un coma pharmacologique, a indiqué un proche de la famille. Il a été pendant toute sa vie le chantre de la difficile histoire polonaise à laquelle il a su donner une dimension universelle, récompensée par un Oscar en 2000 pour l'ensemble de son œuvre. Kanal, le "début de tout" Né le 6 mars 1926 à Suwalki nord-est, Andrzej Wajda veut suivre l'exemple de son père, militaire de carrière, et tente, sans succès, d'entrer en 1939 dans une école militaire, à la veille de la Seconde guerre mondiale. Pendant l'occupation nazie, il commence à suivre des cours de peinture qu'il prolongera après la guerre à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie sud, avant d'entrer dans la célèbre école de cinéma à Lodz centre. Ses premiers films sont imprégnés de l'expérience douloureuse de la guerre, de la résistance polonaise contre les nazis. Son premier long métrage Génération 1955, un récit portant sur le sort de jeunes des faubourgs de Varsovie pendant l'occupation, a donné naissance à la célèbre "Ecole polonaise de cinéma", courant où l'on entreprenait un débat sur l'héroïsme et le romantisme polonais. En 1957, Andrzej Wajda obtient à Cannes le Prix spécial du Jury pour son chef d'œuvre sur l'insurrection de Varsovie en 1944, Kanal Ils aimaient la vie. "Ce fut le début de tout", avoua-t-il à 50 ans plus tard. "Cela m'a permis de faire ce qui devait être mon film suivant, Cendres et diamant 1958. Il m'a donné une position forte dans le cinéma polonais". Sauvé de la prison par la Palme d'Or A partir des années 70, l'œuvre d'Andrzej Wajda s'inspire du patrimoine littéraire polonais Le bois de bouleaux 1970, Les Noces, 1972, La Terre de la grande promesse 1974. En 1977, il présente au Festival de Cannes L'Homme de marbre, critique de la Pologne communiste, à qui il donne une suite trois ans plus tard dans L'Homme de fer. Le film, racontant pratiquement en temps réel l'épopée de Solidarité, premier syndicat libre du monde communiste, est récompensé par la Palme d'or à Cannes. "Le jour de la Palme a été très important dans ma vie, bien sûr. Mais j'étais conscient que ce prix n'était pas uniquement pour moi. C'était aussi un prix pour le syndicat Solidarité", a-t-il expliqué. Andrzej Wajda a offert sa Palme d'or à un musée de Cracovie. Elle y est exposée à côté d'autres trophées comme l'Oscar qui lui a été décerné en 2000 pour l'ensemble de son œuvre. Alors que ses nombreux amis sont emprisonnés lors du coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarnosc en décembre 1981, la Palme d'Or le sauve de la prison. Amoureux du théâtre Ses prises de position hostiles au régime de Jaruzelski l'incitent à réaliser des films à l'étranger. Il tourne alors Danton 1983 avec Gérard Depardieu, Un amour en Allemagne 1986, ou Les Possédés 1988 d'après Dostoïevski. Après la chute du communisme en 1989, Andrzej Wajda revient à l'histoire avec notamment Korczak 1990, l'Anneau de crin 1993 ou la Semaine Sainte 1995. Il adapte toujours au cinéma les grands œuvres de la littérature polonaise comme Pan Tadeusz, quand Napoléon traversait le Niemen 1999 et La Vengeance 2002. Dans Katyn, nominé à l'Oscar en 2008, il raconte l'histoire tragique de son propre père, Jakub Wajda, qui fut l'un des officiers polonais massacrés par les Soviétiques en 1940, notamment à Katyn. Capitaine d'un régiment d'infanterie de l'armée polonaise, il fut exécuté d'une balle dans la nuque par le NKVD, la police secrète de Staline. Amoureux du théâtre, Andrzej Wajda a également mis en scène une quarantaine de pièces, dont plusieurs présentées à l'étranger, notamment en Amérique du Sud et au Japon. Grand passionné de la culture japonaise, le cinéaste a créé en 1994 à Cracovie un centre de civilisation japonaise, Manggha. En 2002, il avait lancé sa propre école de cinéma et d'écriture de scénarios. Son dernier film, Powidoki Après-image, 2016, qui a eu sa première en septembre au Festival de Toronto et qui n'est pas encore sorti en salle, sera le candidat polonais à l'Oscar. Wajda y raconte les dernières années de la vie d'un peintre d'avant-garde et théoricien de l'art, Wladysław Strzeminski, en lutte contre le pouvoir stalinien. Certains critiques y ont vu une métaphore de la Pologne actuelle dirigée par les conservateurs du Droit et Justice PiS. Ils nous ont quitté en 2016 - 31 décembre - Allan Williams - Le premier manager des Beatles, Allan Williams, est décédé à l'âge de 86 ans, dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 décembre. L'historien des Beatles, Mark Lewisohn, a notamment écrit sur Twitter "Pas d'Allan Williams, pas d'Hambourg. Pas d'Hambourg, pas de Beatles". Une façon de mettre en lumière le rôle qu'a joué Williams dans la carrière du groupe de rock. » Lire notre article complet en cliquant ici 29 décembre - William Salice - William Salice, l'inventeur du célèbre œuf en chocolat Kinder Surprise, est décédé jeudi 29 décembre. Hospitalisé à Pavie dans le sud de Milan en Italie des suites d'un accident vasculaire cérébrale, il est mort à l'âge de 83 ans, selon La Repubblica. Dans les années 1970, c'est lui qui avait imaginé le Kinder Surprise de l'entreprise italienne Ferrero. Proche de Michele Ferrero, père du Nutella et des Ferrero Rochers, William Salice avait eu l'idée d'un œuf en chocolat contenant un jouet à monter soi-même. 28 décembre - Jean Christophe Victor - Présentateur du "Dessous des Cartes" sur Arte, l'expert en géopolitique est décédé à l'âge de 69 ans. 28 décembre - Debbie Reynolds - Une étoile après l'autre. Debbie Reynolds, une des dernières grandes actrices de l'âge d'or d'Hollywood, a succombé à une attaque mercredi 28 décembre, quelques heures seulement après le décès de sa fille, Carrie Fisher, la célèbre princesse Leia de "Star Wars", des suites d'une crise cardiaque. Elle était notamment connue pour son rôle de Kathy Selden dans "Singin' in the rain". » Lire notre article complet en cliquant ici 28 décembre - Pierre Barouh - Le parolier et compositeur, auteur notamment du texte des chansons "Un homme et une femme" et "La bicyclette", est décédé à l'âge de 82 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 28 décembre - Michel Déon - L'écrivain et académicien, qui fit partie du courant littéraire des "Hussards", est décédé à l'âge de 97 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 27 décembre - Claude Gensac - L'actrice Claude Gensac, qui a tourné plus d'une centaine de films, est décédée à 89 ans dans son sommeil dans la nuit de lundi à mardi 27 décembre, a annoncé son fils à l'AFP. Claude Gensac était surtout connue pour donner la réplique à Louis de Funès dans la série des "Gendarmes". Le maréchal des logis Ludovic Cruchot l'apostrophe dans les films d'un "ma biche" qui lui a collé à la peau. Elle a d'ailleurs publié une autobiographie intitulée "Ma biche... c'est vite dit!", en 2005. 27 décembre - Carrie Fisher - Carrie Fisher est morte des suites d'une crise cardiaque mardi 27 décembre à Los Angeles, à l'âge de 60 ans. Carrie Fisher, dont le nom restera à jamais associé à son rôle de la princesse Leia dans la saga spatiale "Star Wars", avait souffert d'une crise cardiaque lors d'un vol entre Londres et Los Angeles le 23 décembre. Elle avait été transportée d'urgence dans un hôpital de la ville dans un état grave. 25 décembre - George Michael - MORT - Stupeur chez toute une génération qui a grandi dans les années 80. George Michael est mort dimanche 25 décembre de causes inconnues à son domicile à l'ouest de Londres, à l'âge de 53 ans. Selon le magazine Billboard, son manager Michael Lippman a déclaré que le chanteur avait été retrouvé allongé "dans son lit, en paix", et qu'il était mort d'une crise cardiaque. George Michael était une idole des adolescents dans les années 1980 devenue superstar mondiale, un chanteur et compositeur dont les mélodies sucrées cachaient une vie personnelle tourmentée, entre problèmes de drogue et ruptures sentimentales. 20 décembre - Michèle Morgan - Elle était l'une des plus grandes actrices du cinéma français du XXe siècle. La comédienne Michèle Morgan, de son vrai nom Simone Roussel, est décédée à l'âge de 96 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 18 décembre - Zsa Zsa Gabor - L'actrice américaine Zsa Zsa Gabor, Miss Hongrie 1936, est morte dimanche 18 décembre à l'âge de 99 ans d'une crise cardiaque. Le star avait défrayé la chronique pour ses neuf mariages, ses frasques et ses déboires juridico-financiers. "Scandaleuse" mais généreuse, celle qui n'a "jamais haï un homme suffisamment pour lui rendre ses diamants" partage ses recettes dans "Comment trouver un homme, comment le garder et comment s'en débarrasser", publié en 1970. 17 décembre - Henry Heimlich - Le médecin américain, qui avait donné son nom à une célèbre technique de secourisme permettant de sauver les victimes d'étouffement, est décédé le 17 décembre des suites d'une crise cardiaque à Cincinnati Ohio, comme l'ont rapporté les médias outre-Atlantique. Il avait 96 ans. 13 décembre - Alan Thicke - Le comédien canadien Alan Thicke est mort des suites d'une crise cardiaque, mardi 13 décembre à l'âge de 69 ans. Il était particulièrement connu pour son rôle dans la sitcom "Quoi de neuf docteur?". Il y incarnait un psychiatre, père de quatre enfants. Il était également apparu dans les séries "Fuller House" et "How I Met Your Mother." 8 décembre - John Glenn - Il était le premier Américain à avoir effectué un vol orbital autour de la Terre en 1962, à bord de la minuscule capsule Friendship 7. » Lire notre article complet en cliquant ici 7 décembre - Greg Lake - Le musicien âgé de 69 ans, icône du rock progressif des années 70, est mort des suites d'un cancer. » Lire notre article complet en cliquant ici 6 décembre - Peter Vaughan - L'acteur britannique Peter Vaughan s'est éteint mardi 6 décembre à l'âge de 93 ans. Le comédien était surtout connu pour son rôle de Harry Grout dans la série BBC "Porridge" et plus récemment dans "Game of Thrones" en tant que Mestre Aemon Targaryen, le conseiller de Jon Snow à Châteaunoir dans la Garde de Nuit. 4 décembre - Gotlib - Gotlib, l'auteur de BD, père de "Gai Luron", est mort à l'âge de 82 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 décembre - Rémy Pflimlin - Il avait dirigé France Télévisions de 2010 à 2015. Rémy Pflimlin est décédé dans un hôpital parisien des suites d'un cancer. Il avait 62 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 1er décembre - Ousmane Sow - Le célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort jeudi 1er décembre à Dakar a indiqué sa famille. Membre de l'Académie des Beaux-Arts depuis 2013, Commandeur de la Légion d'honneur et Commandeur des Arts et Lettres, l'artiste sénégalais né à Dakar était connu pour ses grandes statues de bronze. Ses œuvres représentaient principalement des Hommes africains presque toujours en mouvement. Qu'ils luttent, qu'ils dansent ou qu'ils s'aiment, ses personnages étaient tous en action. 25 novembre - Fidel Castro - Le père de la Révolution cubaine est décédé à La Havane à l'âge de 90 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 25 novembre - David Hamilton - Accusé de viol et d'agressions sexuelles par plusieurs femmes, dont l'animatrice Flavie Flament, le photographe britannique est mort dans son appartement du 6e arrondissement de Paris. Retrouvé inanimé par son voisin, l'artiste était entre la vie et la mort avant que son décès ne soit confirmé quelques minutes plus tard. » Lire notre article complet en cliquant ici 20 novembre - Paul Tourenne - Paul Tourenne le deuxième en partant de la droite sur la photo le dernier survivant du célèbre quatuor vocal "Les Frères Jacques", est mort dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 à Montréal où il résidait depuis une dizaine d'années. Paul Tourenne, également photographe, vivait à Montréal au Québec depuis une dizaine d'années. "Il est mort de vieillesse, son coeur a lâché", a dit son fils qui a salué "la carrière magnifique" de son père. 19 novembre - Sharon Jones - La chanteuse soul américaine Sharon Jones, qui s'était fait connaître avec la formation les "Dap-Kings", est décédée vendredi 48 novembre au soir à 60 ans des suites d'un cancer. Ex-gardienne de prison devenue chanteuse professionnelle à quarante ans, SharonJones était originaire d'Augusta en Géorgie et avait commencé à chanter dans les églises. 12 novembre - Malek Chebel - Décrit comme un "spécialiste du monde arabo-musulman et adepte d'un 'islam des Lumières'" par L'Obs, qui a annoncé la nouvelle, l'anthropologue et philosophe algérien est décédé à l'âge de 63 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 12 novembre - Paul Vergès - Fondateur du parti communiste réunionnais et figure emblématique de l'île de La Réunion, Paul Vergès est décédé à l'âge de 81 ans d'une leucémie. Il était le frère du célèbre avocat Jacques Vergès. 11 novembre - Robert Vaughn - L'acteur américain Robert Vaughn, dernier survivant des "Sept mercenaires", connu pour sa carrière à la télévision plutôt que dans des productions hollywoodiennes, est mort d'une leucémie aiguë à l'âge de 83 ans. 11 novembre - Leonard Cohen - Le musicien canadien Leonard Cohen, poète mélancolique et symbole d'une génération post-soixante-huitarde bercée par sa voix grave, est décédé à l'âge de 82 ans, Plusieurs générations ont fredonné et dansé sur ses titres les plus célèbres. "Suzanne" ou "So Long Marianne" illustrent, en 1967, un premier recueil de chansons mélancoliques. D'autres titres célèbres suivront comme "Bird on the Wire", "The Partisan", "Seems so long ago, Nancy" et surtout "Hallelujah". » Lire notre article complet en cliquant ici 6 novembre - Henry Hermand - L'homme d'affaires et de médias, considéré comme le mentor politique d'Emmanuel Macron, est décédé à l'âge de 92 ans à Paris. Rocardien, il était impliqué dans plusieurs think-tanks, et était notamment administrateur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS. » Lire notre article complet en cliquant ici 14 octobre - Pierre Etaix - L'acteur, clown, cinéaste et dessinateur est décédé ce vendredi 14 octobre à l'âge de 87 ans. Discret, l'artiste avait travaillé avec Jacques Tati et Annie Fratellini et s'inscrivait dans la lignée de Buster Keaton et Charlie Chaplin. » Lire notre article complet en cliquant ici 13 octobre - Bhumibol Adulyadej - Le roi de Thaïlande est décédé à 88 ans, après 70 ans d'un règne ayant fait de lui le plus vieux monarque en exercice. » Lire notre article complet en cliquant ici 13 octobre - Dario Fo - L'écrivain et dramaturge italien, prix Nobel de littérature 1997, est décédé à l'âge de 90 ans. Célèbre pour ses pièces satiriques, ses prises de position contestataires et son engagement politique marqué à gauche, l'annonce de sa disparition est survenue le jour de la remise du prix Nobel de littérature 2016. » Lire notre article complet en cliquant ici 9 octobre - Andrzej Wajda - Légende du cinéma mondial, le Polonais Andrzej Wajda est mort à 90 ans. Le réalisateur de L'Homme de Marbre et de nombreux autres films reflétant l'histoire complexe de son pays est décédé d'une insuffisance pulmonaire. » Lire notre article complet en cliquant ici 8 octobre - Pierre Tchernia - L'homme de télévision et de cinéma est décédé à l'âge de 88 ans. "L'état de santé de papa s'est dégradé il y a 8 jours, il est mort à 3 heures du matin dans nos bras", a annoncé à l'AFP son fils Antoine Tchernia. "Il est parti dans la sérénité entouré de sa famille", a ajouté de son côté son agent, Artmedia. » Lire notre article complet en cliquant ici 5 octobre - Georges Balandier - Compagnon de route des décolonisations ayant contribué à forger le concept de "tiers-monde", analyste de la "surmodernité", Georges Balandier est mort à 95 ans. Il a utilisé l'anthropologie comme un "détour" pour mieux comprendre les soubresauts de nos sociétés. » Lire notre article complet en cliquant ici 28 septembre - Shimon Peres - Le prix Nobel de la paix et ancien président israélien Shimon Peres est décédé mercredi 28 septembre, deux semaines après un accident vasculaire cérébral, a annoncé son médecin. Avec Shimon Peres disparaît une figure historique, dernier survivant de la génération des pères fondateurs de l'Etat d'Israël et l'un des principaux artisans des accords d'Oslo qui ont jeté les bases d'une autonomie palestinienne dans les années 1990 et lui ont valu le Nobel de la paix. 25 septembre - Arnold Palmer - La légende du golf Arnold Palmer, surnommé "The King" pour avoir fait entrer, avec son imposant palmarès et sa personnalité magnétique, sa discipline dans une autre dimension dans les années 1960, est mort à l'âge de 87 ans. Il est le cinquième joueur le plus titré de l'histoire du circuit PGA avec ses 62 titres. » Lire notre article complet en cliquant ici 25 septembre - Jean Boissonnat - Le journaliste et essayiste, spécialiste de l'économie, est décédé à l'âge de 87 ans. Cofondateur du magazine économique L'Expansion, puis de L'Entreprise, il est mort des suites d'un AVC accident vasculaire cérébral. » Lire notre article complet en cliquant ici 25 septembre - Joseph Sitruk - Aussi charismatique qu'intraitable sur l'orthodoxie religieuse, l'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk, guide spirituel de la première communauté juive d'Europe pendant plus de 20 ans, est mort à Paris à l'âge de 71 ans. Victime d'une attaque cérébrale en 2001 et malade depuis plusieurs années, il est décédé à l'hôpital. » Lire notre article complet en cliquant ici 20 septembre - Curtis Hanson - Le réalisateur américain Curtis Hanson, qui avait notamment porté à l'écran " Confidential" de James Ellroy, est mort mardi 20 septembre à 71 ans à son domicile sur les hauteurs de Hollywood, a indiqué la police. Des agents avaient été appelés chez lui et n'ont pu que constater son décès de "causes naturelles". 16 septembre - Edward Albee - Le dramaturge Edward Albee est mort le 16 septembre à l'âge de 88 ans. Il est notamment connu pour être l'auteur de la célèbre pièce de théâtre "Qui a peur de Virginia Woolf?, scène de ménage devenue légendaire. 11 septembre - Alexis Arquette - Symbole de la lutte pour la cause transgenre, l'actrice Alexis Arquette est décédée à 47 ans. Selon TMZ, elle serait morte entourée de sa famille et de ses amis. » Lire notre article complet en cliquant ici 4 septembre - Élisabeth Collot - La doyenne des Français, l'Iséroise Élisabeth Collot, est décédée à Échirolles, près de Grenoble, à l'âge de 113 ans. Née le 21 juin 1903 à Angelot-Blancheville en Haute-Marne, elle s'est "éteinte tranquillement dans son sommeil", a déclaré à l'AFP sa fille Marie-Thérèse Collot. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 septembre - Jean-Christophe Yoccoz - Le mathématicien français Jean-Christophe Yoccoz, connu pour ses travaux sur la théorie des systèmes dynamiques et lauréat de la médaille Fields en 1994, est décédé à l'âge de 59 ans. 2 septembre - Islam Karimov - Le président de l'Ouzbékistan, âgé de 78 ans, est décédé des suites d'une hémorragie cérébrale. » Lire notre article complet en cliquant ici 2 septembre - Jerry Heller - L'ancien producteur est décédé à Thousand Oaks Californie des suites d'une attaque cardiaque. Agé de 75 ans, il est connu pour avoir été le manager de le groupe à l'affiche du film à succès Straight Outta Compton, ainsi que de l'un des leaders de la formation californienne, Eazy-E. » Lire notre article complet en cliquant ici 30 août - Marc Riboud - Marc Riboud est mort à l'âge de 93 ans. Avec La Fille à la fleur, celui qui est considéré comme l'un des plus grands photographe de presse, laisse derrière lui l'un des plus célèbre hymne à la paix. Prise le 21 octobre 1967 à Washington, sa photographie immortalise une jeune militante contre la guerre au Vietnam devant le Pentagone. Alors que la nuit tombe et que les manifestants pacifistes rentrent chez eux, Jane Rose Kasmir s'approche des soldats américains, et oppose à leurs baïonnettes une simple fleur. » Lire notre article complet en cliquant ici 29 août - Gene Wilder - L'acteur américain Gene Wilder, inoubliable interprète de "Willy Wonka" et pilier des comédies débridées de Mel Brooks, est décédé lundi 29 août à l'âge de 83 ans. Gene Wilder, dont le nez proéminent et la chevelure bouclée abondante rendaient son visage reconnaissable entre tous, est décédé des suites de la maladie d'Alzheimer à Stamford dans le Connecticut. 25 août - Sonia Rykiel - Sonia Rykiel, un très grand nom de la mode, est morte à l'âge de 86 ans. "Ma mère est décédée cette nuit à Paris, chez elle, à 5 heures du matin, des suites de la maladie de Parkinson", avait déclaré ce 25 août sa fille Nathalie Rykiel, elle aussi femme de mode. » Lire notre article complet en cliquant ici 24 août - Michel Butor - Le romancier Michel Butor est mort à l'âge de 89 ans. Il était connu pour son roman La Modification 1957, ouvrage majeur du Nouveau roman, ainsi que pour la part de son œuvre consacrée aux livres d'art. » Lire notre article complet en cliquant ici 22 août - Toots Thielemans - Considéré comme le roi mondial de l'harmonica, le musicien belge Toots Thielemans est décédé à 94 ans, après une longue carrière internationale au cours de laquelle il a joué aux côtés des plus grands noms du jazz. Il est mort "dans son sommeil", un mois après avoir été hospitalisé à cause d'une chute. » Lire notre article complet en cliquant ici 22 août - Jacqueline Pagnol, première "Manon des sources" - L'actrice Jacqueline Pagnol, épouse et muse de l'écrivain, et première Manon des Sources en 1952, est décédée à l'âge de 95 ans à Paris. » Lire notre article complet en cliquant ici 19 août - Jack Riley, le père des "Razmoket" - L'acteur américain, qui prêtait sa voix au père de famille du dessin animé Les Razmoket, est mort à Los Angeles à l'âge de 80 ans. Le comédien, qui faisait régulièrement des apparitions dans des talks shows américains à succès, avait aussi joué dans certains films de Robert Altman, comme Le privé en 1973 ou Les Flambeurs en 1974. » Lire notre article complet en cliquant ici 18 aout - Jérôme Monod - Jérôme Monod, ancien patron de Suez-Lyonnaise des Eaux et très proche collaborateur et ami de Jacques Chirac, est décédé à l'âge de 85 ans dans sa propriété de Lourmarin dans le Vaucluse. » Lire notre article complet en cliquant ici 17 août - Maurice Opinel - Le président de la société familiale Opinel, artisan de la modernisation de l'entreprise, est décédé à l'âge de 88 ans. Petit-fils du fondateur, Maurice Opinel présidait le conseil d'administration de l'entreprise depuis septembre 1974. Il a été très actif pour protéger sa marque par des dépôts de brevets et pour lutter contre la contre-façon. 16 août - Joao Havelange - Le Brésilien Joao Havelange, ex-président de la Fifa, est décédé à l'âge de 100 ans. Né le 8 mai 1916 à Rio dans un milieu aisé, de parents belges qui avaient fui les horreurs de la première guerre mondiale, Jean-Marie Joao Faustin Godefroid Havelange était devenu en 1974 le premier non-Européen à être élu à la présidence de la Fifa. » Lire notre article complet en cliquant ici 15 août - Solange Fasquelle - La romancière française, auteure de "L'Air de Venise", prix des Deux-Magots 1967, et membre du jury du Prix Femina, est décédée à Paris à l'âge de 83 ans des suites d'une maladie. Son roman "Le Trio infernal", paru en 1972, avait été adapté au cinéma par Francis Girod et interprété par Michel Piccoli et Romy Schneider. 14 août - Georges Séguy - Georges Séguy, qui a dirigé la CGT de 1967 à 1982, est décédé à l'âge de 89 ans à l'hôpital de Montargis dans le Loiret, des suites d'une "maladie". » Lire notre article complet en cliquant ici 13 août - Kenny Baker, le R2-D2 de "Star Wars" - L'acteur britannique célèbre pour avoir incarné le petit robot R2-D2 dans le film La Guerre des étoiles, est mort à l'âge de 81 ans. Kenny Baker, qui mesurait à peine plus d'un mètre, souffrait depuis un certain temps de problèmes pulmonaires, selon sa famille. » Lire notre article complet en cliquant ici 13 août - Michel Richard - Le chef français Michel Richard est mort samedi à Washington, la capitale des Etats-Unis où il fait figure de pionnier de la scène culinaire en mélangeant saveurs et goûts américains et français dans plusieurs restaurants à succès. Né en 1948 en Bretagne, Richard est décédé samedi matin à l'âge de 68 ans dans un hôpital de Washington des suites d'une attaque cérébrale, selon son porte-parole Mel Davis cité par le Washington Post. » Lire notre article complet en cliquant ici 13 août - Françoise Mallet-Joris - Françoise Mallet-Joris, l'auteur du Rempart des Béguines, est morte à l'âge de 86 ans. La romancière franco-belge, qui avait reçu le Prix Fémina pour L'empire céleste en 1958, était membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique depuis 1993. » Lire notre article complet en cliquant ici 4 août - David Huddleston - L'acteur américain, qui a notamment incarné le "Big Lebowski" dans le film éponyme des frères Coen, est décédé à l'âge de 85 ans dans la ville de Santa Fe, a indiqué jeudi 4 août son épouse au Los Angeles Times. Il avait joué dans de nombreuses séries télévisées. Sur grand écran, il était apparu dans "Le shérif est en prison"1974 de Mel Brooks ou encore "Santa Claus The movie". » Lire notre article complet en cliquant ici 2 août - Ahmed Zoweil - Le chercheur égyptien Ahmed Zoweil, lauréat du prix Nobel de chimie en 1999, est décédé à 70 ans aux Etats-Unis où il enseignait. Ahmed Zoweil, qui possédait également la nationalité américaine, était professeur à l’Institut de technologie de Californie. » Lire notre article complet en cliquant ici 25 juillet - Denis Dubourdieu - L'œnologue, chercheur, vigneron et propriétaire de châteaux bordelais Denis Dubourdieu, fondateur-directeur de l'Institut des sciences de la vigne et du vin, dont les travaux de recherche dans les années 80 inspirent la viticulture contemporaine, est décédé le 25 juillet à l'âge de 67 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 21 juillet - Luc Hoffmann - L'ornithologue suisse Luc Hoffmann, grand défenseur de l'environnement et co-fondateur du Fonds mondial pour la nature WWF, est décédé jeudi 21 juillet à l'âge de 93 ans en Camargue, région dont il a été un grand mécène. La Tour du Valat, centre de recherches qu'il a fondé, l'a annoncé vendredi 22 juillet. » Lire notre article complet en cliquant ici. 19 juillet - Garry Marshall - Il était l'auteur de films et sitcoms dont vous vous souvenez très certainement. Garry Marshall est mort mardi 19 juillet des complications d'une pneumonie, à la suite d'une attaque à l'hôpital dans la banlieue de Burbank près de Los Angeles, a confirmé son attaché de presse. Il avait 81 ans et une belle carrière derrière lui. 'Pretty Woman", "Happy Days", "Laverne and Shirley" ou encore "The Odd Couple", Garry Marshall laisse derrière lui un grand vide sur le grand comme le petit écran. Il a su faire rire bien des téléspectateurs avec ses sitcoms à succès dans les années 70. » Lire notre article complet en cliquant ici. 18 juillet - Matilda Rapaport - La championne suédoise de ski freeride est morte à 30 ans après avoir été emportée par une avalanche lors d'un tournage publicitaire au Chili. » Lire notre article complet en cliquant ici. 17 juillet - Raymonde Tillon-Nédelec - La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelecest décédée à l'âge de 100 ans, a annoncé dimanche 17 juillet l'Elysée, François Hollande saluant cette "femme engagée" qui était "la dernière survivante" des 33 premières femmes élues députées en 1945. Selon un communiqué de l'Elysée, le président de la République a salué "le parcours exemplaire de cette femme", députée communiste des Bouches-du-Rhône de 1945 à 1951 qui s’était "engagée très jeune dans l’action syndicale et politique", et était "la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée Constituante de la IVe République". » Lire notre article complet en cliquant ici. 4 juillet - Abbas Kiarostami - Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami est mort à 76 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris lundi 4 juillet. Celui qui avait remporté la Palme d'Or à Cannes en 1997 avec "Le Goût de la cerise" est décédé en France alors qu'il y était venu pour recevoir des soins, a rapporté le Guardian. » Lire notre article complet en cliquant ici. 14 juillet - Les victimes de l'attentat de Nice - Niçois, familles étrangères en vacances, dix enfants et adolescents 84 vies ont été fauchées le 14 juillet lors de l'attentat de Nice, qui a aussi fait 331 blessés. Trente-huit victimes viennent de 19 pays Algérie, Allemagne, Arménie, Belgique, Brésil, Estonie, Etats-Unis, Géorgie, Italie, Kazakhstan, Madagascar, Maroc, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse, Tunisie, Turquie et Ukraine, a par ailleurs précisé le ministère des Affaires étrangères français. Dans notre article, vous pourrez retrouver la liste de ces personnes décédées, établie sur la base d'informations parues sur les réseaux sociaux et de confirmations de membres de leurs familles, de proches, d'élus locaux ou de sources diplomatiques des pays d'origine des victimes. 2 juillet - Roger Dumas - Roger Dumas, acteur connu pour ses seconds rôles au cinéma dans des films comme "L'homme de Rio", "Pouic-Pouic" ou "Les Visiteurs 2", mais aussi habitué des planches et parolier pour Sylvie Vartan ou Chantal Goya, est décédé à Paris à l'âge de 84 ans, a annoncé son agent à l'AFP. "Il avait débuté sa carrière avec Jean Gabin dans 'Rue des prairies' et l'a terminée avec le grand succès de 'L'étudiante et Monsieur Henri' au théâtre. Il a tourné avec beaucoup de gens, et il a écrit des tubes pour Chantal Goya ou Sylvie Vartan. C'était un personnage étonnamment gentil, sympathique", a ajouté l'agent. » Lire notre article complet en cliquant ici. 2 juillet - Michael Cimino - Le réalisateur de "Voyage au bout de l'enfer", "La Porte du paradis", "L'Année du dragon" ou encore "Le Sicilien", est mort à l'âge de 77 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici. 2 juillet - Elie Wiesel - Le prix Nobel de la paix et survivant de la Shoah, Elie Wiesel, est mort à l'âge de 87 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 2 juillet - Michel Rocard - Le Premier ministre de François Mitterrand entre 1988 et 1991 s'est éteint à l'âge de 85 ans, dans un hôpital parisien. Michel Rocard avait été le symbole de la gauche réformiste. » Lire notre article complet en cliquant ici 1er juillet - Yves Bonnefoy - Yves Bonnefoy, le plus célèbre poète français contemporain, également critique d'art et traducteur, est mort vendredi 1er juillet à l'âge de 93 ans. Auteur de plus de 100 livres, traduit en une trentaine de langues, cité plusieurs fois pour le Nobel, il a été lauréat en France du Grand prix de poésie 1981 de l'Académie, du Goncourt 1987 de la poésie et a remporté le prix mondial Cino del Duca 1995. » Lire notre article complet en cliquant ici. 1er juillet - Eudoxie Baboul - La doyenne des Français, la Guyanaise Eudoxie Baboul, est décédée à Cayenne à l'âge de 114 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 27 juin - Maurice G. Dantec - Le compte des éditions "Le Feu Sacré" a annoncé la mort de Maurice G. Dantec sur Facebook. L'écrivain français naturalisé canadien de science-fiction est décédé à l'âge de 57 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 27 juin - Bud Spencer - L'acteur italien de western spaghetti Bud Spencer, connu pour ses duos au cinéma avec Terence Hill, est décédé le lundi 27 juin à Rome à l'âge de 86 ans. 25 juin - Bill Cunningham - Le célèbre photographe de mode du New York Times Bill Cunningham est décédé samedi, a annoncé le journal où il travaillait depuis près de 40 ans. Il avait 87 ans. Bill Cunningham, véritable légende vivante de la photographie de mode dans la rue, qu'il a inventée, avait été récemment hospitalisé après avoir subi une attaque, a précisé le quotidien qui a salué en lui un "anthropologue culturel atypique". L'oeil aux aguets, un peu voûté, toujours une veste bleue de balayeur parisien sur le dos, un appareil photo –jusqu'à peu argentique– autour du cou, il avait une passion photographier l'allure. 25 juin - Nicole Courcel - La comédienne Nicole Courcel, mère de l'animatrice Julie Andrieu et vedette de plusieurs séries populaires à la télévision, est décédée samedi soir à l'âge de 84 ans, a-t-on appris auprès de sa fille. "Ma maman est décédée samedi vers 22H00 chez elle", a déclaré Julie Andrieu à l'AFP. "Depuis plusieurs années, elle souffrait d'une maladie cérébrale", a-t-elle ajouté. Nicole Courcel accède à la célébrité en 1949 avec Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker. Elle tourne ensuite avec Sacha Guitry dans Si Versailles m'était conté 1953, puis dans une comédie à succès Papa, maman, la bonne et moi 1955. On la retrouvera plus tard dans Les Dimanches de Ville d'Avray 1961, L'Aventure, c'est l'aventure 1972 ou La Gifle de Claude Pinoteau 1974. 20 juin - Edgard Pisani - L'Elysée a annoncé mardi 21 juin la mort d'Edgard Pisani à l'âge de 97 ans. Ministre du général de Gaulle et de François Mitterrand, l'ancien commissaire européen a été salué par François Hollande comme "un esprit visionnaire, un réformateur ardent et un républicain détaché des querelles partisanes". Lire notre article complet ici. 20 juin - Benoîte Groult - La romancière et grande figure du féminisme est morte à 96 ans. Auteure de La Part des choses 1972, La Touche étoile 2006 ou Ainsi soit-elle 1975, journaliste pour Elle ou Marie-Claire, elle a marqué des générations de femmes par son combat pour l'émancipation féminine. Lire notre article complet en cliquant ici. 19 juin - Anton Yelchin - Le jeune acteur américain Anton Yelchin, une des vedettes des nouveaux films de la saga "Star Trek", est mort écrasé par sa propre voiture devant son domicile de Los Angeles. Il avait 27 ans. 15 juin - Ann Morgan Guilbert - L'actrice américaine Ann Morgan Guilbert est décédée mercredi 15 juin à Los Angeles des suites d'un cancer, a confirmé sa fille Nora Eckstein à l'agence Associated Press. Âgée de 87 ans, la comédienne avait débuté sa carrière dans les années 50 et s'était fait remarquer par le public américain dans le Dick Van Dyke Show en jouant le personnage de Millie Helper. Bien des années plus tard, sa renommée a traversé les frontières grâce à la série Une Nounou d'enfer. 10 juin - Christina Grimmie - La chanteuse américaine Christina Grimmie, ancienne participante à l'émission The Voice USA, a été tuée par un homme qui lui a tiré dessus vendredi soir, le 10 juin, alors qu'elle signait des autographes à l'issue d'un concert. Lire notre article complet en cliquant ici. 4 juin - Hervé Baudry - Dessinateur de presse et chroniqueur de l'émission "On va plus loin" sur Public Sénat, Hervé Baudry collaborait avec Rue89 ou Le HuffPost. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 juin - Pierre Grimblat - Le producteur de "Navarro" et "L'Instit" est décédé à Paris à l'âge de 93 ans. Si son nom n'était pas très connu du grand public, Pierre Grimblat a produit quelques-unes des séries les plus célèbres de TF1 et France 2. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 juin - Mohamed Ali - La légende de la boxe est morte à l'âge de 74 ans à Phoenix Arizona, "après un combat de 32 ans contre la maladie de Parkinson", selon les mots de son porte-parole Bob Gunnell. Le triple champion du monde des lourds est resté le plus célèbre boxeur de l'histoire, qu'il a écrite un demi-siècle durant avec ses poings, un verbe acéré et un charisme fou. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 juin - Luis Salom - L'Espagnol Luis Salom, 24 ans, s'est tué vendredi après une chute lors de la deuxième séance d'essais libres de Moto 2 du Grand Prix de Catalogne, qui doit se disputer dimanche sur le circuit de Montmelo. Alors qu'il restait moins d'une demi-heure de session, le pilote de SAG Team a chuté dans le virage 12. Transféré dans un hôpital voisin, il n'a pu être ranimé. 31 mai - Emmanuel Maubert - Le journaliste et animateur âgé de 51 est décédé une quinzaine de jours après son un cardiaque à Cannes, qui avait conduit à son hospitalisation. Il a notamment été chroniqueur dans l'émission "C à vous" sur France 5. » Lire notre article complet en cliquant ici 29 mai - André Rousselet - Figure de l'administration, mais aussi de la politique, du monde des médias et de l'économie en France, André Rousselet est décédé dimanche 29 mai après-midi à son domicile parisien à l'âge de 93 ans, a-t-on appris auprès de sa famille. Ancien sous-préfet et député, André Rousselet est surtout connu en tant qu'ancien propriétaire de la compagnie de taxis G7, aujourd'hui dirigée par son fils Nicolas Rousselet, et pour avoir fondé la chaîne Canal+ en 1984. Lire notre article complet en cliquant ici. 27 mai - Jean-Claude Decaux - L'inventeur de l'Abribus financé par la publicité et fondateur du groupe d'affichage publicitaire JCDecaux est mort à 78 ans. Autodidacte, il avait fait en cinquante ans du groupe qui porte son nom le numéro un mondial du mobilier urbain et de la publicité dans les transports. » Lire notre article complet en cliquant ici 19 mai - Alexandre Astruc - Alexandre Astruc est mort. Le cinéaste et écrivain est décédé à l'âge de 92 ans, a-t-on appris ce jeudi 19 mai de ses proches. Père spirituel de la Nouvelle vague, figure du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre et théoricien de la "caméra-stylo", Alexandre Astruc considérait le cinéma comme l'équivalent de la littérature. Il hésitait à se définir comme "un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films". 15 mai - André Brahic - L'astrophysicien André Brahic, découvreur des anneaux de Neptune et infatigable passeur de sciences à l'enthousiasme jamais démenti, est mort dimanche matin à Paris à l'âge de 73 ans. "C'était un personnage éblouissant et hors du commun, extraordinairement chaleureux, profond et authentique, un grand savant et en même temps un conteur, un écrivain", a dit son éditeur Odile Jacob qui était très proche de lui. 6 mai - Patrick Ekeng - Le milieu de terrain camerounais Patrick Ekeng est mort vendredi soir dans la capitale roumaine après un malaise lors d'un match du Championnat de Roumanie, a annoncé son club du Dinamo Bucarest. "Des tentatives de réanimation ont été faites durant une heure et demie sans réussite", a déclaré le médecin de Dinamo Bucarest Liviu Batineanu aux journalistes. Agé de 26 ans, l'international camerounais était entré sur le terrain contre Viitorul Constanta depuis sept minutes au moment où il a chuté soudainement sur le gazon, sans aucun contact préalable avec un autre joueur. 5 mai - Maurice Sinet dit Siné - Le dessinateur et caricaturiste est mort à l'âge de 87 ans des suites d’une opération. Avant de fonder son journal, Siné Mensuel, il avait été une figure historique de Charlie Hebdo. » Lire notre article complet en cliquant ici 2 mai - Hubert Mounier - Le groupe L'Affaire Louis Trio dont il était le leader avait été créé en 1982 à Lyon. Hubert Mounier, connu alors sous le nom de Cleet Boris, l'avait fondé avec son frère Vincent surnommé Karl Niagara, François Lebleu Bronco Junior les avait ensuite rejoins. Bananes et costumes années 50, le groupe égrenait une pop mélangée à des rythmes latins qui faisait mouche. En 1987, il avait remporté la Victoire de la musique de la "révélation variétés masculine" avec son premier album, "Chic Planète". » Lire notre article complet en cliquant ici 1 mai - Didier Bonaventure Deigna dit "Pepito" - Le batteur des Magic System est mort par noyade en Côte d'Ivoire. Âgé de 46 ans, il était aussi le choriste et chef d'orchestre du groupe. » Lire notre article complet en cliquant ici 25 avril - Momo de Skyrock - L'animateur de Skyrock est mort à l'âge de 31 ans. Grand fan du PSG, il intervenait dans l'émission du soir "Radio libre" de Difool pour parler foot. » Lire notre article complet en cliquant ici 24 avril - Billy Paul - Le chanteur américain, star de la scène soul de Philadelphie, avait connu la gloire en 1972 avec le hit "Me and Mrs. Jones". Il est mort à l'âge de 81 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 24 avril - Papa Wemba - La légende de la musique congolaise est morte à l'âge de 66 ans, après un malaise survenu sur scène à Abidjan où Papa Wemba participait à un festival de musique. » Lire notre article complet en cliquant ici 22 avril - Isabelle Dinoire - En 2005, elle avait été la première patiente au monde à bénéficier d'une greffe du visage. Onze ans plus tard, la Française Isabelle Dinoire est décédée à l'âge de 49 ans des suites d'une longue maladie. » Lire notre article complet en cliquant ici 21 avril - Prince - Le légendaire chanteur américain Prince, l'un des plus grands musiciens pop de sa génération, est mort à l'âge de 57 ans. 21 avril - Guy Hamilton - Le réalisateur de quatre "James Bond", dont Goldfinger ou encore Vivre et laisser mourir est mort à l'âge de 93 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 19 avril - Ronit Elkabetz - L'actrice israélienne, ambassadrice du cinéma israélien à l'étranger et notamment en France, est décédée à l'âge de 51 ans des suites d'un cancer. » Lire notre article complet en cliquant ici 17 avril - Doris Roberts - La star de la série télévisée américaine Tout le monde aime Raymond est décédée à 90 ans à Los Angeles. » Lire notre article complet en cliquant ici 15 avril - Anne Grommerch - Après la mort de la députée Sophie Dessus en mars, Anne Grommerch, élue Les Républicains de Moselle depuis 2008 est décédée à l'âge de 45 ans. La maire de Thionville a succombé à une longue maladie. » Lire notre article complet en cliquant ici 14 avril - Laurence Chirac - Laurence Chirac, la fille aînée de Jacques et Bernadette est décédée à l'âge de 58 ans. Contrairement à sa sœur Claude qui s'est beaucoup investie dans la carrière politique de leur père, Laurence Chirac est toujours restée dans l'ombre. Récemment, elle n'était apparue publiquement qu'en 2012 pour un reportage dans Paris-Match à l'occasion des 80 ans de l'ancien président. » Lire notre article complet en cliquant ici 11 avril - Howard Marks - Tour à tour trafiquant de drogue, écrivain, musicien et militant... Howard Marks, plus connu sous le nom de "Mr Nice" est mort à l'âge de 70 ans. L'année dernière, il annonçait souffrir d'un cancer de l'intestin. » Lire notre article complet en cliquant ici 6 avril - Merle Haggard - Le célèbre chanteur de country Merle Haggard, lancé dans la musique après un concert du légendaire Johnny Cash dans une prison californienne, est décédé le jour de son 79e anniversaire au terme d'une carrière de six décennies. 4 avril - Erik Bauersfeld, la voix de l'Amiral Ackbar dans "Star Wars" - L'acteur britannique Erik Bauersfeld est décédé à l'âge de 93 ans. Il avait été la voix de l'Amiral Ackbar dans "Star Wars", derrière la phrase devenue culte –"It's a trap!"– dans Le Retour du Jedi. » Lire notre article complet en cliquant ici 31 mars - Zaha Hadid - L'architecte britannique d'origine irakienne, lauréate du prix Pritzker 2004, le Nobel des architectes, est décédée d'une crise cardiaque dans un hôpital de Miami aux États-Unis. Des États-Unis à la Chine, nombre de ses créations ont marqué l'architecture du monde entier. 31 mars - Imre Kertesz - L'écrivain hongrois Imre Kertesz, auteur d'Être sans destin et lauréat du prix Nobel de littérature en 2002, est décédé à l'âge de 86 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 29 mars - Jean-Pierre Coffe - Le chroniqueur gastronomique Jean-Pierre Coffe, célèbre pour son franc-parler et ses coups de gueule contre la malbouffe, est mort à l'âge de 78 ans, après avoir imposé pendant 30 ans son personnage truculent sur les ondes et sur les écrans. » Lire notre article complet en cliquant ici 27 mars - Jim Harrison - L'écrivain américain Jim Harrison, auteur de nouvelles et poèmes dont les mélodramatiques Légendes d'automne est décédé à l'âge de 78 ans. Ce grand auteur était connu pour être un bon vivant, passionné de nature. » Lire notre article complet en cliquant ici 27 mars - Alain Decaux - Écrivain, homme de radio et de télévision, Alain Decaux est décédé à Paris à l'âge de 90 ans. Élu à l'Académie française en 1979, ministre de la Francophonie du gouvernement Rocard 1988-1991, ce grand conteur et vulgarisateur a créé et animé plusieurs émissions devenues cultes. » Lire notre article complet en cliquant ici 22 mars - Rob Ford - L'ancien maire de Toronto 2010-2014 affrontait depuis 18 mois une forme virulente de cancer des tissus mous et était sous chimiothérapie pour des tumeurs à la vessie. Le souvenir que laissera Rob Ford est celui de son tumultueux mandat à la tête de la plus grande ville du Canada. » Lire notre article complet en cliquant ici 16 mars - Frank Sinatra Junior - Frank Sinatra Junior est mort d'une crise cardiaque à l'âge de 72 ans, durant une tournée dans l'État américain de Floride. Comme son célèbre père mort en 1998, Sinatra Junior a fait carrière dans la musique. » Lire notre article complet en cliquant ici 15 mars - Serge Kampf - L'homme d'affaires est mort à l'âge de 81 ans. Le fondateur de Capgemini était aussi un important mécène du rugby français, lui l'amoureux du ballon ovale. » Lire notre article complet en cliquant ici 9 mars - George Martin - Le producteur de légende des Beatles, surnommé "le cinquième Beatle", est décédé à l'âge de 90 ans, avait annoncé Ringo Starr, l'ancien batteur du groupe musical britannique dont il avait permis le succès planétaire. » Lire notre article complet en cliquant ici 6 mars - Nancy Reagan - L'ancienne Première dame des Etats-Unis, décédée à 94 ans d'une insuffisance cardiaque congestive, avait été admirée ces dernières années pour les qualités qui avaient été vivement critiquées lorsqu'elle a quitté la Maison Blanche surprotégeant Ronald Reagan et exerçant une trop grande influence sur lui. » Lire notre article complet en cliquant ici 5 mars - Ray Tomlinson - Le père du "" et de l'e-mail est décédé le 5 mars d'une crise cardiaque. » Lire notre article complet en cliquant ici 5 mars - Nikolaus Harnoncourt - Le prestigieux chef d'orchestre autrichien Nikolaus Harnoncourt, considéré comme le "pape" du renouveau baroque, est décédé samedi à l'âge de 86 ans, a annoncé dimanche 6 mars sa famille citée par l'agence de presse APA. 3 mars - Sophie Dessus - Députée de Corrèze depuis 2012 elle avait succédé à François Hollande, Sophie Dessus est décédé des suites d'un cancer à l'hôpital de Limoges. Maire d'Uzerche depuis 2001, elle restait associée à Jacques Chirac après qu'une de leur discussion a été immortalisée par les caméras du "Petit Journal" en plein discours de Bernadette Chirac. » Lire notre article complet en cliquant ici 3 mars- Yves Guéna - Yves Guéna, nommé en 2000 par Jacques Chirac à la présidence du Conseil constitutionnel, est mort jeudi 3 mars matin à l'âge de 93 ans à Paris. Né en 1922, celui qui fut aussi ministre du Travail sous Pompidou a mené toute sa carrière politique sous la bannière du gaullisme. Elu de Dordogne, maire de Périgueux 1971-1997, il a été secrétaire général de l'UDR 1976 et ministre à plusieurs reprises de 1967 à 1974. Etant déjà membre du Conseil lors de sa nomination, son mandat s'est achevé en 2004. 25 février - François Dupeyron - Le cinéaste français, réalisateur de La Chambre des officiers, est décédé à l'âge de 65 ans des suites d'une longue maladie. » Lire notre article complet en cliquant ici 23 février - Valérie Guignabodet - La réalisatrice et scénariste est morte des suites d'une crise cardiaque à l'âge de 48 ans. Valérie Guignabodet était la compagne du journaliste et animateur télé Emmanuel Chain, qu'elle avait épousé en 2013 après dix ans de vie commune. » Lire notre article complet en cliquant ici 19 février - Umberto Eco - L'écrivain italien, auteur du célèbre roman Le nom de la rose, est décédé à l'âge de 84 ans. Il souffrait depuis plusieurs années d'un cancer. » Lire notre article complet en cliquant ici 19 février - Harper Lee - La romancière américaine Harper Lee, auteur de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" prix Pulitzer 1961 qui est resté sa seule oeuvre pendant plus de cinq décennies, est décédée à l'âge 89 ans. Elle avait publié mi-juillet 2015 "Va et poste une sentinelle", la suite de son célèbre best-seller sorti en 1960. 17 février - Andrzej Zulawski - Le cinéaste polonais Andrzej Zulawski, 75 ans, ex-mari de Sophie Marceau, est mort mercredi 17 février, a rapporté Le Figaro. Le réalisateur de "L'important c’est d’aimer", "L’Amour braque" ou "Possession" est décédé des suites d'un cancer. Dans la nuit de mardi à mercredi, la page Facebook dédiée à Andrzej Zulawski citait "le cœur brisé", Xawery Zulawski, fils du cinéaste. Lui-même réalisateur, ce dernier expliquait que son père était "en soins intensifs à l'hôpital", et que la progression de sa maladie ne laissait "aucune illusion" sur son sort. Le décès a été confirmé par l'Association des cinéastes polonais. 16 février - Thérèse Clerc - Militante féministe de la première heure, éprise de liberté, Thérèse Clerc, fondatrice de la Maison des Babayagas, résidence autogérée pour femmes âgées à Montreuil Seine-Saint-Denis, est décédée mardi 16 février à l'âge de 88 ans. Thérèse Clerc était atteinte d'un cancer. Née le 9 décembre 1927, elle avait milité notamment au Mouvement pour la libération de l'avortement et de la contraception MLAC, au Mouvement de la paix ou encore au Parti socialiste unifié PSU. 16 février - Boutros Boutros-Ghali - L'ancien secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali est mort à l'âge de 93 ans. Le diplomate égyptien avait été le premier Africain à accéder au poste de secrétaire général, une fonction qu'il avait occupée entre 1992 et 1996. 15 février - George Gaynes - George Jongejans alias George Gaynes est mort à l'âge de 98 ans à North Bend Etat de Washington, ont annoncé plusieurs médias mardi 17 février, citant la fille de l'acteur américain. Ce dernier est décédé lundi dans la maison de sa fille. Né à Helsinki Finlande en 1917, George Gaynes ne s'est imposé que tardivement sur le petit et le grand écran. Élevé en France, en Angleterre et en Suisse, selon le New York Times, George Gaynes a étudié l'opéra à Milan et s'est produit en Italie et en France, mais sa carrière a été interrompue par la première guerre mondiale. Il a ensuite rejoint le New York City Opera. 7 février - Juliette Benzoni - Discrète, elle était pourtant l'une des romancières françaises dont les livres se vendaient le mieux. Juliette Benzoni, reine du roman historique, est morte ce week-end à l'âge de 95 ans. "Nous sommes au regret de vous annoncer que malheureusement notre très très chère Juliette, notre auteur tant aimé, nous a quittés ce week-end. Elle s’est éteinte tout doucement dans son sommeil, sa fille Anne à ses côtés", a annoncé lundi 8 février le site officiel de la romancière. 4 février - Maurice White - Le fondateur de Earth, Wind & Fire, le groupe qui a inventé l'afro-jazzfunk cliquez ici pour en savoir plus 4 février - Edgar Mitchell - L'astronaute américain Edgar Mitchell, l'un des rares hommes à avoir jamais marché sur la Lune, est décédé à 85 ans en Floride, a annoncé la Nasa. "L'astronaute Edgar Mitchell, pilote du module lunaire pour Apollo 14, est décédé jeudi dans un hôpital de West Palm Beach, en Floride, à la veille du 45e anniversaire de son atterrissage sur la Lune", écrit l'Agence spatiale américaine dans un communiqué. "Edgar était l'un des douze hommes seulement à avoir marché sur la Lune et il a contribué à changer la perception que nous avons de notre place dans l'univers", a réagi le patron de la Nasa, Charles Bolden, cité dans le communiqué. 4 février - Dave Mirra - La légende du BMX a été retrouvée morte à l'âge de 41 ans. Dave Mirra avait remporté 14 médailles d'or aux X Games. Il était aussi le premier homme a avoir réussi un double backflip sur son vélo lors d'une compétition et détenait le record du monde du plus haut saut sur une rampe en BMX. 31 janvier - Benoît Violier - L'un des plus grands chefs cuisiniers, le Franco-Suisse Benoît Violier, qui à 44 ans dirigeait le Restaurant étoilé de l'Hôtel de Ville de Crissier en Suisse, s'est suicidé, a annoncé dimanche 31 janvier a police, plongeant le monde de la gastronomie dans le deuil. "En fin d'après-midi, la police de l'ouest lausannois est intervenue à Crissier, où elle a découvert, à son domicile, le corps sans vie de M. Benoît Violier, âgé de 44 ans. L'intéressé aurait mis fin à ses jours à l'aide d'une arme à feu", a indiqué la police cantonale vaudoise dans un communiqué. 29 janvier - Jacques Rivette - Jacques Rivette est mort. Le réalisateur français, connu notamment pour les films "La Belle Noiseuse", "Paris nous appartient" et "L'Amour fou", est décédé vendredi 29 janvier à l'âge de 87 ans, ont annoncé Le Monde et Le Figaro. Né à Rouen en 1928, Jacques Rivette fait partie des cinéastes les plus emblématiques de la Nouvelle vague, aux côtés de Jean-Luc Godard ou Éric Rohmer, avec lequel il a fondé la Gazette du cinéma. Il fut aussi rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. 28 janvier - Paul Kantner - Paul Kantner, cofondateur et guitariste de Jefferson Airplane, groupe phare de l'ère du rock psychédélique des années 1960, est décédé jeudi 28 janvier à l'âge de 74 ans. Kantner, qui avait notamment joué sur la scène du mythique festival de Woodstock en 1969, est mort des suites d'une crise cardiaque, précise le journal californien, citant son agent de longue date et amie Cynthia Bowman. Avec des titres à succès comme "Somebody to Love" ou "White Rabbit", Jefferson Airplane a écrit plusieurs hymnes du mouvement hippie. Lire notre article complet ici. 26 janvier - Colin Vearncombe - Le chanteur britannique Colin Vearncombe, plus connu sous le nom de Black, est décédé à l'âge de 53 ans. L'artiste, qui est notamment célèbre pour son titre Wonderful Life, était plongé dans le coma depuis un grave accident de voiture survenu le 10 janvier en Irlande. » Lire notre article complet en cliquant ici 20 janvier - Edmonde Charles-Roux - La romancière française, également journaliste et résistante, s'est éteinte à 95 ans dans une maison de convalescence. Veuve de Gaston Defferre, elle avait été présidente de l'Académie Goncourt. Elle reçoit le prix Goncourt en 1966 pour son premier roman, "Oublier Palerme". » Lire notre article complet en cliquant ici. 19 janvier - Ettore Scola - Le réalisateur italien est mort à l'âge de 84 ans cliquez ici pour en savoir plus 18 janvier - Glenn Frey - Glenn Frey, l'un des fondateurs et guitariste du groupe de rock américain Eagles, connu mondialement pour son titre "Hotel California", est décédé lundi 18 janvier, a annoncé le groupe. "C'est avec le cœur lourd que nous annonçons le décès de notre camarade, fondateur des Eagles, Glenn Frey, à New York lundi", a écrit le groupe sur son site web. 18 janvier - Leila Alaoui - La photographe franco-marocaine Leila Alaoui, grièvement blessée dans l'attentat de Ouagadougou, est décédée le 18 janvier. La jeune femme était reconnue dans son milieu professionnel, au Maroc, en France, ainsi qu'au Liban, où elle vivait une partie de l'année. 18 janvier - Michel Tournier - L'écrivain Michel Tournier, l'un des grands auteurs français de la seconde moitié du XXe siècle, Prix Goncourt pour "Le roi des Aulnes" en 1970, est décédé le 18 janvier à l'âge de 91 ans, chez lui à Choisel. 17 janvier - Clarence Reid alias Blowfly - Clarence Reid, le rappeur américain mieux connu sous son nom de scène Blowfly, derrière lequel il scandait des paroles crues, est décédé, a annoncé son agent dimanche. Reid a officié comme auteur pour le label de Miami TK Records, où il écrivait des titres soul et funk dans les années 1960 et 1970 pour des artistes de renom, avant de créer son propre personnage, Blowfly, relate Rolling Stone. Passé au hip-hop en se faisant une spécialité des paroles vulgaires, Blowfly est considéré comme "l'un des premiers rappeurs", selon le magazine. 17 janvier - Gottfried Honegger - Le célèbre peintre et sculpteur suisse Gottfried Honegger est mort 17 janvier à son domicile de Zurich, à l'âge de 98 ans. Né en 1917, Gottfried Honegger a passé son enfance chez ses grands-parents en Engadine canton des Grisons. Après des études à l'Ecole des arts appliqués de Zurich, il a fondé un atelier de graphisme, de décoration et de photographie en 1938. Il s'est fait un nom dans l'organisation d'expositions, dont l'Expo nationale de Zurich en 1939, et a mis également sur pied la première exposition itinérante d'art graphique en Suisse. 14 janvier - Alan Rickman - Alan Rickman est mort. L'acteur britannique de 69 ans, qui a joué dans des films aussi connus que "Harry Potter" où il incarnait le professeur Rogue, "Piège de cristal", "Robin des Bois" ou encore "Love Actually", est décédé des suites d'un cancer. 14 janvier - René Angélil - René Angélil, le mari de la chanteuse canadienne Céline Dion, est mort à l'age de 73 ans, a annoncé son agent jeudi 14 janvier. "René Angélil est décédé ce matin dans sa maison de Las Vegas après un long et courageux combat contre un cancer. La famille demande à ce que son intimité soit respectée" en attendant que davantage de détails soient fournis, a précisé le porte-parole de l’imprésario. 10 janvier - David Bowie - La légende du rock s'est éteinte deux jours après avoir fêté ses 69 ans, deux jours aussi après la sortie de son 25ème et dernier album baptisé "Blackstar". Le chanteur et compositeur, qui a bâti sa carrière sur des réincarnations successives, à travers les personnages de Ziggy Stardust, Aladdin Sane, ou du Thin White Duke, était un touche-à-tout visionnaire qui aura influencé des générations d'artistes. 8 janvier - Maria de Filippis - L'Italienne Maria Teresa de Filippis, qui fut la première femme à piloter une monoplace de Formule 1, est décédée la nuit dernière à l'âge de 89 ans, près de Bergame, a annoncé samedi le Grand Prix Drivers Club GPDC. Née le 11 nov 1926, Mme de Filippis était encore présidente honoraire du GPDC, un club d'anciens pilotes de F1 fondé en 1962 par le Français Louis Chiron et l'Argentin Juan Manuel Fangio, quintuple champion du monde. 7 janvier - André Courrèges - André Courrèges est mort jeudi 7 janvier 2015 à 92 ans. Symbole de la révolution vestimentaire des années 1960, le couturier est décédé à son domicile de Neuilly-sur-Seine. André Courrèges, qui avait cessé ses activités professionnelles dans les années 1990, "s'est éteint après un long combat de plus de trente ans contre la maladie de Parkinson", indique la maison dans un communiqué. La mini-jupe, le vinyle ou encore la petite robe blanche. Les créations de ce grand couturier ont durablement inspiré les podiums et la rue. 6 janvier - Yves Vincent - Le comédien à droite sur la photo connu pour ses seconds rôles au cinéma dans les années 60, de Hibernatus au Gendarme se marie, est décédé à l'âge de 94 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 5 janvier - Pierre Boulez - Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez, 90 ans, figure majeure de la musique contemporaine, est décédé à Baden-Baden, en Allemagne, où il habitait. 4 janvier - Michel Galabru - Acteur comique aux 250 longs-métrages, figure inoubliable des "Gendarmes" où il tenait la vedette au côté de Louis de Funès, Michel Galabru est mort dans son sommeil à l'âge de 93 ans. 2 janvier - Michel Delpech - "Pour un flirt avec toi", "Le Loir-et-Cher"... Le chanteur Michel Delpech s'est éteint le samedi 2 janvier à l'Hôpital de Puteaux Hauts-de-Seine des suites d'un cancer de la gorge samedi à 69 ans. 1er janvier - Natalie Cole - La chanteuse soul américaine Natalie Cole, fille de la légende du jazz Nat "King" Cole et qui dut surmonter la drogue pour trouver sa propre voie, est décédée à l'âge de 65 ans. » Lire notre article complet en cliquant ici 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 158 Ils nous ont quitté en 2016 - À voir également sur Le HuffPost
Lessolutions pour LE FRANÇAIS ÉTAIT CINÉASTE, L'ANGLAIS SCULPTEUR de mots fléchés et mots croisés. Découvrez les bonnes réponses, synonymes et autres mots utiles. Outils Utiles. Wordle Mots Croisés Générateur d'Anagrammes Crée des mots avec les lettres que tu as à ta disposition Répondre Classement. Codycross; Définitions du Jour; Les plus recherchés. Grand
Paradoxe du calendrier littéraire à peine la trêve estivale s’annonce-t-elle qu’il est déjà question de la rentrée. Ce temps fort de l’année éditoriale se prépare évidemment toujours de longue date et c’est aux premiers jours de juillet que l’essentiel des programmes est connu. Les premières sélections pour les prix littéraires d’automne tombent déjà, et Livres Hebdo peut se prêter à son traditionnel décompte combien d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et septembre de cette année ? La surproduction éditoriale, dénoncée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou quasi insoutenable cette fois ? Beaucoup d’auteurs et autrices belges, qu’ils soient publiés en France ou en Belgique, verront eux aussi leur livre – parfois même leur premier­ livre – paraitre en cette rentrée. Tour d’horizon des ouvrages attendus à partir du 17 août. Les romans tradition et nouveaux venus Difficile de commencer ce panorama de la rentrée sans évoquer les romans, genre-roi de l’automne, et fer de lance de la rentrée littéraire. Comme chaque année, plusieurs auteurs et autrices belges connaitront l’effervescence de la rentrée française. C’est une tradition établie depuis 30 ans désormais, Amélie Nothomb lance la rentrée. À paraitre le 17 août, Le livre des sœurs est son 31e livre aux éditions Albin Michel. Dans la lignée des Prénoms épicènes et de Frappe-toi le cœur, elle explore les relations parents-enfants, leur inévitable toxicité, pour magnifier, en contrepoint, la pureté et la vitalité de l’amour entre sœurs. Autre habituée de la rentrée, Emmanuelle Pirotte signe le 25 août son retour aux éditions du Cherche-Midi. Après un détour par les éditions Philippe Rey pour Rompre les digues au printemps 2021, la romancière signe avec Les reines sa cinquième collaboration avec son éditeur historique. Elle renoue avec le roman d’anticipation, qu’elle avait déjà exploré dans De profundis, nous immergeant dans un monde où les femmes ont désormais prix le pouvoir. Philippe Blasband, qui a publié Quintessence aux éditions Maelström reEvolution au printemps, confirme son grand retour, après plusieurs années de silence éditorial Chocolat amer paraitra au Castor astral le 25 août. Le livre nous raconte l’histoire d’une Bruxelloise devenue enquêtrice malgré elle lorsqu’elle découvre coup sur coup deux cadavres. Des morts qui l’entraineront vers une quête intime et la pousseront à rencontrer des personnages étonnants, dont certains proches de la mafia. Ces plumes confirmées voisineront avec plusieurs primo-romanciers. Trois d’entre eux rejoindront les tables des librairies dès le 17 août. Mehtap Teke publie Petite, je disais que je voulais me marier avec toi aux éditions Viviane Hamy. En lice pour le prix Envoyé par la poste, ce livre est le portrait d’un émigré kurde venu s’établir dans les corons belges ; l’autrice entrecroise les souvenirs de son personnage principal et de la fille de celui-ci, nous emmenant de l’Anatolie à la Belgique et retour. Dominique Celis connait elle aussi d’ores et déjà les honneurs d’une sélection pour un prix Ainsi pleurent nos hommes Philippe Rey est en lice pour le prix Méduse. Autrice belgo-rwandaise, elle situe son roman à Kigali. Son héroïne se remet difficilement d’une rupture amoureuse et écrit des lettres à sa sœur, dans lesquelles la désolation sentimentale s’entremêle à la description du quotidien, celui d’une population qui vit avec les traumatismes du génocide. Cette rentrée marquera aussi les débuts de romancier du cinéaste Lucas Belvaux. Les tourmentés, publié chez Alma, est l’histoire d’une riche veuve passionnée par la chasse qui cherche un homme acceptant de jouer le rôle de gibier. Elle finit par le trouver… Le 25 août, ces trois jeunes auteurs seront rejoints par Alexandre Valassidis, dont Au moins nous aurons vu la nuit parait dans la collection Scribes » de Gallimard. Primo-romancier, mais point écrivain débutant, Alexandre Valassidis est déjà un poète confirmé, avec notamment deux recueils remarqués parus aux éditions Cheyne sous le pseudonyme de Louis Adran. Au moins nous aurons vu la nuit est l’histoire de la mystérieuse disparition de Dylan. Son meilleur ami tente de mettre bout à bout ce qu’il sait de lui, de reconstituer ce qu’était sa vie. L’ami se souvient ainsi des heures passées à arpenter la ville, de nuit, dans le silence et l’ennui. Le 2 septembre, les éditions du Canoë publieront le très poétique premier roman de Didier Dumont, Je suis né comme un mourant. La fantasy ne sera pas non plus absente de cette rentrée, avec la parution le 18 août chez Scrineo du 2e volume de la saga De rouages & de sang d’ Martel Le trésor de Pink Lady. Du côté des maisons d’édition belges, la rentrée commence traditionnellement un peu plus tard qu’en France. Les premiers romans sont ainsi attendus pour le début septembre. Les éditions Lamiroy ouvriront la rentrée littéraire belge avec Ce que le passé me réserve, un roman de Brigitte Moreau, à paraitre le 1er septembre. Il s’agit de la deuxième rentrée consécutive pour l’autrice, dont le premier roman, La complainte d’Isabeau, a été publié l’année dernière aux éditions F. Deville. Ce que le passé me réserve est l’histoire d’une femme qui, enceinte à 18 ans, range au placard rêves et ambitions pour se consacrer à son rôle d’épouse et de mère, mais dont le passé resurgit, 13 ans plus tard… Photographe de renom, Luc Dratwa passe à présent à l’écriture. Son premier roman, Passé inaperçu, annoncé pour le 1er octobre, met en scène… un photographe pour une histoire où s’entremêlent les villes Bruxelles, Paris, New York…, les vies et les rencontres. Stefan Liberski sera lui aussi de la partie en cette rentrée avec Néron rouge, prévu en novembre. Les éditions MEO programment deux romans pour le 6 septembre. Après Le choix de Mia en 2020, Jean-Pierre Balfroid publie un deuxième opus, Ces étoiles dans la nuit, délicate plongée dans l’Ardenne des années 1950 pour l’histoire de la relation entre un homme et une jeune fille orpheline, dont il ignore être le père biologique. Précédemment publié aux éditions du Rouergue et Sans escale, Philippe Fiévet s’essaie au roman historique. Une colonne pour le paradis emmène les lecteurs et lectrices dans la Syrie byzantine du 5e siècle après Jésus-Christ, époque troublée, marquée entre autres par le fanatisme religieux. Le 6 octobre paraitra Le maitre du Mont Xîn, de Gérard Adam. L’auteur et éditeur nous emmène dans une aventure spirituelle, autour de deux femmes qui cherchent à atteindre le sommet du Mont Xîn, où un couple d’amants philosophes a créé, au 12e siècle, un rite religieux dans lequel l’érotisme joue une part importante. L’ascension est le moment d’un voyage intérieur pour les deux personnages. Le 8 novembre, la même maison rééditera La source d’incandescence, roman de Monique Thomassettie initialement paru aux éditions La page. Récit initiatique, le livre suit les traces d’une artiste qui part vers l’Orient en quête d’une mystérieuse Source incandescente. Prix des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, Les mots de Russie d’Isabelle Bielecki reparaitrachez MEO en décembre, après une première édition chez EME en 2005. Avec cette réédition, la trilogie de l’autrice Les mots de Russie, Les tulipes du Japon et La maison du belge est désormais intégralement disponible chez le même éditeur. Aux éditions Esperluète, la rentrée du roman débutera le 9 septembre avec Le netsuke, de Thomas Lavachery. Classique incontournable en littérature pour la jeunesse, Thomas Lavachery ajoute une ligne à sa bibliographie de littérature générale, un an après Le cercle, qui lui a valu une place de finaliste du Rossel 2021. Avec Le netsuke, l’écrivain joue sur les limites entre fiction et autobiographie. Le narrateur, un adolescent dans le Bruxelles des années 1970 et 1980, ressemble étrangement au jeune Thomas Lavachery. Violaine Lison, dont le premier livre Ce soir, on dort dans les arbres a paru chez Esperluète au printemps 2021, revient dans la même maison d’édition pour Vous étiez ma maison, illustré par Manon Gignoux. Mi-roman mi-conte, le livre épouse les pas d’une narratrice qui se promène de la ville à la forêt où elle croise une étrange femme, fée ou sorcière, avec laquelle elle noue une relation intense et complexe. La muette/Le bord de l’eau annonce un roman de Bruno Wajskop pour le 16 septembre, Œil de linge. L’auteur fait revivre l’agonie d’un homme, vue à travers le regard de son épouse, qui la découvre elle-même par les images d’une caméra de surveillance. Cinq romans paraitront aux éditions Académia. Le premier d’entre eux est programmé pour septembre, Mesure 217 de Françoise Lhoir. Dans ce roman psychologique, l’autrice évoque le destin de trois personnages, des musiciens classiques passionnés par leur art. En octobre, Un sombre dimanche sans fiançailles clôturera avec une pointe d’humour la trilogie policière de Bruno Dinant. En novembre, Benoit Roels,-habitué de la maison, nous entraine dans une histoire d’amour et d’amitiés sur une bande sonore new wave avec le bien-nommé Tainted love, tandis qu’avec Cette route qui nous porte, Bertrand de Longueville narre l’histoire d’un jeune homme parti à l’aventure, porté par l’amour de son père défunt. En décembre, Olivier Bailly s’essaie, avec Nos vies sont merveilleuses, au polar rural de vieux », où les questions existentielles sont abordées avec humour. Le catalogue de la toujours surprenante collection If » de L’arbre à paroles accueille un renfort de choix. Auteur notamment des singuliers Notre château et Une fêlure aux éditions du Tripode, Emmanuel Regniez signe La reconnaissance, à paraitre le 3 octobre. Dans la lignée de ses opus précédents, le livre explore les motifs du double, du masque, de la mémoire et de l’oubli, à partir d’un pacte conclu entre deux personnages, dont l’un accepte de suivre l’autre partout pendant un an. Chez Genèse édition, c’est une autre autrice confirmée qui fait son entrée au catalogue. Encore s’agit-il plus précisément d’un retour avant Voyage de noces avec ma mère chez Calmann-Lévy en 2015 et La ballerine aux gros seins chez Arthaud en 2018, Véronique Sels avait en effet déjà publié La tentation du pont 2011 et Bienvenue en Norlande 2012 chez Genèse. Cette année, Même pas mort parait le 7 septembre. L’histoire est librement inspirée de la trajectoire de Stéphane Mandelbaum, peintre et truand, assassiné à l’âge de 25 ans. Après une première collaboration avec la maison d’édition Onlit au printemps dernier Une grande actrice, Stefan Liberski n’aura pas tardé à récidiver. Son Teo malgré est annoncé pour octobre. Pour son retour attendu à la littérature générale, Pascale Fonteneau passe elle aussi chez Onlit. Comment et pourquoi j’ai mangé mon amant est aussi programmé pour octobre. Les éditions Murmure des soirs publieront l’un de leurs auteurs habituels à la mi-octobre après 37, rue de Nimy, Alexandre Millon revient avec Les heures claires, suite d’instantanés mis en mots. La même maison d’édition publiera aussi Déjà ?, de Gwendoline Loosveld. Cette spécialiste en droit des successions, active sur les questions éthiques liées à la fin de vie, publie un livre où il est question de la mort et de comment en parler, aborder son propre décès. Les éditions Traverse annoncent pour novembre un roman de Paul G. Dulieu, Il voulait peindre la nuit. Les éditions F. Deville feront leur rentrée au mois de novembre avec une nouvelle collection dédiée au roman court, Œuvres au jaune », reconnaissable à sa couverture… jaune, distincte du rouge habituellement utilisé par la maison d’édition. Trois titres sont prévus pour le lancement. Une pêche miraculeuse de Didier Robert conte l’histoire d’un fils qui découvre la fascinante transformation nocturne de son père, alcoolique et violent. Marc Meganck, qui avait publié le très beau Le jour où mon père n’a pas eu le dernier mot dans la même maison d’édition au printemps, revient avec La lunette, annoncé comme une quête surréaliste où il est question d’amour, d’amitié, de finesse et de sens de l’existence . Avec Romuald et Julienne, Brigitte Moreau signe une variation sur le thème éternel de Roméo et Juliette et s’offre donc une double rentrée littéraire. Spécialisées dans la poésie, les éditions Le coudrier publieront néanmoins elles aussi un roman au deuxième semestre Un jour d’été à Central Park, par Anne-Michèle Hamesse, autrice du recueil de nouvelles Le lac du Bois de la Cambre dans la même maison d’édition en 2020. Le roman de genre ne sera pas oublié en cette rentrée. Noir Corbeau », la collection de polars des éditions Weyrich, s’enrichira de trois nouveaux volumes le tandem Dumont-Dupuis et Christian Joosten poursuivront leur série respective, tandis que Line Alexandre, qui avait déjà tâté de la littérature policière avec L’enclos des fusillés, fait son entrée dans la collection. Les éditions Ker rééditent quant à elles L’inconnu du parvis de Giuseppe Santoliquido, initialement paru chez Genèse. Les éditions F. Deville publieront Un croque-mort à côté de ses pompes, roman finaliste du prix polar de la Foire du livre, signé par Bruno Dinant, qui avec Un sombre dimanche sans fiançailles évoqué plus haut, sera donc doublement présent en cette rentrée. La nouvelle un dynamisme constant Cas particulier dans le paysage éditorial francophone, l’édition belge affiche dynamisme et inventivité dans l’édition de la nouvelle. Une tendance que la rentrée 2022 confirme. Le 1er septembre 2017, les éditions Lamiroy lançaient la collection Opuscule » une nouvelle publiée chaque semaine, disponible à l’unité ou sous forme d’abonnement. Cinq ans plus tard et quelque 250 titres au compteur, le concept a largement fait ses preuves et la cadence est maintenue. On ne change pas une formule qui gagne de nouveaux opuscules paraitront en cette rentrée, toujours au rythme d’un volume par semaine. En septembre, la collection s’enrichira aussi d’un 15e hors-série, recueil collectif sur le thème Fantastique. Dans le domaine de la nouvelle, les éditions Ker peuvent elles aussi se targuer d’une collection phare Belgiques » est une collection de recueils de nouvelles dans lesquels un auteur ou une autrice raconte, sur le mode de la mosaïque, sa vision de la Belgique. Comme en 2021, la collection n’accueillera pas moins de quatre nouveaux volumes en octobre 2022. Aux Laurent Demoulin, Luc Dellisse, Colette Nys-Mazure, Tuyêt-Nga Nguyen du millésime 2021 succèdent, pour 2022, quatre plumes éminemment contrastées Rose-Marie François, Myriam Leroy, Grégoire Polet et Marc Quaghebeur. Ker éditions publie aussi régulièrement des recueils collectifs, autour d’une thématique qui invite à la réflexion. WWW interrogera la dépendance de notre société au numérique. Les éditions Traverse mettront aussi à l’honneur la fiction courte avec la parution en octobre du recueil Comme les pierres de Tristan Alleman, lauréat du prix Gauchez-Philippot pour Fugitives, autre recueil publié chez le même éditeur. En décembre, Traverse éditera aussi un recueil de fables de Michel Voiturier et un recueil de récits de Guy Stuckens. Les éditions Éléments de langage publieront en septembre Parler avec les dieux de Luc Dellisse, recueil de cinquante histoires brèves autour du mystère qui s’immisce soudain dans le quotidien. Qui pense à la nouvelle pense forcément à Quadrature, éditeur néo-louvaniste dédié au genre. Deux autrices belges sont au programme du second semestre. Agnès Dumont sera sur tous les fronts en cette rentrée outre le polar qu’elle co-signe avec Patrick Dupuis aux éditions Weyrich, elle revient à son genre de prédilection. Quatre ans après À qui se fier ?, son nouveau recueil Je ne dis pas non, le cinquième chez Quadrature, est attendu pour le 10 novembre. Les huit nouvelles qui le composent évoquent des personnages placés devant un dilemme, une décision importante, hésitants mais prêts à franchir un pas qui va faire basculer leur existence. En décembre, c’est un recueil de Stéphanie Mangez qui paraitra. Les jeunes éditions La place publient elles aussi une nouvelle en cette rentrée. Signée par Juliette Mogenet, Ruines du dedans évoque ce que deviennent les corps — des ouvrières, des bâtiments — quand l’usine ferme définitivement. Les éditions MEO republient le 8 décembre Fêtes, fureurs et passions en terre d’Ardenne, un recueil de Jean-Pierre Otte initialement paru chez Robert Laffont sous le titre Nicolas Gayoûle. Les poètes font leur rentrée Pas de rentrée sans poésie. Cette année encore, les livres annoncés sont nombreux et leurs auteurs divers. Lacunaires est le titre du prochain recueil de Serge Delaive, à paraitre aux éditions Le chat polaire en septembre. La maison d’édition aux livres de format carré publiera aussi un recueil de Jacinthe Mazzocchetti, En écorches. Déjà auteur du recueil Écart-type au Tétras Lyre en 2018, Célestin de Meeûs avait ensuite donné deux livres aux éditions Cheyne, Cadastres en 2019 et Cavale russe en 2021. Il revient chez l’éditeur liégeois en 2022 pour Atlantique. Les éditions parisiennes L’herbe qui tremble ont publié de nombreux auteurs belges. La rentrée 2022 ne déroge pas à la tradition avec L’épreuve, le nouveau recueil de Philippe Lekeuche à paraitre en octobre. Le poète et académicien avait auparavant déjà publié deux recueils à L’herbe qui tremble L’éperdu en 2010 et Une vie mélangée en 2014. Dans son nouveau recueil, il interroge le sens même du travail du poète. En octobre toujours, La lettre volée publiera un recueil du poète et Secrétaire perpétuel de l’Académie, Yves Namur O, l’œuf est écrit autour des seules lettres du mot œuf ». Chaque page se présente en diptyque en haut, un tableau ponctué de lettres et d’une ligne horizontale ; en bas, une partition ou les supports acoustiques du tableau. Le recueil de Denis De Rudder, Brève histoire de l’art en sonnets, à paraitre en novembre chez le même éditeur, repose lui aussi sur une contrainte de structure rigoureuse composé exclusivement de sonnets classiques, le livre suit le fil de l’histoire de l’art occidental de la Grèce antique à aujourd’hui. Auteur, Yves Namur est aussi éditeur. Sa maison d’édition, Le Taillis Pré, publiera trois recueils d’auteurs belges cet automne Rendre grâce, premier recueil d’Olivier Noria octobre, Écarts ou les esquives du désir d’Harry Szpilmann novembre, déjà auteur d’Approches de la lumière chez le même éditeur en 2019, et Pollutions nocturnes de Marc Menu décembre, lui aussi habitué de cette maison d’édition Murmures du chardon en 2016 et Ce soir, c’est relâche en 2020. Le 6 octobre, Butterfield une relation d’Alexandre Curlet paraitra aux éditions Extrême contemporain. Recueil de poésie expérimentale, il s’agit du premier livre de son auteur. Le 21 octobre, Emile Claus, Le vieux jardinier de Christine Van Acker sera disponible sur les tables des librairies. Publié dans la collection Ekphrasis » des éditions Invenit, ce livre est une lecture, en poésie, d’un tableau du peintre Emile Claus. Aux éditions La place, Ninar Esber publiera en novembre La lente migration de la tête vers les pieds, un long poème sur ce qu’est migrer », d’abord à l’intérieur de soi, par les organes, les sens, par où l’on vit, crée, mais aussi souffre et expire. En 2021, les éditions L’arbre de Diane avaient publié l’un des livres les plus remarqués de la rentrée littéraire Caillasses de Joëlle Sambi. La rentrée 2022 sera à nouveau poétique avec Jerk, le nouveau recueil de Maud Joiret, lauréate du prix de la première œuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec son précédent et premier livre, Cobalt Tétras Lyre. L’arbre de Diane publiera également Scandale !, de Camille Pier. Aux éditions Bleu d’encre, quatre recueils sont programmés. Philippe Colmant publiera Maison mère, son premier recueil dans la maison d’édition yvoirienne. Pour Jean-Louis Massot et François Degrande, dont paraitront respectivement Entre deux nuages et Spiritisme, ce sera un retour chez un éditeur dont le catalogue comprend déjà Nuages de saison du premier et Foudre en cavale du second. Liliane Schraûwen n’est pas non plus une nouvelle venue dans la maison d’édition Traces perdues, à paraitre à la rentrée, vient après Nuages et vestiges. Bleu d’encre prévoit encore deux autres recueils sous réserve Terre silence d’Aurélien Dony, et un livre de Suzy Cohen, dont le titre est encore à confirmer. Les éditions Le coudrier annoncent la parution de trois recueils poétiques, par trois habitués de la maison Locataire de Pascal Feyaerts, Vrilles de Tristan Sautier et Écriture des silences d’Annie Préaux. Les éditions Dancot-Pinchart publieront trois recueils d’auteurs et autrices belges. Marie-Jo Vanriet, dont le premier livre de poésie, Beige fracas, a paru chez le même éditeur au début de l’année, publie cette fois Rouge adjacent. Un livre qui voisinera en librairie avec La première mémoire de Gaspard Dancot et Circonscrire de Catherine Daele, connue jusqu’à présent surtout pour son œuvre théâtrale, publiée chez Lansman. Théâtre à lire L’édition de théâtre a particulièrement souffert pendant la longue fermeture des salles de spectacle. La situation sanitaire actuelle permet toutefois de travailler à nouveau dans des conditions revenues à la normale ou presque. Acteur incontournable du secteur depuis de longues années, les éditions Lansman ont concocté un programme de parutions où l’expérience côtoie les nouvelles voix. En août, la maison d’édition publiera Norman, c’est comme normal à une lettre près de Marie Henry et Monsieur Phône et les sardines de Céline Lefebvre. En septembre, cinq pièces sont annoncées La troisième nuit de Daniel Simon, Ricochet, le premier livre de Lénaïc Brulé, Tu comprends ? de Didier Poiteaux, Le paradoxe de Billy de Ludovic Drouet et Lune de Pamela Ghislain, dont le premier livre, Anna, paru chez le même éditeur, figurait parmi les finalistes du Grand prix des arts du spectacle de l’Académie. En novembre, Geneviève Damas, habituée de la maison d’édition, publiera Perfect day, tandis que le mois de décembre verra la parution d’une nouvelle pièce, Les yeux noirs de Céline Delbecq, autre figure de proue des éditions Lansman. Présentes depuis deux ans sur la scène éditoriale, les éditions Les oiseaux de nuit poursuivent elles aussi leur action en faveur du théâtre. Une dizaine de titres sont annoncés pour novembre On the Road… A ! de Roda Fawaz, Créon, suivi de Loin d’Antigone de Paul Emond, La femme du Soldat inconnu de Bruno Georis et Éric De Staercke, Après nous les mouches de Stéphane Bissot, Contes et légendes des Bernard-l’hermite de Capucine Berthon, Valencia Princesse du monde, suivi de Vivre de Zenel Laci, Binaire de François Delcambre, Le fils de Don Quichotte d’Anne Sylvain, Noces de Chypre de Clemens Van Nolloth et un ouvrage collectif avec des contributions d’Evelyne Guzy, Marina Yerlès, David Dumont, Deborah Danblon et Anne Sylvain. Éditant occasionnellement du théâtre, L’arbre de Diane peut néanmoins déjà se targuer d’une belle reconnaissance dans le domaine, avec en particulier le prix triennal de théâtre de la Fédération Wallonie-Bruxelles décerné à Aurore boréale de Paul Pourveur. En cette rentrée, la maison d’édition publie une pièce de Florence Minder, Faire quelque chose c’est le faire, non?. Non-fiction, essais le monde sous toutes ses coutures Récits de soi et des autres Histoires collectées, histoires personnelles racontées… la mise en récit débordera largement, lors de cette rentrée littéraire, le seul cadre de la fiction. La lettre volée publie No ou le pactole, premier récit publié de Rachel M. Cholz. D’abord destiné à être mis en voix, le texte évoque le parcours de Noémie, qui vit dans la rue ou plus exactement l’habite, et tente de dire cette existence singulière, au présent et au plus près parution le 19 août. Le 4 novembre, le même éditeur présentera Le laveur de vitres de Laurence Skivée. Évoquant un laveur de vitres, l’autrice tente d’aborder par ce biais l’écriture, la création, et la mise en mots du monde. Après un important et salutaire travail de collecte de récits de la vie professionnelle réalisé en complicité avec Régine Vandamme paru en deux volumes à la Renaissance du livre sous le titre Le bureau des secrets professionnels, Dominique Costermans publiera en cette rentrée le résultat d’une autre collecte d’histoires personnelles, tout aussi essentielle, puisqu’il est question cette fois d’IVG. Les douze récits rassemblés dans L’impensé de l’IVG, volume publié aux éditions Courteslignes, sont ceux de femmes qui ont eu recours à l’interruption volontaire de grossesse. Loin des discours dogmatiques, la place est faite ici à l’expérience concrète et sensible. L’autrice sera sur deux fronts en cette rentrée, avec la parution d’Après le déluge aux éditions Académia. Ce livre, issu d’une collaboration avec la librairie Claudine de Wavre, raconte les inondations qui ont frappé la librairie et ses habitué-e-s à l’été 2021. Les textes rassemblés sont multiples témoignages, récits, écrits réalisés dans le cadre des ateliers d’écriture animés par l’autrice à la demande des libraires. Lors des rentrées littéraires de 2020 et 2021, les observateurs de la vie littéraire anticipaient un déferlement de récits et de témoignages liés à la pandémie ; leur nombre a finalement été moins important qu’attendu. On a moins évoqué de la part que les inondations qui ont endeuillé la Wallonie l’été dernier pourraient prendre. Phénomène certes plus local que le covid, il semble toutefois pousser lui aussi à une mise en mots, au passage par l’écriture pour comprendre. Après le déluge suit ainsi de peu Vesdre de Luc Baba L’arbre à paroles, qui, quoique sur un tout autre mode, évoque lui aussi la crue. Chez Académia toujours paraitra Le village au cœur de la mine de Brieuc Debontridder, dans lequel l’auteur évoque son regard sur la RDC, pays où il s’est rendu dans le cadre de la réinstallation d’un village par une entreprise minière. Les éditions Luc Pire publient des histoires vraies des rencontres et anecdotes du bourlingueur Philippe Lambillon dans Au hasard des pistes. Tribulations d’un bourlingueur 6 octobre. Aux éditions CFC paraitra le livre d’une grande habituée de la rentrée littéraire. Dans Marolles. La cour des chats, Véronique Bergen évoque un quartier de Bruxelles qui lui est cher. Le livre tisse des fils poétiques, oniriques, personnels et sociologiques, pour un voyage qui passe du présent au passé 18 novembre. Dans Camp Est journal d’une ethnologue dans une prison de Kanaky-Nouvelle Calédonie, Chantal Deltenre narre la mission ethnographique qu’elle a menée pour le compte de l’administration pénitentiaire française à la prison de Noumea en Nouvelle-Calédonie. À paraitre le 8 septembre chez Anacharsis, le livre, écrit après un mois passé sur place, est un témoignage à charge, qui dénonce entre autres la fréquence des suicides et automutilations parmi les détenus, kanaks en grande majorité. Aux éditions La pierre d’alun, le texte dialogue volontiers avec l’image, l’écrivain avec le plasticien, pour créer des livres objets toujours étonnants. En cette rentrée, la maison d’édition publiera Le sens des tarots, un texte de Marcel Lecomte accompagné d’images de Pierre Alechinsky il ne s’agirait plus tant de savoir si les cartes disent juste ou faux mais jusqu’où elles disent vrai. Elles excitent le Réel ». Le livre parait à l’occasion de l’exposition au Salon d’Art du 17 octobre au 17 décembre pour les 95 ans de Pierre Alechinsky. Le duo Muriel Logist et Pascal Lemaitre signera Paupières de sel, un livre qui interroge l’identité, qui plonge dans la mémoire pour en extraire des éclats de vie, en mots et en images. Éloges de la rentrée Hasard des calendriers éditoriaux, le genre de l’éloge sera fortement présent en cette rentrée. Et dans toute sa diversité, comme en témoignent les trois auteurs qui l’illustrent. Juliette Nothomb publie un Éloge du cheval le 7 septembre aux éditions Albin Michel, où les souvenirs d’enfance s’entrecroisent avec un propos plus général sur le cheval à travers les époques. Aux Presses universitaires de France, Laurent De Sutter se livrera quant à lui à un Éloge du danger. Le prolifique philosophe du droit interroge ici la notion de danger, qu’il corrèle à la demande de sécurité. Pour Grégoire Polet, ce sera un Petit éloge de la Belgique, dans la collection Folio 2 € » de Gallimard, bref texte où l’auteur dit son attachement à son pays. Quand les livres parlent de littérature L’histoire et la critique littéraires ne sont pas en reste en cette rentrée. Elles sont même au cœur du programme des Impressions nouvelles. La collection La fabrique des héros », devenue une référence sur les héros de la pop culture, s’intéressera au monde d’Harry Potter le prochain livre de la série sera Hermione Granger, annoncé pour le 10 novembre. Il est signé Tanguy Habrand, qui après une somme sur l’édition en Belgique co-signée avec Pascal Durand et Le livre au temps du confinement, montre qu’il a plusieurs cordes à son arc. La même maison d’édition publie aussi, le 8 septembre, un nouveau livre du poète et universitaire Jan Baetens, Illustrer Proust. Histoire d’un défi. Le 6 octobre paraitra La bande dessinée en France à la Belle-Époque 1880-1914 de Thierry Groensteen. Fondateur et responsable des Impressions nouvelles, Benoit Peeters est aussi essayiste et publie deux essais chez Flammarion, à paraitre le 7 septembre Réinventer le roman, entretiens inédits dans lesquels il évoque l’aventure du nouveau roman et du nouveau cinéma, et une biographie d’Alain Robbe-Grillet, Robbe-Grillet l’invention du nouveau roman. Les éditions Esperluète ont lancé en 2017 la collection d’entretiens Orbe », animée par Frédérique Dolphijn. La collection s’enrichit d’un nouveau volume Frédérique Dolphijn dialoguera avec une autrice habituée de la maison d’édition, Nicole Malinconi. Le livre sera en librairie le 21 octobre. Aux éditions CFC, l’artiste et écrivain Pol Bury 1922-2005 sera à l’honneur à l’occasion de son centenaire, avec Pol Bury. Livres et écrits de Frédérique Martin-Scherrer, qui tente plus particulièrement de comprendre l’articulation entre écriture et arts plastiques dans la trajectoire de Bury. Les éditions de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique Arllfb publient les actes de deux colloques organisés récemment par l’institution La cuisine de nos écrivainsetLittérature et médecine. Les éditions des Midis de la poésie publient depuis quelques années les textes de certains conférences prononcées dans le cadre des Midis. C’est le cas de celle de Pascale Seys, Virginia Woolf, écrire en guerre, à paraitre à la rentrée. Aliette Griz et Elise Peroi cosignent Domousse, qui revient sur l’outil de médiation culturelle qu’elles ont conçu pour faire entrer la poésie à la crèche. Les éditions Kennes mettent en avant la bande dessinée avec une biographie du bédéiste Philippe Tome 1957-2019, Philippe Tome, l’exalté signée par Charles-Louis Detournay. L’article », le mensuel littéraire de petit format des éditions Lamiroy, poursuivra sa route à la rentrée, avec une livraison de septembre consacrée à Hervé Guibert et celle d’octobre à Amélie Nothomb. Sous le beau titre Bouche bavarde oreille curieuse, Lydia Flem publiera un nouveau livre le 26 août, dans la collection La librairie du XXIe siècle » des éditions du Seuil, qui accueillent l’ensemble de son œuvre. Il s’agit d’un recueil de textes sur la littérature et les arts, où elle interroge en particulier la puissance des stéréotypes, et notamment la figure du masculin. Beaux-Arts et beaux-livres La rentrée des éditions CFC sera essentiellement artistique avec plusieurs beaux-livres prévus. Éric Hennaut et Ursual Wieser Benedetti évoqueront dans Jules Buyssens et le nouveau jardin pittoresque le travail et le parcours de Jules Buyssens 1872-1958, figure belge majeure de l’art des jardins et du paysage 9 septembre. Dans On Display. Designing the Shop Experience, Benjamin Stoz montre le rôle de la boutique dans le paysage urbain et la manière dont elle imprègne la culture populaire. La maison d’édition consacre aussi un livre au photographe Mathieu Van Assche, Mascarade, où l’on découvre ses photographies sabotées » 21 octobre. Benoit Dusart et Hans Theys signeront quant à eux le premier livre rétrospectif sur l’œuvre de Manon Barra Manon Barra, en chair et en noces 4 novembre. La Renaissance du livre nous emmènera en terres liégeoises, sous la conduite de Thierry Luthers, pour Le forum de Liège. 100 ans d’émotion, un livre qui retrace l’histoire de cet important lieu culturel et de ceux qui l’ont animé. Philosophie, sociologie et société Après son recueil de nouvelles Autobiographie d’un poulpe Actes Sud, l’éthologue et philosophe Vinciane Despret continue son observation passionnée et non-spéciste de la vie animale dans Et si les animaux écrivaient, à paraitre chez Bayard, essai où elle évoque les formes diverses de la communication animale. Ce sont les mœurs des Liégeois que Laurent Demoulin et Jean-Marie Klinkenberg ont quant à eux choisi d’interroger, avec une édition illustrée, revue et considérablement augmentée » de leurs Petites mythologies liégeoises, à découvrir en septembre aux éditions du Tétras Lyre. Annemarie Trekker s’est intéressée aux objets du quotidien pour Les objets, messagers de notre histoire pour quoi il ne faut pas tout jeter. À rebours d’une tendance actuelle au grand nettoyage, elle explique comment les objets sont dépositaires d’une partie de notre histoire et méritent, à ce titre, d’être conservés. Les grands courants politiques et philosophiques sont au centre de plusieurs publications en cette rentrée. Ainsi, Bernard Quiriny délaisse momentanément la fiction fantastique pour un essai, Le club des libéraux, à paraitre le 22 septembre aux éditions du Cerf. Dans une interview parue dans Le Carnet et les Instants n°212, l’auteur confiait à Michel Zumkir à propos de ce livre je l’ai écrit un peu comme un roman, sous la forme d’un dialogue, pour lui donner de l’aération et du charme. On peut dire que dans ce cas une sorte de compénétration a opéré. Ma grande peur est que les universitaires ne le trouvent pas sérieux, même si le fond l’est, et que les littéraires le trouvent ennuyeux même si la forme ne l’est pas ». Edouard Delruelle parle, lui, du socialisme pour le nouveau volume de la collection de vulgarisation des éditions Renaissance du livre, Dis, c’est quoi… ? ». Nadia Geerts, qui avait traité de la laïcité pour la même collection l’année dernière, revient sur cette thématique pour cette rentrée avec l’essai Neutralité ou laïcité, la Belgique hésite, à paraitre le 6 septembre chez Luc Pire. Chez le même éditeur, Bruno Humbeeck publie le 6 septembre Comment agir face au cyberharcèlement ? qui ambitionne de fournir une réponse efficace aux parents dont les enfants sont confrontés à une forme de cyber-harcèlement. François Gemenne et Olivier Servais co-signent, avec La tyrannie du risque zéro Karthala, 8 décembre une réflexion à la fois anthropologique et historique sur la notion de risque, qui débouche sur une interrogation de la gestion de la crise du covid, marquée par une volonté de maitriser totalement le risque. Littérature patrimoniale des anniversaires et des classiques En cette année du centenaire de la naissance de Christian Dotremont 1922-1979, le co-fondateur de CoBrA sera l’un des auteurs en vue de la rentrée, avec deux parutions le 7 octobre. L’Atelier contemporain publie Dépassons l’anti-art écrits sur l’art, le cinéma et la littérature, 1948-1978, un recueil d’écrits dans lesquels l’auteur évoque de grandes figures du milieu artistique belge René Magritte…, du surréalisme parisien Paul Eluard…, de CoBrA Asger Jorn, Pierre Alechinsky, ainsi que d’autres personnages tels que Gaston Bachelard, Jean Cocteau ou Jean-Paul Sartre. Chez Fata Morgana paraitra, sous le titre À la reine des murs, un volume rassemblant les lettres du poète à sa première muse, la poétesse Régine Raufast, et le poème La reine des murs, écrit en 1942. Aux éditions Tétras Lyre, c’est un autre anniversaire qui sera commémoré, celui des 30 ans du décès du poète liégeois François Jacqmin 1929-1992. Deux rééditions sont prévues en octobre Éléments de géométrie et Manuel des agonisants. La collection Espace Nord, qui a récemment passé le cap du 400e numéro, poursuit son travail de mise à disposition, au format et au prix du livre de poche, des classiques de la littérature belge d’aujourd’hui et de demain. Le 25 août sortira la réédition d’Une enfance gantoise de Suzanne Lilar 1901-1992. L’écrivaine et académicienne y évoque les premières années de sa vie, ses souvenirs familiaux et y cherche les prémices de sa vocation littéraire. Double publication le 22 septembre la collection s’enrichit d’un nouveau volume d’Émile Verhaeren. Un Verhaeren qui ne manquera pas de surprendre Contes de minuit et autres nouvelles, comme son titre l’indique, est en effet une anthologie de nouvelles et proses d’un auteur surtout connu pour sa poésie. Le trajet, roman qui a valu à Marie-Louise Haumont le prix Femina en 1976 – il s’agit d’ailleurs à ce jour de la dernière lauréate belge du prix – fait son entrée dans la collection. Les lecteurs y découvriront un personnage dont la vie, immuable, est réglée par l’habitude trajet en autocar, travail, retour à la maison, rangement, et encore et encore… Jusqu’au jour où un grain de sable se glisse dans la mécanique. Deux titres de Maurice Maeterlinck paraitront le 6 octobre L’oiseau bleu, féerie théâtrale mondialement connue, et La vie des termites suivi de La vie des fourmis qui vient compléter le panorama du Maeterlinck essayiste et observateur de la nature initié avec La vie des abeilles, suivi de L’intelligence des fleurs. Parallèlement au travail d’Espace Nord, Albin Michel publiera aussi un volume du seul Prix Nobel de littérature belge, dont l’œuvre est désormais tombée dans le domaine public La nuit des enfants sortira le 1er septembre chez l’éditeur parisien. Le 10 novembre, c’est Paul Willems qui sera à l’honneur dans la collection Espace Nord avec un roman, Blessure et un double volume de théâtre, La ville à voile suivi de La vita breve. Les éditions Ker assurent la publication des Archives du futur », collection de référence pilotée par les Archives & Musée de la littérature, qui propose des éditions critiques des œuvres complètes de classiques de la littérature belge. Deux nouveaux volumes paraitront le 9 novembre. Le 1er tome des Œuvres complètesde François Jacqmin, coordonné par Gérald Purnelle, rassemble des écrits de jeunesse du poète et lance, en cette année anniversaire, le travail de longue haleine de réédition de l’ensemble de l’œuvre du poète. De Thomas Owen parait dans la même collection Glanures, recueil de textes inédits où transparait le goût du macabre, de l’insolite et du sensuel qui caractérise l’écriture du maitre du fantastique. Les éditions de l’Arllfb ont elles aussi elles aussi entrepris un travail de redécouverte et d’édition d’œuvres du patrimoine littéraire belge. En cette rentrée, c’est un académicien qui est à l’honneur L’Indien de la gare du Nord, roman de Jacques Crickillon 1940-2021 paraitra, escorté d’une préface de Jacques De Decker et d’une postface d’Éric Brogniet. Mais aussi… Deux volumes d’aphorismes sont prévus aux éditions La pierre d’alun Bref caetera d’André Stas et Benjamin Monti et Adages de Raoul Vaneigem, illustré par André Stas, volume dans lequel Raoul Vaneigem souhaite mettre en exergue le retour à l’entraide et à l’autonomie individuelle » pour mettre fin à l’individualisme et au règne du calcul égoïste ». Bons plans et conseils pratiques aux éditions Ker Plan Coop. Semer ensemble les graines d’un projet et en partager les fruits de Nicolas Loodts et Thomas Schmit vous dit sur le maraichage biologique, qu’on le pratique dans le cadre familial ou à l’échelle d’une coopérative. Les éditions Lamiroy publient Madame Irma, perles fines de Kro 1er septembre, perles d’humour de celle qui affirme mettre à votre service mes talents de voyance, mon professionnalisme, ma perspicacité, mon empathie, ma bienveillance ainsi que ma sensibilité ». Le 1er octobre, l’abécédaire Bêteman. Le Bêta de Patryck de Froidmont revient sur l’aventure de Bêteman, cette parodie bruxelloise de superhéros. Les éditions de L’L, enfin, se signalent en cette rentrée littéraire en proposant des traductions anglaises de deux livres qu’elles avaient précédemment publiés. Cerebrum, le faiseur de réalités d’Yvain Juillard, livre à la croisée du théâtre, de la science et de l’imaginaire, reparait dans une traduction anglaise de Laura Jones sous le titre Cerebrum. Maker Of Realities. Chercher avec l’aventure de L’L depuis les arts vivants. Fascicule 1. La singulière aventure de L’L. de Pierre Boitte connaitra aussi une version anglaise. La traduction signée Martin McGarry s’intitule Exploring For The Sake Of Exploring In The Living Arts With L’L. First Instalment. L’L An Extraordinary Adventure. Comme chaque année, Le Carnet et les Instants se mettra dès la mi-août à l’heure de la rentrée littéraire. Les recensions, les dernières nouvelles des prix littéraires et toute l’actualité de la rentrée sont à suivre sur notre blog, sous l’onglet Rentrée littéraire ». Nausicaa Dewez
MauricePialat, peintre et cinéaste. Depuis le 20 février et jusqu’au 4 mars la Cinémathèque française montre tous les films de Maurice Pialat. Cette rétrospective est accompagnée d’une exposition qui permet de découvrir les toiles et dessins de Pialat, qui fut peintre avant d’être cinéaste durant la première période
Film de clôture de la section "Un Certain Regard" au dernier Festival de Cannes, "Renoir" n'est pas un biopic sur le grand peintre, pas plus que sur le non moins grand cinéaste. Tous deux s'y retrouvent toutefois, le premier à l'automne de sa vie, le second alors qu'il ne s'est pas encore fait un prénom. Le trait d'union entre les deux passe par Andrée, le dernier modèle du peintre... De Gilles Bourdos France, avec Michel Bouquet, Christa Theret, Vincent Rottiers - 1h51 - Sortie 2 janvier 2013 Synopsis 1915. Sur la Côte d’Azur. Au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir fait appel à celle qui sera son modèle. Cette jeune fille, Andrée, apparue dans sa vie comme un miracle, va insuffler au vieil homme une énergie qu’il n’attendait plus. Lorsque son fils Jean, revenu blessé de la guerre, vient passer sa convalescence dans la maison familiale, il découvre à son tour, fasciné, celle qui est devenue l’idole de son père. Dans cet éden méditerranéen, Jean, malgré l’opposition ronchonne du vieux peintre, va aimer celle qui, animée par une volonté désordonnée, insaisissable, fera de lui, jeune officier velléitaire et bancal, un apprenti cinéaste… Le patron Gilles Bourdos aurait choisir Andrée » pour titre, tant il a fait de ce personnage peu connu, la pierre d’angle d’un beau scénario au service d’un film magnifique, aux lectures multiples. Au lieu d’une biographie, dans les règles de l’art, il traite d’une femme laissée pour compte, dont on ne sait presque rien, pourtant essentielle dans la fin de vie du peintre et les débuts de celui qui allait devenir un des réalisateurs phares du cinéma français. Une énigme dont le cinéaste comble les vides par la fiction, avec tact et vraisemblance, au terme de ce qui semble avoir été une enquête approfondie. Entièrement situé dans la propriété provençale et familiale des Collettes, reconstituée dans le Var le domaine étant aujourd’hui consacré à un musée dédié au peintre, Renoir » est presque un huis-clos, entre trois personnages entourés d’un aréopage de domestiques, toutes des femmes, toutes dévouées à satisfaire le patron », tel qu’elles nomment Renoir, son fils, Jean, faisant de même. Il ressort de ce cadre, la transmission de liens ténus entre les protagonistes de ce petit monde, tous désireux de satisfaire le maître des lieux, baignés d’atmosphères solaires et pastorales et évocatrices d’un Eden mythologique en phase de disparaître. Indépendante, belle et piquante, Andrée va bousculer l’ordre établi, comme annonciatrice de la fin d’un temps pour un autre. Elle n’en n’est que plus vitale aux yeux du peintre. Muse Gilles Bourdos ne voyait personne d’autre que Michel Bouquet pour incarner le peintre à l’écran. Grand bien soit-il ! Il est parfait dans cette évocation de l’homme bougon, mais tendre, entièrement voué à son art de la couleur qui l'a identifié comme peintre du bonheur ». Cette évocation passe pour beaucoup par la femme, sujet dominant de son oeuvre, et dont il fut éperdument amoureux. De son épouse comme de ses modèles, voire de ses domestiques qui passaient allègrement de l’une à l’autre… Inquiet de l’émergence de temps nouveaux, avec la Première Guerre mondiale, Renoir projette son inquiétude sur l’avenir de ses enfants, en l’occurrence Jean, sans vocation aucune, réfugié dans une carrière militaire de circonstance. Andrée va changer tout cela. Tout comme Bouquet est Renoir, Christa Theret est au diapason du personnage d’Andrée. Son physique est en phase avec les canons de l’époque, et son aisance devant la caméra renvoie à la désinvolture et l’assurance du personnage, à la langue bien pendue. Elle deviendra un enjeu entre le vieux peintre et le jeune officier qu’est encore Jean, et même Coco Claude, le cadet des trois fils Renoir. A l’image du film, Andrée est solaire, source de vie, une muse faite chair. Troublante, audacieuse et en avance sur son temps, elle se révèle le vecteur d’une filiation entre peinture et cinéma. De muse pour le peintre, elle va devenir celle du futur cinéaste. Renoir » s’avère de fait une magnifique métaphore du rapport entre peinture et cinéma, du passage de l’une à l’autre, comme se transmettraient les gènes d’un père à son fils. Avec la femme inspiratrice au cœur. Jean Renoir, deuxième fils du grand peintre Pierre-Auguste Renoir, fut l'un des cinéastes les plus influents du XXe siècle et même, selon
Un extrait du livre sur le peintre Pierre-Auguste Renoir, mon père » écrit par son fils, Jean Renoir, le cinéaste. Jean Renoir parle de son enfance au collègue et de la relation avec ses camarades de classe. Un extrait qui me réconforte dans ma façon de voir les choses ! Une autre différence qui me séparait de mes condisciples était leur attitude devant les questions sexuelles. La vue de photographies représentant des femmes nues les plongeait dans un état d’excitation incompréhensible pour moi. Ils se les passaient en cachette, s’enfermaient dans les cabinets pour les contempler longuement. Certains se masturbaient furieusement devant ces représentations d’un paradis bien terrestre mais encore lointain. Les bons pères ajoutaient à l’intérêt de ces images en les pourchassant, les confisquant et en punissant leurs détenteurs. Je ne savais que penser. Depuis ma naissance je voyais mon père peindre des femmes nues, et pour moi cette nudité était un état tout naturel. Mon indifférence me valut une réputation de blasé absolument imméritée du fait que le mystère n’existait pas pour moi. J’avais su très jeune que les enfants ne naissent pas dans les choux. J’étais d’une innocence stupéfiante. »
Sonpère, Ernest Ferdinand Pire, et son fils, Ferdinand Pire, sont également peintres. Son père était également photographe et cinéaste. Sa petite-fille, Danaë Pire, pratique la technique de la peinture sous verre. Œuvres. Ses œuvres sont exposées dans les musées suivants : Musée royal de l'Afrique centrale

Codycross est un jeu mobile dont l'objectif est de trouver tous les mots d'une grille. Pour cela, vous ne disposez que des définitions de chaque mot. Certaines lettres peuvent parfois être présentes pour le mot à deviner. Sur Astuces-Jeux, nous vous proposons de découvrir la solution complète de Codycross. Voici le mot à trouver pour la définition "Le père était peintre, le fils cinéaste" groupe 71 – grille n°3 renoir Une fois ce nouveau mot deviné, vous pouvez retrouver la solution des autres mots se trouvant dans la même grille en cliquant ici. Sinon, vous pouvez vous rendre sur la page sommaire de Codycross pour retrouver la solution complète du jeu. 👍

Lexposition « Renoir Renoir » place en miroir père et fils. Connue bien au-delà des frontières de son pays, la journaliste turque Sedef Kabas a été arrêtée et placée en Au musée d’Orsay, l’exposition Renoir père et fils – Peinture et cinéma », du 6 novembre 2018 au 27 janvier 2019, nous présente, en huit sections, l’influence qu’a eu le peintre Auguste Renoir sur son fils le cinéaste. Lui-même ne déclarait-il pas J’ai passé ma vie à tenter de déterminer l’influence de mon père sur moi. » Nous pouvons voir de nombreux extraits de films de Jean Renoir où sont mis en rapport des toiles de son père et de ses amis artistes. Sont présentés également des dessins, des céramiques, des photographies, des costumes scéniques, des affiches, des manuscrits, des entretiens télévisés. Se livrer à la comparaison de deux artistes pour montrer les similitudes de leurs œuvres est un exercice délicat. Parfois on en vient à forcer le trait pour atteindre son objectif en notant des liens imaginaires. En ce qui concerne l’exposition Renoir père et fils », cette mise en relation est plus que justifiée tant de nombreux films de Jean Renoir 1894-1979 s’inspirent ouvertement de l’univers de son père, Auguste Renoir 1841-1919, et plus largement de l’impressionnisme et de l’esprit Belle Époque. Cette comparaison est à sens unique, c’est bien le cinéaste qui est comparé au peintre et non l’inverse. En matière artistique, lorsque l’on a un père célèbre, il convient d’éviter d’embrasser la même spécialité. Ainsi Jean s’est fait un nom en devenant un des plus grands cinéastes, alors qu’Auguste est un des plus célèbres peintres dans leur genre, ils sont des maîtres. Pourtant, Jean Renoir, initié par son père, a pratiqué professionnellement dans sa jeunesse la céramique dont l’exposition nous présente quelques exemplaires, des pots, coupes et vases aux couleurs fauves. Cependant, le fils ne se sentait pas légitime à devenir lui-même un artiste, car il devinait que la céramique ne serait qu’une étape avant de s’orienter vers la peinture, discipline déjà occupée par son génie de père, et, c’est pourquoi, il se tourna vers le cinéma, considéré alors comme un artisanat. En effet, le cinéma, dans les années 1920, était méprisé par l’intelligentsia, dans la mesure où les films étaient projetés dans des baraques foraines. C’est en 1915, lors d’une convalescence, à la suite d’une blessure de guerre, qu’il découvrit le cinéma et, par la même occasion, Charles Chaplin, figure décisive dans son désir de pratiquer cette activité. En se mariant, en 1920, avec Andrée Heuschling, le dernier modèle de son père, Jean Renoir note dans ses mémoires Ma vie, mes films 1974 Je n’ai mis les pieds dans le cinéma que dans l’espoir de faire de ma femme une vedette ». En effet, Catherine Hessling, son nom de scène à consonance anglo-saxonne, avait une fascination pour le cinéma américain et ses stars sophistiquées comme Gloria Swanson ou Mary Pickford. C’est pourquoi, Jean la mit en scène dans cinq films muets, à forte tendance expressionniste, dont le plus notable est Nana d’après Émile Zola. Tous ces films ne connurent aucun succès et lui coûtèrent de nombreux tableaux, une façon de financer ses danseuses que représentaient sa femme et le cinéma. Il dut attendre le début des années 1930, et le cinéma parlant, pour tourner des œuvres significatives qui allaient rencontrer un public élargi et une critique favorable, comme La Chienne 1931 et Boudu sauvé des eaux 1932, films tournés sans Catherine Hessling qui sortit ainsi par la petite porte de la vie de Renoir. Le père admiré Parmi les photos représentant Jean Renoir dans ses différents lieux de vie, nous remarquons fréquemment en arrière-fond des tableaux de son père. Malgré le fait qu’il ait mis sur le marché une grande partie des toiles de son père, dans les années 1920, il en conserva un certain nombre, mais aussi, après 1945, racheta des petits formats, les plus accessibles, dont il s’était dessaisi à regret. En revanche, le grand portrait Jean en chasseur 1910 – venu tout droit du musée d’art du comté de Los Angeles – qui représente Jean Renoir à 14 ans, fusil à la main, avec son chien à ses pieds, il ne s’en sépara jamais. En parcourant les salles, nous prenons conscience que Jean Renoir fut plongé dès son enfance dans l’environnement de la peinture, posant pour son père et côtoyant les amis peintres de ce dernier. Il éprouvait une telle admiration pour son père que celui-ci eut une influence durable sur le travail de son fils. Dans un entretien aux Cahiers du cinéma en 1979, le cinéaste ne déclarait-il pas Si certains passages et certains costumes peuvent rappeler les tableaux de mon père, c’est pour deux raisons d’abord parce que cela se passe à une époque et dans des lieux où mon père a beaucoup travaillé, à l’époque de sa jeunesse ; ensuite c’est parce que je suis le fils de mon père et qu’on est forcément influencé par ses parents. » Inspiré par la peinture La première salle est consacrée à Partie de campagne, probablement le film le plus emblématique du rapport du cinéaste avec l’univers de son père. Adapté d’une nouvelle de Guy de Maupassant et tourné à l’été 1936, le film inachevé, en raison, entre autres, de problèmes financiers et météorologiques, ne sortira sur les écrans qu’en 1946. Le tournage se déroule sur les rives du Loing, à l’endroit même où Auguste, vers 1860, peignait sur motif avec ses amis Claude Monet, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. Dans Partie de campagne, Jean rend hommage à la nature et aux toiles de son père. Les roseaux pliés sous le vent semblent sortir de la toile d’Auguste La Seine à Champrosay 1876 ; la fameuse scène de balançoire dans le film, jouée par Sylvie Bataille, est une citation explicite du tableau La Balançoire 1876. Bien qu’il manque un élément de taille – qui est la couleur – pour restituer l’esthétique impressionniste, le film en noir et blanc y réussit tout de même à travers les costumes, les décors naturels, l’intensité des sensations captées par la caméra, les jeux de lumière, les effets d’ombre. Les promenades dans les herbes du couple Henriette et Henri, joué par Sylvia Bataille et Georges d’Arnoux, renvoient à la toile Chemin montant dans les hautes herbes 1875. D’autres films font écho aux lieux chargés de souvenirs du père et du fils. D’abord c’est le Montmartre de la fin du xixe siècle où Jean vécut ses premières années. Dans un entretien que l’on peut écouter dans l’exposition, le cinéaste se remémore le Montmartre de son enfance comme un pays de castes où une caste ne se mélange pas avec une autre caste. Dans French Cancan 1955, Jean Renoir évoque les débuts du célèbre cabaret le Moulin-Rouge, afin de rendre hommage au monde du spectacle et, par conséquent, au cinéma. A cette occasion, il s’inspira des tableaux de son père comme le Bal du moulin de la galette » 1876, mais aussi des autres artistes de cette époque, notamment Toulouse-Lautrec et l’affichiste Jules Chéret. Paysages méditerranéens L’autre lieu partagé par les Renoir était Cagnes-sur-Mer où la famille possédait le domaine des Collettes qui servira de décor au Déjeuner sur l’herbe 1959. Dans ce film, Jean Renoir rend hommage une nouvelle fois à son père en essayant d’exprimer la vivacité des couleurs et des personnages. La jupe rouge et le corsage blanc de Nénette Catherine Rouvel évoquent la toile d’Auguste Renoir peint en 1910-1912 Le Grand Arbre. Femme au corsage rouge dans le jardin de Cagnes. Alors que Partie de campagne était en noir et blanc, mais réussissait malgré tout à suggérer la couleur, le Déjeuner sur l’herbe est tourné en Technicolor, procédé qui créé des couleurs chatoyantes et saturées. La plupart du film est tournée en extérieur – comme les impressionnistes qui peignaient sur le motif – et s’attarde sur les oliviers centenaires, que peignait son père à la fin de sa vie, la beauté des paysages méditerranéens, les herbes aquatiques qui s’agitent dans le courant de la rivière et la sensualité de Nénette, une baigneuse qui aurait pu sortir d’une des toiles d’Auguste. Jean Renoir a suivi lors de sa carrière un des conseils de son père Il faut se laisser aller dans la vie comme un bouchon dans le courant d’un ruisseau », c’est pourquoi ses films, conçus en fonction de rencontres et de circonstances, appartiennent à des registres et à des genres différents qui mettent en avant ses incertitudes quant à la conduite à tenir en art comme dans la vie. Ceci est à raccorder à la fameuse phrase de La Règle du jeu 1939 prononcée par Octave, un artiste raté pique-assiette personnage joué par le cinéaste lui-même Le plus terrible dans ce monde c’est que chacun a ses raisons ». Didier Saillier Janvier 2019 Photo Photogramme du Déjeuner sur l’herbe 1959 de Jean Renoir, avec Catherine Rouvel. TOP10 des citations père et fils (de célébrités, de films ou d'internautes) et proverbes père et fils classés par auteur, thématique, nationalité et par culture. Retrouvez + de 100 000 citations avec les meilleures phrases père et fils, les plus grandes maximes père et fils, les plus belles pensées père et fils provenant d'extraits de livres, magazines, discours ou d'interviews
Archives Le réalisateur est mort samedi 11 janvier à Paris, à l'âge de 77 ans. De "L'Enfance nue" au "Garçu", en passant par "A nos amours" ou "Van Gogh", son œuvre, jalonnée de projets inaboutis, constitue l'un des ensembles majeurs du cinéma moderne et aura marqué des générations de cinéastes. Article réservé aux abonnés Maurice Pialat est mort samedi 11 janvier à Paris, des suites d'une insuffisance rénale. Il était âgé de 77 ans. Il était né le 31 août 1925, dans le bourg de Cunhlat Puy-de-Dôme. Quelle importance, ces méticulosités d'état civil, pour évoquer l'incandescence et les embardées de ses images ? L'œuvre de Maurice Pialat constitue l'un des événements majeurs du cinéma moderne. La manière de faire de l'auteur de L'Enfance nue et Passe ton bac d'abord a marqué durablement des générations de réalisateurs, Loulou, A nos amours, Sous le soleil de Satan, Van Gogh font partie des événements artistiques du dernier quart du XXe siècle. Le lieu et la date importent beaucoup. Fils d'un marchand de bois, vin et charbon ruiné, son enfance sera entre banlieue parisienne et village natal, pauvreté âpre au gain et conflits de famille. Il y a la réalité, pas rose, et les images qui s'en réfracteront ensuite, dans l'œuvre le père buveur et coureur, la mère accrochée à son homme au détriment du fils, la honte de la faillite... Le futur auteur d'un chef-d'œuvre méconnu intitulé La Maison des bois, un des plus grands films consacrés à l'enfance jamais réalisé, aura grandi avec toujours un toit, mais sans "maison", au sens fort du terme. "Mauvais sujet", comme on dit, le jeune Maurice a une vocation, ferme et claire il veut devenir peintre. Il sera cinéaste. C'est là qu'il faut prêter attention à la date de naissance. A la fin des années 1950, il arrive au cinéma français l'événement peut-être le plus important de son histoire la nouvelle vague. Tout alors, et plus encore rétrospectivement, prouve que Pialat aurait dû en être un des protagonistes. Il ne le sera pas. En 1959, quand sortent Les 400 Coups et Hiroshima, mon amour, il a pourtant déjà réalisé, en amateur, cinq courts métrages en 16 mm Isabelle aux Dombes, Riviera di Brenta, Congrès eucharistique diocésain, Drôles de bobines, L'Ombre familière. Les deux suivants - un extraordinaire document autobiographique intitulé L'amour existe 1960 et Janine 1962, une admirable variation sentimentale et ironique - le situent en parfait synchronisme, dans le temps et dans l'esprit, avec le travail de cinéastes comme Chris Marker, Claude Chabrol, Agnès Varda ou Jacques Rozier. Mais il devra attendre 1969 pour réaliser son premier long métrage. Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
Certaineslettres peuvent parfois être présentes pour le mot à deviner. Sur Astuces-Jeux, nous vous proposons de découvrir la solution complète de Codycross. Voici le mot à trouver pour la définition "Le père était peintre, le fils cinéaste" (groupe 71 – grille n°3) : r e n o i r. Une fois ce nouveau mot deviné, vous pouvez retrouver la solution des autres mots se trouvant dans Pour qui ? Les amoureux d’images d’ quoi ? La Belle Époque à la campagne. Le Musée d’Orsay dresse le portrait d’art d’une dynastie française les Renoir. Le père, Pierre-Auguste, était un célèbre peintre impressionniste, plus porté visage que paysage. Le fils, Jean, l’un des plus grands cinéastes de tous les temps La Grande Illusion et La Règle du jeu entre autres chefs-dœuvre. Une vraie famille en or comme dirait Dechavanne. Créer des ponts motivés entre peinture et cinéma n'est pas si simple, et cette exposition a le mérite de s’y frotter brillamment. On parcourt les chambres du musée comme les couloirs d’une maison où seraient accrochés les tableaux et les photos des uns et des autres. Les extraits de film existent là, à côté des toiles, et nous montrent les héritages. "J’ai passé ma vie à tenter de déterminer l’influence de mon père" disait le réalisateur. Par ce dispositif, on découvre ce qu’il reste de peinture dans le cinéma de Jean. Notamment dans ses Parties de campagnes ou son Déjeuner sur l’herbe, vrai film en couleur qui lui permet de poursuivre son travail de mémoire. On comprend alors les hommages et les résistances. Tout le jeu savoureux des influences. Les thèmes partagés se dessinent ainsi sans forcer. D’un côté, cet amour démesuré pour le corps féminin la première femme du fils était d’ailleurs l’un des modèles du père. De l’autre, le besoin des environnements extérieurs et des gens. Ainsi, la maison familiale dans l’Aube et sa campagne seront les lieux de toutes les expérimentations et formes. Des intimités de chaumière, qui montrent parfaitement comment l’un et l’autre se racontaient, se comprenaient et s’aimaient. Lessolutions pour PEINTRE ET CINÉASTE de mots fléchés et mots croisés. Découvrez les bonnes réponses, synonymes et autres mots utiles. Outils Utiles . Wordle Mots Croisés Générateur d'Anagrammes Crée des mots avec les lettres que tu as à ta disposition Répondre Classement. Codycross; Définitions du Jour; Les plus recherchés. Ringard De Boulanger 10 "400 tableaux ont été volés à mon grand-père, raconte Anne Sinclair. [...] Une soixantaine d'oeuvres n'ont jamais été retrouvées." H. BOUTET POUR L'EXPRESS Il fait trop chaud pour la séance photo. Anne Sinclair préfère attendre un peu - "Ça ne vous ennuie pas?" Sa maquilleuse va arriver, "juste pour une ou deux retouches..." Elle est belle pourtant, malgré la chaleur, malgré une longue journée, cette femme de plus de 60 ans, choyée puis rudoyée par la vie, et qui vous accueille dans les salons du Pavillon de la Reine, un hôtel parisien avec jardin où elle donne souvent rendez-vous. Dans quelques jours, Anne Sinclair sera à Liège, en Belgique, pour inaugurer au musée de La Boverie une exposition consacrée à Paul Rosenberg. Il fut l'un des plus grands marchands d'art français de l'entre-deux- guerres, ami intime d'Henri Matisse et de Pablo Picasso - qu'il appelait "Pic" -, spolié par les nazis, réfugié aux Etats-Unis pour fuir les persécutions antijuives. Paul Rosenberg était le grand-père d'Anne Sinclair. Elle lui a consacré un livre, 21, rue La Boétie Grasset, qui a donné son nom à l'exposition. Le projet, porté par la société belge spécialisée dans la conception d'événements artistiques Tempora, a demandé presque trois ans de travail. Un jour, Elie Barnavi, historien, "un vieux copain", ancien ambassadeur d'Israël en France, évoque cette idée d'une exposition avec Anne Sinclair. "Je lui ai répondu 'Vous êtes malades! C'est infaisable.' Et puis c'est arrivé, un hommage magnifique." Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement Pour la première fois, dit-elle, une exposition évoque à la fois l'art et l'Histoire "Mon grand-père a été au carrefour des deux, d'une part comme marchand, au contact des peintres les plus modernes entre 1910 et 1940, d'autre part comme témoin de ce que le XXe siècle a connu de plus tragique, la Shoah. Très vite après leur arrivée à Paris, en 1940, les nazis débarquent rue La Boétie pour arrêter toute ma famille..." Depuis 1937, Paul Rosenberg a son nom sur leur liste noire il lutte contre le gouvernement allemand, qui vend aux enchères les oeuvres des artistes jugés "dégénérés". "Pas un sou au Reich!" défend-il; son propos devient le mot d'ordre d'un petit groupe qui préfère renoncer à des chefs-d'oeuvre que les acquérir dans ces conditions. Sur la piste des oeuvres voléesSoixante-seize ans plus tard, Anne Sinclair, jouant avec les perles d'un long sautoir couleur turquoise, évoque l'exil à Floirac, près de Bordeaux, l'urgence du départ, les tableaux abandonnés rue La Boétie, ceux que Paul emporte avec lui et ceux qu'il dépose dans un coffre-fort de la Banque nationale pour le commerce et l'industrie de Libourne. "Le coffre a été fracturé, la galerie vidée... Tout ce qui était resté en France a été pillé, à la fois par les nazis et par les Français, qui ont prêté la main. L'ironie macabre de l'Histoire, souligne-t-elle, c'est que le 21, rue La Boétie devient le siège de l'Institut d'étude des questions juives, un organe de propagande antisémite qui dépend directement de la Gestapo..." LIRE AUSSI >> Les tableaux orphelins spoliés par les nazis L'exposition de Liège raconte tout cela la vindicte du Reich contre "l'art dégénéré", le pillage de la culture européenne, la rationalisation du système. "Pour la première fois, insiste Anne Sinclair, on peut suivre le parcours d'une oeuvre volée, puis cachée, puis revendue sous le manteau, parfois acquise en toute bonne foi par des gens qui n'avaient pas conscience d'acheter un bien exproprié; c'est comme ça qu'un musée norvégien s'est retrouvé en possession d'une toile de Matisse [Robe bleue dans un fauteuil ocre] acquise de manière parfaitement légale, mais qui se trouve avoir été volée à mon grand-père, et qu'il a fallu restituer." A la fin de la guerre, Alexandre Rosenberg, le fils de Paul, qui conduit un char dans la 2e DB du général Leclerc, intercepte l'un des derniers trains en partance pour l'Allemagne. A bord, au milieu de 148 caisses de chefs-d'oeuvre, des toiles qui appartiennent à son père... Le cinéaste américain John Frankenheimer en a fait un film, Le Train, avec Burt Lancaster - "un navet intégral!" s'amuse Anne Sinclair. Un extrait est projeté au cours de l'exposition, entre les peintures, les photos, les lettres, aussi, notamment les courriers d'un homme acharné à retrouver ce qui lui a été dérobé et qui s'adresse aux artistes pour leur demander de confirmer l'achat de telle ou telle toile.   "400 tableaux ont été volés à mon grand-père, résume Anne Sinclair. Lui-même en a récupéré beaucoup, mais il en reste une soixantaine qui n'ont jamais été retrouvés." Certains réapparaissent au hasard de l'actualité en 2011, la police allemande découvre des centaines de toiles acquises pendant la guerre au domicile de Cornelius Gurlitt, fils d'un marchand d'art de l'Allemagne nazie. Parmi elles, un Matisse, Femme assise, propriété de Paul Rosenberg, finalement restitué à sa famille. Aujourd'hui, la toile est exposée à La Boverie, à Liège. Aux Etats-Unis, Paul Rosenberg ne savait pas ce qui se passait en FranceExposé, aussi, le Portrait de madame Rosenberg et sa fille Micheline la grand-mère et la mère d'Anne Sinclair, peint par Picasso, donné au musée qui porte son nom après le décès de Micheline Rosenberg-Sinclair et que Hermann Goering, l'une des figures emblématiques du IIIe Reich, accrocha chez lui après l'avoir récupéré au musée du Jeu de Paume, à Paris. "Sur l'un des murs de l'exposition, raconte Anne Sinclair, il y a d'ailleurs une immense photo de la salle où étaient entreposées toutes les toiles volées. On y voit des peintures qui viennent directement de la galerie de mon grand-père, alors que lui, aux Etats-Unis, n'a aucune idée de ce qui se passe en France. C'est violent, non?" Paul Rosenberg, déchu de sa nationalité par le gouvernement de Vichy, apatride le temps de la guerre, redevient français à la Libération, mais décide de rester aux Etats-Unis, même s'il ne demandera jamais la nationalité américaine. Il ouvre une galerie à New York, Paul Rosenberg & Co., "pi-ar-enco", prononce Anne Sinclair, souvenir des initiales énoncées en anglais. "De nouveau, dit-elle, mon grand-père est à la fois acteur et témoin du déplacement du marché de l'art européen, du franchissement de l'Atlantique. Il l'a même anticipé, puisqu'il fait ses premiers voyages pour 'évangéliser' les Etats-Unis dès les années 1920. La suite, c'est le départ forcé, la traque..." S'il n'a jamais plus ouvert de galerie en France, Paul Rosenberg a beaucoup donné aux musées français. Qui prêtent aujourd'hui un certain nombre des tableaux exposés à La Boverie Beaubourg, Orsay, Picasso... Les autres viennent de prestigieux musées internationaux - de Berlin, de Philadelphie, de Washington, de Vienne, du MoMA, à New York - et de grandes collections privées, comme celle de David Nahmad; il possède l'une des plus belles collections de Picasso au monde. "J'aurais pu faire ce travail plus tôt, mais ce n'était pas mon truc"Anne Sinclair se définit comme l'"accompagnatrice" de cette exposition. "Tempora a fait tout le travail de recherche identifier et retrouver un peu partout les oeuvres qui avaient appartenu à mon grand-père." Pourquoi Liège? "Ce n'est pas anodin, confirme-t-elle. Le musée de Liège, dans un souci de protection du patrimoine, a acheté des tableaux aux nazis lors de de la fameuse vente de Lucerne, organisée en 1939, pour brader ce qui était considéré à l'époque en Allemagne comme de 'l'art dégénéré'; je vous rappelle que ça allait de Van Gogh aux impressionnistes! C'est la seule partie de l'exposition qui ne concerne pas directement des toiles ayant appartenu à mon grand-père, mais qui a une vocation pédagogique - revenir sur la conception que les nazis avaient de la peinture, et sur ce que ça a provoqué en Europe. Quand l'histoire de l'art cogne avec l'Histoire réelle..." "L'art et la culture permettent de résister à la sauvagerie, à la destruction, aux emballements de tous ordres", soutient Anne PlatiauLongtemps, Anne Sinclair s'est désintéressée de la saga familiale, au grand désespoir de sa mère "J'aurais pu faire ce travail de recherche [pour son livre] plus tôt, mais ce n'était pas mon truc. Je voulais être journaliste, la vie publique me passionnait bien plus que les archives!" D'autant qu'elle n'a pas bien connu son grand-père, mort quand elle avait 11 ans. "Pourtant, moi qui ai peu de mémoire, je me souviens très bien de cet homme très maigre... Je le revois, dans la voiture, alors qu'il m'emmenait visiter les galeries lorsqu'il était à Paris, après avoir beaucoup réfléchi, dire d'un coup 'C'est un faux!' Il avait un oeil très sûr." Pas son truc, donc, le passé, jusqu'au jour où un fonctionnaire zélé demande à cette journaliste reconnue, ex-star du petit écran, à l'époque femme de Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du Fonds monétaire international, de justifier de la nationalité de ses quatre grands-parents pour refaire sa carte d'identité. "Là, se souvient-elle... Le choc! Cette question d'identité m'est devenue très chère." Elle fait le lien entre l'exposition de Liège, qui sera à Paris au printemps, et l'actualité "Ça montre comment l'art et la culture permettent de résister à la sauvagerie, à la destruction, aux emballements de tous ordres et aux dérives de toute nature. L'instrumentalisation actuelle du thème de l'identité me terrifie." Aujourd'hui, Anne Sinclair aspire à une vie "calme et sereine", après avoir connu, ajoute-t-elle comme une évidence, "un certain nombre de tourments". Il y a quelques mois, Manuel Valls lui a proposé d'entrer au gouvernement; elle a refusé "Je ne suis pas une femme politique." Elle hésite, cherche la meilleure façon de formuler ce qu'elle a en tête "J'ai été... sincèrement émue qu'on me le propose." Conclut "Mais ce n'est pas moi. Pas moi du tout." Et elle fait un noeud à son sautoir bleu. Élise Karlin Les plus lus OpinionsLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles PialouxLa chronique de Pierre AssoulinePierre Assouline Josephpatron des travailleurs, ou comment le père a remplacé le fils. Saint Joseph fait partie des quelques rares saints à avoir deux fêtes au calendrier: le 19 mars, qui est sa fête principale, et le 1er mai où les catholiques sont invités à contempler le travailleur Joseph. L’histoire de l’institution de cette fête en 1955 est

/ Carrefour des arts / Le peintre et l’académicien, Renoir et Rouart Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, évoque Pierre-Auguste Renoir Publié le 27 septembre 2009 Jean-Marie Rouart évoque dans son livre Une Jeunesse à l’Ombre de la Lumière ses souvenirs d’enfance avec le peintre Renoir qui a réalisé cinq portraits de sa grand-mère Christine Lerolle. Rencontre avec l’académicien à son domicile qui nous invite dans un cercle d’amis fous de peinture, de littérature et de musique."Dans mon livre Une Jeunesse à l’Ombre de la Lumière, j’ai évoqué mes souvenirs d’enfance au sein de la gens-Manet-Morisot-Rouart et de ses chers amis peintres, Degas et Renoir. Renoir fut un des tuteurs de Julie Manet à la mort de sa mère, Berthe Morisot. Ces fous de peinture ne parlaient que de leur passion commune. Ils s’aimaient et ils aimaient l’élévation en général. La musique et la littérature les attiraient beaucoup aussi. Ernest Chausson et Paul Valéry étaient apparentés à cette famille de génies et Debussy et Mallarmé très proches par le cœur. Pierre-Auguste Renoir Vers 1890-1891 Los Angeles, Los Angeles Museum of Art Josse \/ Leemage Renoir a peint cinq portraits de ma grand-mère Christine Lerolle, jouant du piano ou lisant ou encore brodant, seule ou avec sa sœur, – ces sont ces tableaux-là qui ouvrent l’exposition actuelle du Grand Palais été 2009.Renoir aimait les jeunes filles des familles raffinées des artistes qui lui rappelaient l’aristocratie du XVIIIe siècle. Comme Proust, il était fasciné par l’aristocratie et il n’aimait pas la bourgeoisie du XIXe siècle, un peu obtuse, qui ne s’intéressait pas à l’art. Il adorait le peuple, dont il était issu, comme sa femme. J’ai connu un de ses derniers modèles, Georgette Pigeot, qui était la couturière de ma mère. Elle nous racontait les séances de pose avec la bonhomie, parfois même les gauloiseries, du maître qui aimait la simplicité, le naturel et fuyait le snobisme mondain. Il était un peu sauvage, comme le sont bien souvent les artistes. Degas, lui, était presque misanthrope. J’ai beaucoup apprécié Jean, son fils, le cinéaste. Il a choisi un art complètement différent de la peinture, mais, comme son père il s’est penché sur les plaisirs des traditions populaires en ciblant le naturel du peuple. Il fut fidèle à son père d’une part par sa gentillesse et son côté extraordinairement humain et d’autre part par sa conception de la société. Ce sont les mêmes thèmes qui transparaissent sur l’écran et… avec aussi une touche impressionniste ! Moi, j’ai essayé d’échapper à la destinée mono-maniaque de la famille par l’écriture. Mais je ne peux m’empêcher de replonger parmi ce monde enchanté des génies familiaux. J’ai voulu raconter cet heureux hasard qui m’a fait naître dans un cercle familial si particulier et si n’en tire aucune gloire personnelle, seulement le besoin d’exister par moi-même. Et ma chance fut d’être un écrivain. » Musée d’Orsay, Paris RMN \/ Hervé Lewandowski Cela peut vous intéresser

Renoirde père en fils. Auguste Renoir né le 25 février 1841. Il y a le peintre, Auguste Renoir et puis son fils, le cinéaste Jean Renoir. Tous deux ont révolutionné leur art respectif. Retrouvons Jean Renoir évoquer ce père original et talentueux, à travers quelques anecdotes sur sa vie personnelles et son oeuvre. Par la rédaction de

Culture Sergio Leone, cinéaste "expérimental et populaire", célébré à la Cinémathèque © AFP/ALAIN JOCARD Longtemps boudé par la critique de son vivant, le réalisateur italien du "Bon, la brute et le truand" et de "Il était une fois en Amérique", Sergio Leone, est à l'honneur à la Cinémathèque française, qui lui consacre une grande exposition à partir de mercredi. Présentée à Paris jusqu'au 27 janvier, avant Rome, l'exposition "Il était une fois Sergio Leone" rassemble des extraits de films, photos, scénarios, maquettes de décors, dessins, costumes - dont le célèbre poncho de Clint Eastwood dans la "trilogie du dollar" - ou objets ayant appartenu à ce cinéaste "à la fois expérimental et populaire", selon le directeur de la Cinémathèque française Frédéric Bonnaud. Considéré comme le père du western spaghetti, Sergio Leone "est le +Et+ entre deux adjectifs qui ont l'air opposés, c'est l'oxymore permanent, c'est un cinéaste du trivial et en même temps de la majesté lyrique", a-t-il poursuivi, lors d'une conférence de presse. Le réalisateur italien, décédé en 1989, a "cette incroyable capacité à mettre ensemble des opposés. La richesse de son cinéma vient de là", a renchéri le commissaire de l'exposition Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne, pour qui Sergio Leone est "le premier metteur en scène post-moderne". L'exposition commence par l'enfance et la jeunesse du cinéaste, fils du réalisateur italien Roberto Roberti Vincenzo Leone de son vrai nom et de l'actrice Bice Waleran Edvige Valcarenghi, et revient aux sources d'inspiration de cet homme de culture, dont l'oeuvre est influencée par les films de John Ford mais aussi de Charlie Chaplin ou Akira Kurosawa, par le théâtre de Goldoni, les personnages de Cervantes et Homère, par la peinture de Degas, Hopper ou De Chirico. Elle montre ensuite comment Sergio Leone a transformé les codes du western à travers une révolution à la fois narrative, visuelle et sonore. Elle décortique le processus de fabrication de ses oeuvres, de "Pour une poignée de dollars" 1964 à "Il était une fois en Amérique" 1984, sans oublier de consacrer une salle au célèbre compositeur des musiques de ses films, Ennio Morricone. S'il n'a "jamais eu de consécration internationale" de son vivant, Sergio Leone, "l'un des cinéastes les plus aimés par le public d'hier et d'aujourd'hui" et "vénéré" par des réalisateurs contemporains tels que Martin Scorsese et Quentin Tarantino, "nous a laissé un héritage créatif dont on commence seulement à comprendre la portée", estime Gian Luca Farinelli. L'exposition sera accompagnée par une rétrospective de son oeuvre, ainsi que par une masterclass d'Ennio Morricone le 22 novembre, la veille d'un concert à Bercy. 08/10/2018 172017 - Paris AFP - © 2018 AFP Je m'abonne Tous les contenus du Point en illimité Vous lisez actuellement Sergio Leone, cinéaste "expérimental et populaire", célébré à la Cinémathèque

Plongeuret cinéaste au sein de l’équipage de la Calypso, André Laban était aussi un peintre très inspiré par le bleu. AFP/Rémy Gabalda . 0. Les mythes grecs dans le cinéma de Pier Paolo Pasolini. Qu’on ne tente pas de nous ôter notre foi dans une renaissance prochaine de l’antiquité grecque. » Dans Naissance de la tragédie, Nietzsche Introduction Le 20e siècle aura été le théâtre de cette renaissance qu’entrevoyait et qu’espérait Nietzsche celle de la tragédie grecque et des mythes qu’elle met en scène. Les poètes et écrivains modernes ont su reprendre à leur compte cette matière mythologique afin qu’elle se fasse l’écho de nos préoccupations et nous éclaire. Mais qu’entend-t-on par mythe ? Etymologiquement, il est une fable. Une fable intimement liée au religieux, au sacré puisqu’il s’agit de récits d’êtres surhumains ou de faits extraordinaires mais qui revêtent une valeur symbolique. Le mythe pose et cherche à résoudre des questionnements philosophiques, existentiels. La véritable histoire y est très souvent transposée comme pour la mesurer à l’aune d’une éternité légendaire. Chez Lévi-Strauss le mythe est, au même titre que la science, un accès à la connaissance Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l’œuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l’homme a toujours pensé aussi bien. » Anthropologie structurale, page 254, Presses Pocket Agora, Paris, 1985. C’est le caractère universel et intemporel du mythe qui lui confère cette dimension exemplaire. Il s’apparente aussi à une sorte de rêve collectif de l’humanité, en cela il constitue à la fois une sorte de projection des structures psychiques qui nous habitent et un lieu de structuration sociétale et culturelle. L’intérêt renouvelé pour la tragédie et les mythes grecs tient à cette intemporalité. C’est à la faveur de deux nouvelles lectures majeures et éclairantes que leur exemplarité s’est faite jour. D’un point de vue strictement chronologique la première est celle de Nietzsche dans son ouvrage La Naissance de la Tragédie parue en 1872. Il y expose les principes fondateurs de la tragédie grecque que sont le principe apollinien associé à la sculpture et le principe dionysiaque qui est l’art de la musique. Tous deux s’opposent dans une lutte féconde. Il y met également en exergue le réconfort métaphysique » Dans Naissance de la tragédie, Nietzsche, Gallimard, Paris, 2000 apporté par la tragédie grecque en ce qu’elle révèle la part d’éternité des êtres et qu’elle nous arrache momentanément aux tourbillons des formes changeantes » Ibid, elle est une célébration de la vie ». Nietzsche pense nécessaire une renaissance de l’antiquité grecque car elle constitue un véritable espoir de renouveau. Il s’agirait de rompre avec les certitudes et l’esprit scientifique de l’homme théorique issu du socratisme qui marqua la fin de la tragédie hellénique la rationalité socratique triomphant de l’irrationalité mythique. Il prophétise enfin l’avènement prochain d’un Socrate se tournant vers Dionysos le fameux Socrate musicien », qui au seuil de sa mort se tourna vers la musique qu’il avait jusqu’alors dénigrée. Au début du 20e siècle, une lecture différente et, cette fois-ci, psychanalytique des mythes grecs fait son apparition avec notamment le fameux complexe d’Œdipe freudien. Il révèle au grand jour ce que Sophocle avait déjà exprimé sous forme poétique et que la postérité elle-même avait occulté, ne retenant du mythe d’Œdipe que l’écrasant fatum, unique cause des maux du malheureux fils de Laïos et Jocaste. Ce désir de la mère et ce rejet du père, tabous ultimes que Sophocle n’ignorait pas, sont mis à nu par Freud. La psychanalyse montrera aussi le lien étroit existant entre rêve et mythe, ce dernier apparaissant justement comme une sorte de rêve collectif » aux vertus cathartiques. Au sein même du courant psychanalytique Carl Gustav Jung verra en particulier dans le mythe la métaphore de l’inconscient collectif, antérieur même à l’inconscient individuel, empruntant ainsi un chemin différent de celui de Freud. C’est majoritairement la lecture freudienne du mythe qui transparaîtra nettement dans certaines œuvres théâtrales comme par exemple dans l’Oedipe Roi de Anouilh 1978 même si le thème n’y est pas essentiellement le complexe. Cocteau est aussi tributaire de cet héritage freudien notamment dans l’acte IV de la Machine Infernale 1934 qui reprend la pièce de Sophocle et c’est le complexe qui est mis en scène plus que le mythe son adaptation de Sophocle est plus réaliste. Plus largement, et outre l’influence freudienne, le théâtre français des années 30-40 tente de ressusciter la tragédie grecque, en la modernisant pour qu’elle livre un nouvel éclairage sur le présent. Gide aborde ainsi le complexe dans son Œdipe en 1930 mais il l’enrichit d’un questionnement sur l’individu et se demande dans quelle mesure les contraintes de l’éducation et de la famille peuvent s’avérer liberticides. Giraudoux et Anouilh redonnent vie respectivement à Electre et Antigone tandis que Sartre évoque Oreste dans les Mouches en 1943. Plus proche de nous, Bauchau a, dans son Œdipe sur la route 1995, mis l’accent sur le caractère initiatique de la vie d’Oedipe. D’abord banni en tant que criminel et devenu enfin un homme sage, guérisseur et artiste. Le drame moderne renoue donc avec le symbolisme hérité des tragédies grecques. La multiplication des pièces à thèmes mythologiques démontre une méfiance accrue envers cet homme socratique » de plus en plus intelligent mais désacralisé. Toutes ces adaptations estiment que le symbolisme se révèle plus apte à sonder les tréfonds de l’individu. Recueils de poésie et essais ont fleuri de même durant le 20e siècle dans Feux, Marguerite Yourcenar désire montrer le lien intime qui existe entre la vie et le mythe. Camus et H. Michaux se sont tous deux intéressés à Sisyphe, l’un sous forme d’essai le Mythe de Sisyphe, l’autre en poète Les Travaux de Sisyphe la vie dans les plis. Le cinéma s’abreuve des mythes grecs dans un élan similaire. A Bergman de reprendre certaines conceptions nietzschéennes dans Sonate d’Automne dans laquelle il proteste contre l’époque moderne et l’homme socratique qui fait fi de l’âme Du plus élevé au tout dernier, l’homme est tout, comme la vie. L’homme est encore l’image de Dieu, et Dieu est tout, tout, une énergie pleine de force…C’est pourquoi il doit exister d’innombrables réalités, non seulement la réalité que nous percevons avec nos sens émoussés, mais des légions de réalités qui ne cessent de se fondre l’une dans l’autre. […]Il n’y a pas de limites. Ni pour les idées, ni pour les sentiments. » Extrait de Sonate d’Automne Laurence Olivier, de son coté, filmera, sous influence freudienne, un Hamlet amoureux de sa mère. Electre a été adaptée de multiples fois au cinéma tout comme le mythe d’Orphée auquel s’est par exemple intéressé Cocteau dans Le Testament d’Orphée en 1959. Cocteau y interprète son propre rôle en tant que poète abolissant temps et espace, mêlant rêve et réalité au sein d’un monde gouverné par l’esthétique. Mais le cinéaste qui s’est le plus penché sur les mythes grecs est sans conteste Pier-Paolo Pasolini. Il a d’abord été amené par Vittorio Gassman à traduire en italien l’Orestie d’Eschyle afin d’être mise en scène au Teatro Populare Italiano. L’Orestie a agi comme un électrochoc suscitant chez Pasolini un vif intérêt pour la tragédie grecque. Son premier film, Accattone, réalisé en 1961, a déjà des accents helléniques en ce qu’il retrace l’histoire d’une tragédie conjugale inexorablement façonnée par le destin. Son œuvre cinématographique toute entière est empreinte d’un combat acharné contre l’immobilisme et le conservatisme bourgeois. Il exécrait le système néo-capitaliste qui étendait peu à peu son emprise sur l’Italie. D’où sa nostalgie du sacré dans une Italie où régnait la raison pratique et technique. Cette sacralité perdue, Pasolini cherche à la retrouver notamment dans l’antiquité grecque avec ses mythes faits d’irrationnel. Il a bien sûr lu les travaux de Nietzsche, Freud, Jung mais aussi de Lévi-Strauss, de Frazer ou de Mircea Eliade et il est sans nul doute aussi tributaire de cet héritage réflexif à la fois anthropologique et ethnologique sur le mythe. Il l’avoue d’ailleurs lui-même dans Dernières Paroles d’un Impie Quant à la pièce d’Euripide, je me suis limité simplement à en faire quelques citations. Curieusement, cette œuvre repose sur un fondement théorique de l’histoire des religions Frazer, Lévi-Bruhl, des ouvrages d’ethnologie et d’anthropologie modernes. » Dans Dernières Paroles d’un Impie entretiens avec Jean Duflot, page 133, Jean Duflot et Pier-Paolo Pasolini, Paris, 1981 Il est même possible d’évoquer une véritable trilogie antique dans le cinéma de Pasolini avec Oedipo Re tiré de Sophocle en 1967, Medea issu d’Euripide en 1969-70 et Appunti per un Orestia Africana d’après la fameuse trilogie eschyléenne en 1970. Il est vrai que lui-même ne l’a nullement revendiquée d’autant que Carnet de Notes pour une Orestie Africaine n’est qu’un pré film, un travail préparatoire. Pourtant on ne peut occulter une véritable cohérence en ce que les trois films offrent un second souffle cinématographique aux tragédies grecques. Pasolini affiche une ferme volonté de ne pas vouer l’héritage hellénique à la muséification mais de le rendre vivant et édifiant pour le présent. Il veut surtout rendre compte d’un problème qui, selon lui, est de son temps il s’agit de la perte du sens du sacré, de ce qui transcende l’humain. Face au scientisme, à la toute puissante et unique Raison comme appréhension du monde et face à la montée du matérialisme capitaliste, Pasolini met cinématographiquement en œuvre une alternative mystique en ce sens que le mysticisme fait une grande place au religieux et plus généralement à l’intuition. Les mythes sont le moyen de faire ressurgir la dimension métaphysique et la conscience de l’éternité dont il estime qu’elles manquent à ses contemporains. Ils se révèlent être un autre accès à la connaissance. Ce nécessaire retour du sacré est en accord avec sa conception de l’Histoire qu’il considère, pour reprendre les mots de Mircea Eliade comme un éternel retour » en somme l’Histoire n’existe pas. Quels moyens Pasolini emploie-t-il pour faire sentir la nécessité d’un retour au sacré et comment les mythes grecs répondent-ils aux aspirations du cinéaste sur ce point ? Notre argumentation s’articulera ainsi Dans quelle mesure le monde grec est-il révélateur de notre psychisme et de la part de sacré, d’éternité inhérente à chaque être ? En quoi constitue-t-il un éclairage et une force de contestation du présent au niveau sociétal, collectif ? Pourquoi voit-il dans le Tiers Monde » la voie d’une resacralisation salvatrice et par conséquent une alternative? Partie 1 Les mythes proposent des structures psychiques qui nous habitent toujours Chapitre 1 Le Magma stylistique » pasolinien, figure de la complexité des êtres et de l’atemporalité du mythe Le premier film de Pasolini, Accattone, trahit déjà un certain goût pour le carnavalesque ou plus largement le mélange des styles. Il mêle ainsi allègrement le sublime d’un morceau de Bach et la laideur d’une sombre bagarre dans les quartiers sous prolétaires de Rome. Scène qui d’ailleurs n’a pas été très bien accueillie par une partie du public italien qui s’offusquait du maniérisme » de la chose. Le bas » matérialisé par l’esclandre est rehaussé par une esthétisation musicale outrancière. Le but de Pasolini était de conférer à cette scène une dimension épique. Pour qualifier ce mélange des styles, le cinéaste italien se plaît à utiliser l’expression d’Auerbach magma stylistique ». Cette sorte de syncrétisme stylistique est le reflet même du parcours et des goûts éclectiques de l’auteur que l’on sait d’ailleurs insatiable dans sa recherche de nouveaux supports artistiques poésie notamment dialectale frioulane, littérature , théâtre, peinture…Les diverses influences dont il est empreint transparaissent en particulier dans sa trilogie antique. Les costumes que portent les personnages sont en ce point édifiants. Les origines en sont diverses. Ainsi dans Œdipe Roi les vêtements sont parés de bijoux inspirés des civilisations aztèque et perse. Il en va de même pour les masques ornés de coquillages et de raphia et pour des parures parfois très solaires proche de celles des Incas ou des Aztèques. La couronne que porte Laïus et que portera Œdipe est sculptée à la manière des peuples anciens d’Asie occidentale. L’Afrique et l’Océanie marquent également de leur empreinte les nombreux apparats. Les armures sont presque animalisantes ». Le style vestimentaire est si composite que l’on a parfois l’impression d’être témoins d’un défilé carnavalesque. Pasolini donne corps grâce aux images à l’idée freudienne selon laquelle les personnages et objets vus en rêve puisque la partie centrale est une sorte de rêve mythique ! sont composites. Il rompt alors sciemment avec le classicisme d’une antiquité grecque que le spectateur s’attendait à voir pour servir son propos puisque nous verrons que le choix de pays non occidentaux pour le tournage, les costumes…n’est pas innocent. Dans Médée, ce sont trois univers de costumes qui se déploient le premier associé à la Cappodoce revêt des teintes bleues et brunes couleurs de la terre c’est la Colchide ; le second adopte des couleurs blanches et jaunes couleurs du pain, du mastic… pour la Syrie et le dernier s’inspire des couleurs du peintre italien Pontormo pour Corinthe le rouge y est très présent. Les vêtements font appel à des influences indiennes, mexicaines, hittites et sumériennes afin de recréer un monde archaïque. Les bijoux sont d’inspiration marocaine, mexicaine ou sarde. Pasolini avait donné comme consigne au costumier de mélanger tous les matériaux et toutes les traditions. Les personnages portent des cornes, des os, des pommes de pin, des coquillages…un véritable magma vestimentaire ». Les musiques, dans les trois films, concourent elles aussi à faire naître le baroquisme dans la composition cinématographique pasolinienne. Médée y est un peu à part en ce qu’elle en est presque dépourvue. Au contraire de la partie sophocléenne de la trilogie qui concilie le hiératisme et la prestance d’un quatuor en ut majeur K465 de Mozart et le folklore associé aux divers chants populaires roumains, mais on y trouve aussi de la musique ancienne japonaise. L’accompagnement musical, à l’instar des costumes, brouille les pistes…Il ne permet pas de situer historiquement le récit puisqu’il est lui-même magmatique. Dans carnet de notes pour une Orestie africaine, le discours prophétique de Cassandre, esclave d’Agamemnon, prend la forme d’un intermède de free jazz ». Pasolini filme l’enregistrement d’un morceau de jazz interprété notamment par Archie Savage. L’équilibre musical est brisé par la voix à la fois outrancièrement aigue et irrégulière d’une jeune noire qui semble chanter l’oracle issu de l’Agamemnon d’Eschyle Profond malheur qui se trame dans ce palais » Dans l’Orestie D’Eschyle, page 143, vers 1102, traduction de Daniel Loayza, Garnier Flammarion, Paris, 2001 Je te dis que tu verras la mort d’Agamemnon » Ibid, page 149, vers 1246. Encore une fois le choix d’une telle musique n’est pas anodin. L’esthétisme musical se double d’un caractère didactique nous le verrons plus tard le free jazz » est un questionnement sur les racines socioculturels des noirs américains et il fait surgir une préhistoire africaine » comme mise en crise du style originel.. Ensuite il y a les décors, les lieux de tournage choisis qui renforcent le caractère hors du temps et fantaisiste de l’antiquité telle que nous la présente Pasolini. Dans Médée, la Colchide est turque et les habitations s’apparentent presque à des terriers comme pour souligner la nature barbare » des individus qui les habitent. Les objets décoratifs sont composés de matières brutes empruntés à diverses cultures poteries locales…. Et la Corinthe pasolinienne est le fruit d’un assemblage de plusieurs mondes. La façade est celle de la forteresse d’Alep en Syrie, la maison de Médée qui lui fait face se situe sur les bords d’une plage à Anzio près de Rome. Le paysage d’Œdipe Roi est, quant à lui, maghrébin donc majoritairement désertique. La complexité de l’architecture dans Médée, la diversité des lieux utilisés pour les trois films semblent renvoyer à une autre complexité, celle des structures psychiques qui habitent non seulement l’auteur lui-même mais également les individus. La diversité des références picturales vient encore renforcer cette impression. A propos d’Œdipe Roi Barthélemy Amengual a dit Pour la représentation formelle du mythe, Pasolini utilise une palette objective » qui tantôt rappelle Poussin dans les paysages sombres et tantôt Delacroix dans les instants lumineux » Dans Du Réalisme au Cinéma, Barthélemy Amengual, Nathan, Paris, 1997. Il verra même en Silvana Mangano, l’actrice qui interprète le rôle de la jeune mère, une mère bleue picassienne. Pasolini est un passionné de peinture, il était d’ailleurs peintre lui-même et les images de ses films sont résolument empreintes de picturalité. Son cinéma n’est pas seulement poétique, il est aussi pictural. Autre influence Raphaël, dans sa manière de représenter les femmes. Il en fait lui-même l’aveu En réalité, ce que l’on pourrait me reprocher, ce n’est pas de mépriser la femme, mais d’avoir tendance à la raphaéliser », à exprimer son côté angélique » Dans Dernières Paroles d’un Impie entretiens avec Jean Duflot, page 136. Pasolini mêle les époques. Il est même possible de remonter au VIe siècle après Jésus Christ à l’apogée de l’époque byzantine avec ces fameuses mosaïques de Ravenne. Certains voient en effet en Glauce richement vêtue l’impératrice Théodora mosaïquement » représentée à la Basilique Saint Vital à Ravenne. Puis c’est le choix même de la Callas pour interpréter Médée qui est paradoxal. Médée est la figure de la sacralité dont Pasolini est nostalgique or pour lui Maria Callas est l’incarnation d’un monde bourgeois désacralisé. La Callas c’est l’opéra qui, selon Nietzsche, est une version moderne et pervertie de la tragédie grecque notamment en ce qu’il dénigre la dimension dionysiaque L’opéra est le produit de l’homme théorique, de l’amateur critique, non de l’artiste, […]. Comme il l’homme inapte à la création artistique n’a aucune idée de la profondeur dionysiaque de la musique, il transforme le plaisir musical en stilo rappresentativo, c’est-à-dire en rhétorique rationnelle des passions. » Dans La Naissance de la Tragédie, Nietzsche, page 125 Enfin le cinéaste italien alterne cinéma moderne parlant et cinéma muet des origines. Le langage de Médée est principalement gestuel, la plupart des répliques de la tragédie d’Euripide ayant été supprimées. A ce quasi-mutisme de Médée s’ajoutent les intertitres spécifiques du cinéma muet disséminés tout au long d’Œdipe Roi. Il s’agit donc cette fois-ci d’un amalgame de deux époques cinématographiques. Ce dernier point participe à la confusion stylistique propre à l’auteur italien. Au-delà de l’atemporalité mythique, l’auteur a sans conteste voulu, par ce mélange des styles, métaphoriser l’atemporalité, l’éternité ontologique. Il s’agit de faire ressurgir cinématographiquement à l’instar de la tragédie grecque la dimension éternelle de chaque être qui fait également sa complexité. Le caractère contradictoire de l’être même, dans son universalité, est mis en scène dans la tragédie et plus précisément dans chaque figure tragique. Nous sommes touchés par l’universel ontologique car le mythe sous forme magmatique à l’écran transcende l’histoire particulière pour atteindre chacun. Mircea Eliade a dit à ce propos Le mythe réintègre l’homme dans une époque atemporelle, qui est, en fait, un illud tempus, c’est-à-dire un temps auroral, paradisiaque, au-delà de l’histoire. » Dans L’Histoire des Religions, page 360, Mircea Eliade, Payot, Paris, 1986 La complexité des structures psychiques et la dimension intemporelle, ainsi suggérées à l’écran, sont plus spécifiquement celles des rapports familiaux, en particulier parents/enfants. Pasolini partage ce point de vue freudien qui veut que les rapports fils/père, fils/mère découlent des grecs et même la religion chrétienne à laquelle Pasolini s’était intéressé dans l’optique de la thématique du mythe avec L’Evangile selon Saint Mathieu n’y a rien changé. Chapitre 2 La relation au père Il se révélera père et frère à la fois des fils qui l’entouraient, époux et fils ensemble de la femme dont il est né, rival incestueux aussi bien qu’assassin de son propre père ! » Tirade de Tirésias issu de l’Œdipe Roi de Sophocle dans Tragédies complètes, traduction de Paul Mazon, Gallimard, Paris, 1962 Pasolini connaît la lecture psychanalytique du mythe d’Œdipe et l’héritage freudien transpire dans ses films, en particulier dans sa trilogie antique. On pourrait dire qu’il entretient avec Œdipe la même relation que Flaubert avec Madame Bovary Œdipe, c’est lui ». Le cinéaste ne cache donc pas son vif intérêt pour la psychanalyse J’éprouve une grande curiosité pour cette méthode d’investigation et j’ai lu suffisamment de choses pour douter de pouvoir parler de mes relations parentales en termes poétiques, simplement, ou même sur un mode purement anecdotique » Les Dernières Paroles d’un Impie, page 22. La relation parentale est prégnante dans l’ensemble de son œuvre. L’auteur se sert des mythes et tragédies grecs pour montrer que les relations parents/enfants proviennent du monde grec, elles n’ont pas changé tout au moins pas fondamentalement. Voilà pourquoi Pasolini n’hésite pas à mêler mythe et complexe dans Œdipe Roi. Ce qui nous intéresse dans un premier temps, c’est la figure paternelle, la relation au père. C’est Œdipe Roi qui se révèle être le plus autobiographique, cela est d’ailleurs renforcé par les dires du réalisateur lui-même. Il nous livre à première vue une image du père castrateur. Le prologue est surprenant de vérisme, il est censé représenter un moment de la petite enfance de Pasolini à Sacile au nord de l’Italie dans le Frioul Le tournage a finalement eu lieu à San Angelo Lodigliano en Basse Lombardie. Son père est, conformément à sa propre histoire, un militaire, il accueille le jeune enfant nouveau né avec une jalousie marquée. Le tout premier plan du film nous donne à voir deux soldats italiens arpentant la place du village et l’un deux est, cinématographiquement, le père de Pasolini. S’ensuit l’accouchement puis le premier face à face filmé entre le père en uniforme et le fils. Il fixe longuement l’enfant d’un regard empreint de haine et de jalousie. Cette scène est entrecoupée d’intertitres à la manière du cinéma muet Tu es né pour prendre ma place dans ce monde, me rejeter dans le néant, me voler ce qui m’appartient. » Dialogues du film Œdipe Roi Ou encore C’est elle que tu me voleras en premier. Elle, la femme que j’aime. D’ailleurs tu me voles déjà son amour. » Ibid L’usage des intertitres, que nous avions précédemment évoqués, caractéristiques d’un cinéma des origines muet semble conférer à cette scène un caractère primitif », renforçant ainsi la dureté de la confrontation. Le sentiment de jalousie éprouvé par le père est à la fois humain et barbare ». La transition entre le prologue réaliste et la partie centrale mythique a lieu lorsque, de nouveau, le père s’approche de l’enfant. Il entre dans sa chambre et l’attrape brutalement, le visage dans l’ombre, par les pieds. Et nous arrivons, après un long panoramique, sur Œdipe pendu par les pieds et les mains dans le désert. Les pieds sont considérés comme étant le symbole de l’organe sexuel, de la sexualité. Le père, en saisissant violemment les pieds du jeune garçon, opère métaphoriquement une sorte de castration. Pasolini a aussi voulu montrer l’atemporalité de cette jalousie paternelle en laissant le visage du père dans l’ombre haine transhistorique », Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 25. Ce complexe oedipien est par la suite projeté dans le mythe et l’on assiste au parricide sophocléen. Le passage dans lequel le père du prologue jette un regard haineux sur son fils fait écho à l’épisode durant lequel Œdipe et Laïos se rencontrent à la croisée des chemins. Le regard de Laïos est le même il ne sait pas que l’étranger qui croise leur route est son fils. L’animosité est immédiate, il s’exclame ainsi Ote toi de ma route misérable ! » Dialogues du film Œdipe Roi Œdipe ne répond mot et adopte une attitude de défi. La scène se déroule sous une lumière aveuglante Œdipe tient un branchage en guise d’ombrelle. S’ensuit une interminable séquence pleine de bruit et de fureur » entre les hurlements de dément d’Œdipe et les armes qui s’entrechoquent. Pasolini multiplie les contre-jours pour accompagner cette frénésie meurtrière. Chaque soldat est tué sous un contre-jour brutal, il en est de même de Laïos. La séquence elle-même se clôt d’une manière similaire, qui se veut l’image de l’aveuglement croissant d’Œdipe. En tant qu’il est tabou, le parricide est masqué par une lumière outrancière et de façon récurrente par des images rendues volontairement floues ou de laconiques éclats de soleil dans l’objectif, qui sont autant de représentations de la perdition d’Oedipe. A noter que ce dernier brise les genoux d’un jeune soldat durant la rixe épico-sanglante afin de s’en débarrasser. Ce choix n’est en aucun cas anodin puisque cette partie du corps est précisément le lieu où naquit en Pasolini l’amour des hommes. Ce qui a fait dire à Hervé Joubert Laurencin On dirait que l’Œdipe guerrier de Pasolini veut détruire en même temps que son père, et en vain, ce lieu du corps par où l’irrépressible amour des hommes s’est installé. » Dans Portrait du Poète en Cinéaste, Hervé Joubert-Laurencin, éditions Seuil, Les Cahiers du Cinéma, Paris, 1995 Les sentiments qu’éprouvait Pasolini envers son père se révèlent dès lors comme emplis d’ambiguïté. Il ne semble pas que la haine soit le seul liant à son père J’ai toujours voué à mon père un amalgame de sentiments contradictoires » Les Dernières Paroles d’un Impie, page 23 Ce rejet excessif de la figure paternelle coïncide donc, d’un point de vue psychanalytique, avec la lente révélation qui s’est opérée en lui de son amour pour les hommes. Ce qui lui a fait dire rétrospectivement Je n’avais pour mon père qu’un amour partiel, presque exclusivement tourné vers le sexe » Ibid Sans faire le jeu d’un résonnement simpliste, haïr son père tout au moins le croire c’est ici tenter d’enfouir, de se cacher à soi-même cette attirance naissante même si cela n’est pas l’unique cause comme nous aurons l’occasion de le développer plus après. Le volet euripidien de la trilogie antique propose lui aussi un modèle masculin, paternel, négatif en la personne de Jason. Le film lui confère une complexité moindre que celle de Médée. Conformément à la tragédie originale, Jason ne fait aucun cas du sacrifice de l’héroïne elle va jusqu’au fratricide à son égard et de l’aide précieuse qu’elle lui a offerte pour s’emparer de la Toison d’or. Il l’abandonne ainsi, elle et ses enfants, pour satisfaire ses intérêts personnels et en épouser une autre Glaucé. Ses manières sont machistes et elles atteignent parfois le ridicule à l’instar de cette scène où il rend visite à Médée, dans le contexte de son imminent mariage avec la fille de Créon, et lui adresse en guise d’au revoir et de remerciement des baisers de coq de village ». Ce passage quasi-burlesque brise momentanément la tonalité tragique du film et souligne le caractère futile et irrespectueux du personnage de Jason. Il est de plus l’image même de l’être désacralisé que l’auteur s’évertue à dénoncer et en cela il est totalement contemporain de Pasolini. Jason a fait fi de tout questionnement métaphysique et privilégie la recherche de succès personnels. Il est ainsi celui qui déclenche la tragédie. Ce sentiment d’animosité ambivalente à l’égard du père est donc palpable à la fois dans Œdipe Roi et dans Médée. Pasolini n’est donc pas ignorant du modèle universel et hors du temps des relations entre père et fils délivré par la Grèce antique. Il l’a lui-même vécu. La pertinence d’une adaptation des mythes helléniques au cinéma réside ainsi dans leur nature fondatrice. La tragédie de Sophocle est par exemple d’une étonnante modernité à cet égard. L’autre versant du complexe, et plus généralement des relations parents/enfants, est maternel. Chapitre 3 La relation à la mère Je dirai simplement que j’ai éprouvé un grand amour pour ma mère. Sa présence physique, sa façon d’être, de parler, sa discrétion et sa douceur subjuguèrent toute mon enfance. J’ai cru longtemps que toute ma vie émotionnelle et érotique était déterminée exclusivement par cette passion excessive, que je tenais même pour une forme monstrueuse de l’amour » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, Page 22 Pasolini a éprouvé ce désir de possession de la mère décrit par Freud. Le motif maternel est d’ailleurs récurrent dans l’ensemble de son œuvre que l’on s’en tienne au cinéma avec Œdipe, Médée, Mamma Roma…ou que l’on s’attarde sur ses romans comme Pétrole, qui traite de l’inceste, ou encore les poèmes frioulans de sa jeunesse le goût de la poésie dont il avoue qu’il est lié à sa mère, en ce qu’elle lui composa un poème dans son enfance. L’adoption de la langue frioulane est également un moyen de se démarquer de son père ; elle est déjà l’expression d’un rejet. Notons que Mamma Roma, son second film, met en scène une sorte de complexe d’Œdipe inversé puisque c’est la mère qui, métaphoriquement, désire son fils et veut se marier avec lui. Le prologue vériste et autobiographique de l’Œdipe Roi laisse dans un premier temps transparaître les relations harmonieuses, précédant l’avènement du complexe, entre la mère et son fils. Cet équilibre est suggéré à l’image par l’alternance régulière de champs /contre-champs. Le long panoramique plan subjectif c’est le regard de l’enfant qui suit la cime des arbres qui bordent le pré renforce cette idée d’osmose mère/fils, tout comme l’omniprésence dans le cadre de la nature mère ». Après ce panoramique, la caméra plonge d’ailleurs dans l’herbe du pré qui remplit le cadre et nous laisse entrevoir cette entente fusionnelle entre le fils et la mère, comme une plongée dans l’herbe utérine. Pourtant dès le prologue, le complexe et la rupture tragique se font pressentir. Dans le pré, l’enfant se retrouve étonnement seul sous un soleil aveuglant ; il en sera de même lorsque ses parents s’absentent durant une soirée pour le bal de nuit cette fois-ci. La caméra accorde d’ailleurs une gravité toute particulière à cet épisode. Autre séquence troublante celle durant laquelle Silvana Mangano donne le sein à l’enfant dans le pré. Elle jette un regard à la caméra à la manière de la Monika de Bergman ou des héros godardiens afin de jeter le trouble chez les spectateurs, d’abord empreint de joie et de sérénité à l’image de sa relation avec son fils et, soudain, ce même regard s’assombrit peu à peu comme si elle avait eu le pressentiment d’un drame à venir. Enfin la sérénité semble reprendre le dessus et elle porte de nouveau les yeux sur son enfant. La partie centrale, plus proprement sophocléenne, va mettre en scène l’inceste. C’est donc le mythe qui dit le tabou. Œdipe terrasse le sphinx et par la même la peste qui s’était abattue sur la cité. Il obtient ainsi de Créon la main de Jocaste. Après avoir assassiné son père, Œdipe s’apprête à s’unir avec sa mère. Une forte pénombre recouvre à l’écran les époux dans leur lit incestueux et par conséquent l’inmontrable, l’indicible tabou sexuel. Lors de l’union charnelle de la mère et du fils, Pasolini opère des coupures brutales. La peste touche de nouveau la ville et aux plans du lit incestueux se succèdent des plans sur les cadavres gangrenés par la peste qui jonchent le sol des abords de Thèbes. Jocaste, étendue, nous évoque presque un de ces nombreux cadavres. Mort et amour interdit se confondent à l’image par la rapide alternance des plans. Le tabou sexuel est aussi enveloppé de pesants silences qui semblent accroître le poids de la culpabilité. La prise de conscience de la réalité de l’acte incestueux par Jocaste et son fils/amant est plutôt ambiguë. Pour Œdipe cette découverte se fait progressivement dans la tragédie d’origine, alors que dans le film on peut penser qu’il le subodore dès le début. Ce présupposé est soutenu, formellement, par les crises de cyclothimie d’Œdipe qui alterne de soudains emportements de colère et de lourds et étranges silences. Jocaste paraît connaître la réalité au fond d’elle-même puisqu’elle entend même de loin chaque révélation faîte à Œdipe et pourtant elle feint de nier l’évidence. Et lorsque Œdipe, étendu sur elle, lui assène toute la vérité, alors retentissent les cris pleins de désespoir de Jocaste qui répète Je ne veux plus t’entendre. » Dialogues tirés du film Œdipe Roi Pasolini a conféré à Jocaste un aspect spectral un rapprochement peut-être effectué avec l’angélisme de Médée. Son visage est fardé de blanc mais il est, aussi, bien souvent dénué d’expression. Nous sommes renvoyés à un modèle atemporel de la mère. Elle n’est plus la mère d’Œdipe mais celle de chaque fils qui a désiré sa mère. N’est-ce pas elle d’ailleurs qui prononce cette phrase typiquement freudienne et pourtant originellement de Sophocle Pourquoi as-tu peur d’être l’amant de ta mère ? Tant d’hommes ont rêvé de l’être, dans leurs songes » Ibid. Et qui est aussi présente dans la tragédie grecque mais sans le mot amant, ajouté par Pasolini Ne redoute pas l’hymen d’une mère bien des mortels ont déjà dans leurs rêves partagé le lit maternel » Œdipe Roi de Sophocle, traduction de Paul Mazon, Tragédies complètes de Sophocle, Folio classique. Pasolini ne fait que traduire à l’écran, en la personne d’une mère spectrale et hors du temps, ce que Sophocle avait déjà compris. Puis surgit le tragique avec le suicide de Jocaste qui se pend près du lit fautif et l’autopunition d’Œdipe se crevant les yeux après avoir trouvé sa mère morte. Dès lors l’épilogue met en scène la sublimation freudienne qui veut que les pulsions changent d’objet. Œdipe /Pasolini ne peut posséder sa mère, l’inceste étant l’objet interdit par la censure, la sublimation consiste alors à lui substituer un autre objet qui a une valeur sociale. Elle serait ainsi chez Freud la source des productions intellectuelles et esthétiques et peut-être chez Pasolini l’origine de cette insatiable recherche d’une sacralité perdue. Cette dernière partie se déroule dans une Italie contemporaine de la sortie du film en salles. Après avoir été fils incestueux, Oedipe devient sage errant et joueur de flûte. Il se trouve dans la situation de Tirésias, son acte d’autopunition avait un but cathartique. Il lui a permis d’accéder à un autre état poétique ?. Ce n’est pas Antigone qui l’accompagne mais un jeune garçon, Ninetto Davoli dont certains prétendent qu’il correspond plus à la condition homosexuelle de l’auteur…. Il le conduit dans le pré de son enfance, celui du prologue. Débute dès lors tout un jeu d’échos même panoramique subjectif sur la cime des arbres par exemple que celui du prologue. C’est Œdipe qui recouvre la vue une dernière fois avant de mourir Ô lumière que je ne peux plus voir, qui fut mienne un jour, illumine moi une dernière fois » Dialogues du film Œdipe Roi. Autre écho qui, cette fois-ci, marque la fin du film c’est un mouvement plongeant de caméra dans l’herbe du pré. Cette herbe, plein cadre, devient alors la métaphore de la reprise d’une origine. Le pré est en quelque sorte le lieu matriciel. Œdipe réintègre symboliquement l’utérus et redevient fœtus ; comme un rappel des vers qu’il faisait réciter à Orson Welles dans La Ricotta en 1962 Et moi, fœtus adulte, j’erre plus moderne que tout moderne à la quête de frères qui ne sont plus. » Dans Poesie Mondane, Pier-Paolo Pasolini, Avril-Juin 1962. Cette citation est étonnamment proche de celle de Rousseau qui se trouve au début de Les rêveries d’un promeneur solitaire Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. » Terre et mère sont ici associées, et cette relation fait apparaître la lecture anthropologique et ethnologique des mythes grecs chez Pasolini. Comme nous l’avons déjà évoqué, il affirme avoir été plus inspiré par les travaux de Mircea Eliade, Lévy-bruhl et Lévi-Strauss que par Euripide pour adapter Médée. Le cinéaste révèle à l’écran un sens obsessionnel de la topologie. Les plans fixes ou mobiles sur des paysages sont en nombre pléthorique dans les trois films de la trilogie. Dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine la caméra montre des hommes travaillant la terre d’une manière ancestrale ; la végétation et la nature en général emplissent les plans. L’image est contaminée » par les paysages. Selon Mircea Eliade, l’homme éprouve un sentiment de parenté cosmique avec son environnement que Pasolini semble vouloir retranscrire ici. On pense dès lors aux Rêveries d’un promeneur solitaire de Rousseau La nuit s’avançait. J’aperçus le ciel, quelques étoiles, et un peu de verdure. Cette première sensation fut un moment délicieux. […] Je naissais dans cet instant à la vie, et il me semblait que je remplissais de ma légère existence tous les objets que j’apercevais. Tout entier au moment présent je ne me souvenais de rien ; je n’avais nulle notion distincte de mon individu, pas la moindre idée de ce qui venait de m’arriver ; je ne savais ni qui j’étais ni où j’étais ; je ne sentais ni mal, ni crainte, ni inquiétude. Je voyais couler mon sang comme j’aurais vu couler un ruisseau, sans songer seulement que ce sang m’appartînt en aucune sorte. Je sentais dans tout mon être un calme ravissant auquel, chaque fois que je me le rappelle, je ne trouve rien de comparable dans toute l’activité des plaisirs connus. » Dans la deuxième promenade des Rêveries d’un promeneur solitaire, Flammarion collection GF/corpus philosophie, Paris, 1997 C’est toute la relation fusionnelle de l’homme avec la nature mère qui transparaît dans ces lignes. Rousseau éprouve en son sein un profond sentiment de quiétude et la volupté du bien être. C’est ce que recherche le personnage dans Œdipe Roi, d’où la nécessité pour celui-ci d’être enterré sur le lieu même de sa naissance. Mourir où tout a commencé c’est retrouver la terre mère, autrement dit, c’est retrouver la part de sacralité attachée à la naissance et l’apaisement d’une union recouvrée avec la nature. Cette fascination palpable pour la terre est retranscrite à l’image par des cadrages obsédants. Il s’agit de figurer la sacralité tellurique. Ce retour à la mère dans l’épilogue, c’est aussi la figuration de l’illud tempus » évoqué par Mircea Eliade, d’une éternité retrouvée. Dans la mythologie grecque le culte de Gaia était très répandu, tout homme était considéré comme son fils puisqu’elle était à l’origine de l’humanité. Eschyle l’évoque d’ailleurs dans les choéphores, la terre est Mère de toutes choses, qui toutes les nourrit puis recueille leur dernier germe. » Dans Les Choéphores d’Eschyle, vers 127-128, traduction de Daniel Loayza, Flammarion, Paris, 2001 Dans Médée des cultes lui sont rendus. Maria Callas y est la grande prêtresse de Colchide qui opère des rites de fertilité par des sacrifices humains. Là encore l’intertextualité est flagrante, Pasolini fait allusion au texte de Mircea Eliade dans son Traité des Religions à propos du lien entre sacrifice et régénération Le rituel refait la création ; la force active dans les plantes se régénère par une suspension du temps et par le retour au moment initial de la plénitude cosmogonique. Le corps morcelé de la victime coïncide avec le corps de l’être mythique primordial qui a donné vie aux graines par son morcellement rituel » Traité d’Histoire des Religions, Mircea Eliade page 292, Payot, Paris, 1986 Médée est d’ailleurs le personnage féminin le plus fort de la trilogie. La complexité que lui avait conféré Euripide est encore soulignée par Pasolini. En tant que femme, elle est directement liée au mystère de l’existence. Cette fascination pour Médée et cette omniprésence de la nature à l’écran sont comme les indices d’un hypothétique regret de l’auteur de ne pas être une femme. Et ce dans la mesure où toutes deux sont le lieu de la fécondation et par conséquent d’une renaissance perpétuelle. Médée incarne l’alternative mystique » et donc salvatrice de l’humanité » pour Pasolini. Elle accomplit un acte d’amour insensé en assassinant ses enfants pour les préserver du monde terrifiant » on ne sait où il va que leur propose Jason. Elle les délivre ainsi du temps linéaire dans lequel Jason les condamnait à vivre. C’est le surgissement du tragique comme irruption du sacré. L’héroïne euripidienne est également un personnage d’exclue, de marginale, ce qui a fait dire à Jean Duflot, à propos de Pasolini dans Les Dernières Paroles d’un Impie Médée transcrit donc aussi le drame personnel de votre propre exclusion ». Ce que le cinéaste ne nie nullement puisque, on le sait, il a fait l’expérience de cette exclusion en tant qu’homosexuel et artiste subversif Moi, le fascisme, je l’ai vécu sur mon corps. » Extrait de Les Dernières Paroles d’un Impie Cette prééminence accordée à la figure de la mère traduit chez l’auteur une nostalgie du passé. Il a aussi souhaité mettre en exergue la complexité du rapport à la mère et l’importance du modèle grec de par sa contemporanéité. Le père et la mère doivent être compris comme les images originelles de la psyché humaine. Nos relations aux parents sont structurantes pour notre psychisme et ces relations découlent toujours des grecs. Pasolini veut nous montrer que nous sommes encore tributaire de cet héritage hellénique. Ce sont les mythes, de par leur nature atemporelle, qui sont les vecteurs de ce tissu psychique. Ils livrent la clé d’un retour à l’équilibre. Le souci d’une régression vers le lieu matriciel comme dans l’épilogue d’Œdipe Roi ou vers une réalité plus barbare », qui est celle du mythe, trahissent des idéaux presque rousseauistes. Il s’estime embourbé dans sa condition d’intellectuel bourgeois. Alors que pour lui la civilisation est une perversion, être ou revenir à l’état de nature, c’est se rapprocher de l’éternité. D’où son vif intérêt pour ceux qu’il appelle les enfants de mauvaise vie du nom d’un de ses romans Ragazzi di Vita » dont il envie l’innocence. Ce sont les personnages d’Accatone issus des faubourgs romains par exemple. Et dans la trilogie antique, ce sont les peuples du Tiers Monde » non encore totalement et irréversiblement pervertis » par la civilisation occidentale. A l’image, cette nostalgie d’un certain état de nature est notamment liée à une autre thématique qui en est la représentation iconique il s’agit de la nudité. Chapitre 4 La nudité figure du degré de dénaturation et d’une mise à nu psychanalytique La nudité, qu’elle soit celle des hommes ou des terres, possède une charge symbolique importante dans la trilogie pasolinienne. L’image trahit bien souvent les idéaux utopistes d’un retour au primitif ». Il est intéressant à cet égard de rapprocher Pasolini de Rousseau et de sa fameuse théorie de l’ état de nature ». Rousseau ne prend pas parti pour l’état le plus primitif, mais pour un état où la vie sociale et la civilisation sont à leurs prémices, qui serait une sorte d’équilibre entre l’insouciance de l’état primitif et l’activité fiévreuse de notre amour-propre. Il évoque ainsi un commencement du monde que nous n’aurions pas dû quitter. C’est de cet âge dont Pasolini est nostalgique et il l’associe volontiers à l’écran à la nudité. Elle traduit chez les personnages un degré de corruption, de perversion. Lorsque Pasolini nous présente Jason enfant, il est nu tout au long de la journée. C’est encore le temps de l’innocence, de la naïveté. L’enfant figure l’état de nature non encore corrompue. Il en est tout autre lorsque celui-ci s’apprête à épouser Glaucé à Corinthe. Ville dans laquelle Jason est pleinement devenu l’homme désacralisé et techniciste que Pasolini abhorre. Il est alors paré de riches étoffes colorées à la manière de la Cour du roi de Corinthe. La somptuosité des parures se fait la métaphore même d’une société corrompue qui ne croit plus, loin de sa nudité et de son innocence originelles. A cette cité s’oppose la province de Colchide d’où est issue Médée. Les costumes y sont radicalement différents; faits de paille, de plantes séchées, de cornes, d’os, de plumes, de clous et même d’animaux empaillés à l’image d’un pays sauvage où règne les divinités chtoniennes Divinités de la terre, du monde souterrain. Les vêtements sont ainsi de couleur terre, ce qui rend presque malaisé la distinction entre les habitants et le sol qu’ils foulent. Leurs habitations sont même semblables à des terriers façonnés dans la boue, rendant étroite la frontière entre l’homme et la bête. Le choix des matériaux utilisés manifeste la nudité d’un peuple qui semble encore en être à ses premiers âges et dont la vie quotidienne est régie par le sacré. Ceci fait d’ailleurs écho au choix de l’art africain pour les costumes, les instruments et les masques dans Œdipe Roi. Là encore sont utilisés des coquillages, des écorces, des plumes, des os…pour rendre compte d’une sécheresse qui se veut représentation de la nudité. Autre écho celui du personnage d’Œdipe au regard de Jason. Le héros sophocléen est d’abord nu, que ce soit dans le prologue en tant que Pasolini ou au début du rêve mythique » central. Et ce n’est qu’à l’acmé de son aveuglement qu’il apparaîtra richement vêtu au seuil de sa demeure. La hauteur et la magnificence de sa couronne témoignent de la démesure dont il fait preuve ; il est alors proche de sa perdition. Et lorsque il retourne, durant l’épilogue, à l’état de nature dans le pré originel il n’est vêtu que de haillons. C’est enfin Oreste dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine qui suit chez Pasolini un chemin presque similaire. Lui aussi apparaît dans un premier temps nu à ceci près qu’il n’est pas enfant. Il revêt les traits d’un africain contemporain de Pasolini qui quitte son village natal poussé en cela par les Furies pour intégrer une grande cité moderne occidentalisée et son université. Ce trajet s’en accompagne d’un autre puisque Oreste se voit par la même occasion contraint de se vêtir. L’entrée dans la civilisation » est marquée par l’abandon de la nudité. Ses nouveaux vêtements sont comme le reflet d’un changement identitaire et la frontière au-delà de laquelle l’état de nature est perdu. Ce qui fait dire à Pasolini La culture appauvrit, simplifie peu à peu la nature. Plus on vit à l’état de nature, plus ce code est complexe, et vivant. » Dans Du Réalisme au Cinéma, Barthélemy Amengual, page 451, Nathan, Paris, 1997 Ce qui explique notamment son grand intérêt pour les enfants pauvres des quartiers sous-prolétaires romains, pour les populations du Tiers Monde » ou pour la poésie dialectale de ses débuts tous trois figures d’une proximité avec une nature complexe. La thématique de la nudité prend corps, dans une dimension au moins égale, à travers les lieux, les décors. Les déserts notamment s’imposent à l’écran et s’y révèlent lieux de fragilisation des personnages, de questionnement métaphysique et de mise à nu psychanalytique. Dans Œdipe Roi, tout est sécheresse et par conséquent nudité les montagnes, les espaces désertiques, le soleil pesant, les cieux invariablement bleus, les architectures de bois et de boue…On pense aux décors rocailleux évoqués dans le Critias de Platon 111b à propos de l’Attique L’image d’un corps que la maladie a rendu squelettique. » Dans Critias de Platon, 111b, traduction de Michel Patillon et Luc Brisson, Flammarion, Paris, 1992 Ou encore Il ne reste plus que son corps décharné. » Ibid Face au sublime du lieu désertique, les personnages sont renvoyés à eux-mêmes et à leurs angoisses. Médée erre ainsi, déboussolée, sur une terre craquelée par la sécheresse et s’interroge Parle-moi, Terre ! Fais-moi entendre ta voix. Je ne me souviens plus de ta voix. Parle-moi, Soleil ! Où puis-je entendre vos voix ? Parle-moi, Terre…Parle-moi, Soleil…Vous êtes-vous perdus à jamais ? Je n’entends plus rien. Toi herbe, parle-moi ! Toi, Pierre, parle-moi ! Terre qu’as-tu fait de ton sens ? Où vais-je te retrouver ? Où est le lien qui te liait au soleil ? Mes pieds touchent la terre, je ne la reconnais pas. Je regarde le soleil, je ne le reconnais pas. » Dialogues issus du film Médée Médée y exprime son malaise, la perte de son identité liée à la perte de son lien avec la terre et donc avec le sacré. La nudité désertique livre tout autant Œdipe à l’introspection. Selon Deleuze, les déserts sont chez Pasolini des Espaces déconnectés du temps qui enfouissent nos propres fantômes ». Ils favorisent l’éclosion du doute métaphysique sous forme d’intertitres interrogateurs Où donc va ma jeunesse ? Où va ma vie ? » Dialogues issus du film Œdipe Roi Auxquels succèdent immédiatement un panoramique subjectif au centre duquel se trouve Œdipe sur ce même paysage de désert qui le cerne de toutes parts. Peut-être est-ce le destin qui ne lui laisse déjà plus aucun recours, aucune possibilité de lui échapper. Cet effet de caméra se produit d’ailleurs à plusieurs reprises dans le film. La nudité des personnages et des décors n’est pas seule à initier une mise à nu métaphysique. Le mythe constitue déjà un questionnement et un dessillement, comme le souligne Mircea Eliade dans son Traité des Religions Le mythe découvre une région ontologique inaccessible à l’expérience logique superficielle. » Traité des Religions, Mircea Eliade, page 350, Payot, Paris, 1986 Il témoigne des forces mentales qui habitent profondément la psyché humaine. A travers lui, nous pouvons nous relier à nous-mêmes comme étant uniques, singuliers. Mais chez Pasolini les mythes sont également la représentation de l’innocence d’une ère première de l’humanité. Seulement ils ne se font pas uniquement l’écho des structures psychiques sous-jacentes de l’individu, ils condensent aussi l’histoire d’un peuple et révèlent par conséquent une dimension collective. Leur atemporalité et leur caractère exemplaire font du mythe un modèle ahistorique » à l’aune duquel peut être évalué et remis en question le présent. Partie 2 Le passé mythique au secours du present la dimension collective, sociétale Chapitre 1 Le mythe comme lien avec le passé et nostalgie du sacré chez Pasolini. Une réalisation en fonction de sacralisation des êtres et des choses Je suis de plus en plus scandalisé par l’absence de sens du sacré de mes contemporains. » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 103 Cette phrase semble se faire l’écho de celle que l’on attribue à tort ou à raison à André Malraux Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Ce qui est sûr c’est que tous deux ont présumé la nécessité d’une réouverture à la transcendance. Leurs paroles sonnent comme une mise en garde contre un capitalisme et un progrès fruit du souffle abrahamique occidental qui font fi de tous les obstacles, qu’ils soient culturels ou spirituels. Pour Pasolini, le libéralisme laisse planer un vent faussement libertaire qui sert d’abord ses propres intérêts. Le 20ème siècle marqua l’apogée du règne de l’homme socratique désacralisé plus encore qu’au siècle des Lumières qui pense pouvoir tout rationaliser. Société que Pasolini rejette Je suis allergique à la civilisation technologique, à notre monde trop rationnel. Et donc que me reste-t-il, sinon à exprimer le reflet du passé ? » Ibid, page 104 Jason en est une figure à l’écran. Or Nietzsche montre que même Socrate s’est laissé bercer par un mystérieux élan mystique à la fin de sa vie c’est le fameux Socrate musicien ». Et, lorsqu’il écrit Naissance de la Tragédie, il pense qu’un renouveau passera par l’avènement de ce Socrate musicien ». Pasolini le pense aussi à sa manière. Il affirme d’ailleurs dans le document vidéo Pasolini l’enragé que L’enragé idéal, l’enragé merveilleux c’est Socrate. ». Il est au fait même de la névrose cosmique » dans laquelle sont plongés ses contemporains. Ils ont été projetés de l’éternité dans le temps et éprouvent un sentiment de séparation d’avec les choses. La revalorisation d’anciennes valeurs sacrées au niveau profane en est la preuve les multiples superstitions, le recyclage » de certaines fêtes d’origine sacrée…Lévy Bruhl a d’ailleurs dit Si, l’on admet l’étroite parenté de notre folklore avec les mythes et les contes primitifs […], c’est donc une même mentalité qui s’exprime en lui et en eux. » Dans Mythologie primitive, Lévy-Bruhl, Les Presses Universitaires de France, Paris, 1963 Dans le cinéma de Pasolini la mythologie vient suppléer à ce sentiment de rupture du lien avec la nature. On sent chez Pasolini cette volonté de relier notre présent à un passé mythique exemplaire et donc toujours présent. Et son œuvre se fait le vecteur de ce combat. L’utilisation du mythe est didactique, elle souligne sa nostalgie du sacré. Et l’espoir d’une resacralisation salvatrice passe notamment par sa manière de filmer. Dans Médée c’est déjà la parole, en se retirant de l’image qui fait acte de mythe. La rareté des dialogues est l’image même d’une préhistoire mutique, primaire, barbare ». Et c’est parce qu’il parle de l’indicible donc du sacré que le film est majoritairement muet. Il est ainsi assignable à un sens multiple. Pasolini utilise le corps de la Callas comme pouvant être porteur de sens et initiateur d’une réflexion. Plus largement, sa stylistique cinématographique a pour but de consacrer les choses. Il développe ainsi son point de vue dans Dernières Paroles d’un Impie Quand je fais un film, je me mets en état de fascination devant un objet, une chose, un visage, des regards, un paysage comme s’il s’agissait d’un engin où le sacré fût en imminence d’explosion. » Les Dernières Paroles d’un Impie, page 121 Dans cet optique, le cinéaste marque son net refus du naturalisme au cinéma dans cette optique il use fréquemment du champ/contre-champ afin d’éviter les récits trop longs ; il rejette l’excessive utilisation du plan séquence qui reproduit, selon lui, la réalité à l’identique sans produire de sens. Le montage est fondamental pour Pasolini, comme il l’est également chez Godard il se veut déjà subversif en ce qu’il est éclatement des règles. Il préfère voir la réalité comme une apparition sacrale » Extrait du documentaire vidéo Pasolini l’enragé, réalisé par Jean-André Fieschi, dans la collection Cinéma de notre Temps, produit par Janine Bazin et André 1966.; et, aux plans séquences, il oppose la récurrence de plans fixes obsédants qui agissent comme des pauses lyriques. Cette simplicité technique dans sa façon de filmer se manifeste dans la multiplication des gros plans frontaux, que l’on trouvait déjà dans son premier film Accattone, pour lesquels il disait La caractéristique de cette structure stylistique est l’apparition du désespoir c’est-à-dire la disparition de l’espoir comme disparition de l’amour pour l’homme moyen et amour pour l’homme exceptionnel. » Ibid Il s’agit bien de sacraliser les personnages. Dans la trilogie antique nous retrouvons ce type de figures ; par exemple dans Œdipe Roi lorsque le héros sombre dans le doute ou qu’il s’interroge sur sa propre existence. C’est aussi le cas de Médée en pleine crise identitaire. Enfin dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine, Pasolini opère une sorte de casting filmé et cherche à tâtons les personnages de son film à faire. On a ainsi un enchaînement de plans fixes et une pléthore de gros plans sur les visages. Plus généralement la forme que Pasolini défend et utilise dans ses films est celle du cinéma poétique ». Il se fait jour dans sa trilogie grecque par l’intermédiaire d’une kyrielle de procédés cinématographiques et stylistiques. Il y a d’abord le magma stylistique », que nous avons déjà étudié, mais aussi les contre-jours que le cinéaste veut faussement accidentels. Puis ce sont les mouvements cahotants de caméra à l’épaule, les raccords déstabilisants, les interminables travellings horizontaux, les cadrages obsédants ou encore la fameuse subjective indirect libre » c’est-à-dire raconter l’histoire du point de vue d’un personnage en incluant sa détermination de classe. Pasolini en donne une définition dans l’Expérience Hérétique à la page 144 Payot, Paris, 1976 Il s’agit tout simplement de l’immersion de l’auteur dans l’âme de son personnage et de l’adoption non seulement de la psychologie de ce dernier mais de sa langue. ». C’est un procédé stylistique et non linguistique. Tous ces éléments concourent à briser le carcan des règles formelles classiques pour faire naître un cinéma lyrique. Mais en quoi un tel cinéma peut-il avoir un lien avec la nostalgie d’un mysticisme perdu ? La poésie figure justement le sacré chez Pasolini en ce qu’elle porte en elle l’enchantement du monde et témoigne d’une sacralité oubliée par les siècles du rationalisme. Elle offre, à l’instar des mythes, une compréhension moins claire et directe du monde et de l’homme à une époque où le meilleur accès à la vérité est celui de la raison. C’est en quelque sorte l’alternative mystique… Il donne à cet égard une des clés de son œuvre dans le document vidéo Pasolini l’enragé Le rossignol chante ab joy’, de joie. Mais joy’ en provençal avait un sens particulier d’extase, d’euphorie, d’ivresse poétique. Cette expression est peut-être la clé de toute ma production. J’ai écrit pratiquement ab joy’, au-delà de toute rationalisation. » Extrait du documentaire vidéo Pasolini l’enragé, réalisé par Jean-André Fieschi, dans la collection Cinéma de notre Temps, produit par Janine Bazin et André 1966 Certes le documentaire est antérieur aux trois films grecs il a été fait en 1966 mais il est déjà un éclairage sur un projet artistique dont les mythes antiques sont la pleine expression. Rappelons enfin la tendance chez Pasolini à la raphaëlisation » des femmes. Il les filme comme des fantômes, des êtres intemporels. Il en va ainsi de Jocaste qui, le visage fardé de blanc, apparaît comme une mère éternelle. Mais c’est aussi vrai pour Médée par exemple. L’angélisation de ses personnages féminins, avoué par le cinéaste, tend à renforcer l’idée d’une stylistique filmique en fonction de sacralisation. Le cinéaste reste convaincu que chaque être ou peuple restent, sous des dehors d’athéisme moderne, investis par le mysticisme. Les diverses évolutions n’ont pas fait disparaître le sacré, il perdure en nous. Pasolini ne croit pas aux dépassements. Son cinéma s’emploie à le démontrer. Chapitre 2 Pasolini et le parti pris d’une thèse anti-hégélienne, anti- dialectique Les dépassements, les synthèses ! Illusions, c’est mon avis d’Européen vulgaire, mais sans le moindre [cynisme] […] La thèse et l’antithèse coexistent avec la synthèse voilà la véritable trinité de l’homme ni prélogique ni logique. Mais réel. […] » Extrait du poème Callas, dans Médée, traduit de l’italien et présenté par Christophe Mileschi, Arléa pour la traduction française, Mars 2002, Paris. Comme l’avait souligné Nietzsche, c’est le savoir dialectique qui a mis à mal et sonné le glas de la tragédie grecque. Et c’est logiquement que Pasolini se fait l’ardent défenseur d’une pensée anti-dialectique puisqu’il s’évertue à faire revivre les mythes helléniques. Il rejette le système hégélien de la thèse, antithèse, synthèse. Pour lui il n’existe pas de continuité entre l’homme et la nature, il y a seulement coordination. Les choses coexistent entre elles, elles restent parfois enfouies mais sont toujours là. Dans cette perspective Pasolini pense que le dépassement et donc la synthèse est une illusion » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 135 car rien ne se perd vraiment. Dans son film Théorème, la servante devient en quelque sorte une sainte après le passage de l’étranger aux allures christiques et, lorsqu’elle s’enterre, elle constitue la figure de cette enfouissement des choses Ainsi le sacré, le mythe, les civilisations archaïques, les peuples de la terre et de la nature, l’homme préhistorique, s’enterrent comme la servante folle de Théorème, sans disparaître complètement. » Ibid Les idées de Pasolini diffèrent ainsi en un sens du matérialisme dialectique et historique marxiste proche en bien des points de la dialectique hégélienne qu’il juge illusoire. En effet, cette théorie ne pose pas la nature comme circulaire ou cyclique, mais comme un état de changement perpétuel. Des choses s’y désagrègent puis disparaissent or Pasolini pense que d’une certaine manière celles-ci subsistent. Il a donc cessé de croire en l’Histoire et à son mouvement. Ce parti pris anti-dialectique s’applique au thème central du sacré dans la trilogie antique. Le cinéaste use du tragique des mythes et de leurs personnages pour retranscrire cinématographiquement sa vision anti-hégélienne. L’opposition exempte de toute synthèse s’incarne parfaitement dans les deux mondes que sont la Colchide et la cité de Corinthe dans Médée. Le premier est un univers empreint de religiosité ; il est archaïque, barbare et tout y est très ritualisé. On y pratique des sacrifices, notamment humains, pour rendre hommage à la terre, à la nature, à la vie. Ils obéissent à un souci de régénération du monde comme l’explique Mircea Eliade dans son Traité des Religions Le sens de ces sacrifices humains doit être cherché dans la théorie archaïque de la régénération périodique des forces sacrées. » Dans le Traité des Religions, Mircea Eliade, page 292, Payot, Paris, 1986 Cette région est associée dans le film à une croyance en un temps cyclique et par conséquent sacré. Son antithèse c’est la conception profane de la cité de Corinthe. Cette dernière est en quelque sorte représentative du monde moderne occidental. C’est la ville athée dans laquelle règne la raison pratique et le pragmatisme. Les différences qui séparent ces deux univers sont renforcées par les couleurs des costumes qui sont attachés à chacun des deux peuples teintes terreuses et bleutées pour la Colchide et le rouge pour Corinthe. D’un point de vue symbolique, bleu et rouge sont deux couleurs opposées. La première figure l’immatérialité, l’esprit, l’immensité. Elle est La couleur du mental et des productions psychiques qui ne peuvent être tenues, palpées ni emprisonnées. Ainsi de toutes les teintes il est le plus indéfinissable et le plus changeant. Il vaut par ses nuances et ses variations infinies. […]. Il alterne clarté et mystère. » Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Robert Laffont, Paris, 1997 Il semble donc parfaitement incarner la complexité du versant sacré. De l’autre coté nous trouvons le rouge qui symbolise le corps et la matière. Sa valeur n’est ni mentale ni spirituelle mais plutôt matérielle. C’est la cité désacralisée de Corinthe. Cependant l’anti-hégélianisme de Pasolini veut que la vision sacrée des choses de cette nouvelle civilisation n’ait pas disparu. Deux cultures sont en opposition mais elles ne peuvent être réduites l’une à l’autre. Un autre antagonisme se révèle éclairant à ce propos il s’agit de celui entre Médée associée à la Colchide et Jason qui va intégrer Corinthe par un mariage d’intérêt avec Glaucé. L’héroïne euripidienne est une grande prêtresse ; elle dirige les grandes cérémonies du début du film. Sa vie est rythmée par les rites. Jason est celui qui vient dénaturer Médée qui, par amour, va opérer une conversion à rebours». Par la suite il l’abandonne car ses propres intérêts le lui dictent il va épouser Glaucé. Pasolini en livre d’ailleurs un portrait précis Jason, c’est le héros actuel la mens momentanea’ qui non seulement a perdu le sens métaphysique mais ne se pose même plus de questions de cet ordre. C’est le technicien aboulique dont la recherche est uniquement tendue vers le succès. » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 133 Mais en Jason comme en la ville de Corinthe, le sacré continue à côtoyer le profane. Cette coexistence Pasolini la rend manifeste pour Jason par le biais du Centaure. Enfant il le voit comme un être fabuleux, mi homme, mi animal cependant sa vision se modifie avec le temps. Lorsqu’il devient adulte il ne discerne plus que l’homme. Or, en arrivant à Corinthe, il a une apparition mystique, il rencontre le centaure qui l’a éduqué qui se dédouble Jason Je n’ai connu qu’un seul centaure. Le centaure profane Tu en as connu deux l’un sacré, quand tu étais enfant. L’autre, profane, une fois adulte. Le sacré reste au coté de sa forme profane. Et nous voici l’un à coté de l’autre. Jason Quelle est la fonction du vieux centaure que j’ai connu enfant, dont tu as pris la place sans le faire disparaître en te substituant à lui ? Le centaure profane Il ne parle pas car sa logique est si différente qu’on ne comprendrait pas. […]. C’est sous son signe, qu’en réalité, en dehors de tout calcul, tu aimes Médée. […]. » -Dialogues tirés de Médée Suite à ces paroles, Jason pleure pour la première fois dans le film ce qui fait parfaitement écho aux propos du cinéaste Les barbares pleurent. C’est l’homme moderne qui prétend qu’il est indigne de pleurer. » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 114 Et cet homme barbare » n’a pas disparu en Jason. Le centaure est tout à la fois l’image-idée de l’anti-dialectisme et l’intermédiaire par lequel s’exprime l’auteur. Une démonstration similaire s’applique en ce qui concerne Corinthe. La thèse pasolinienne s’incarne cette fois-ci dans la scène de la mort de Glaucé. Médée lui offre une robe et une parure en signe de détente. Glaucé accepte le présent et la revêt de suite. Dès lors deux versions de la réalité sont soumises au spectateur. La première voit la robe s’enflammer sous l’action d’un sort maléfique. Médée apparaît alors à l’image en surimpression pour accroître l’angoisse qu’inspire au spectateur la sorcellerie mise en œuvre par Médée. Créon tente de sauver sa fille mais il périt à son tour dans les flammes des apparats maudits. Son doublon nous présente Glaucé, anxieuse et rattrapée par sa mauvaise conscience, qui se suicide du haut des remparts et son père, accablé de douleur, se jette dans le vide et s’écrase aux cotés d’elle. D’ailleurs les échos sont récurrents dans Médée ; outre celui, évident, de la mort de Glaucé, nous trouvons le centaure au début du film puis à la fin, le feu tuant la fille de Créon revient lors de l’incendie final ou encore le plan faisant apparaître le soleil dans l’encadrement de la fenêtre de la maison de Médée à la fin qui revient à deux reprises… Corinthe est la représentation d’une civilisation nouvelle mais la double vision de la mort de Glaucé prouve qu’il n’en demeure pas moins que coexiste toujours en elle la part d’irrationnel qu’elle semblait avoir réprimé. Et chez Pasolini, le tragique révèle cette part persistante du sacré comme dans le cas de Médée qui n’assimile pas le rationalisme de Jason. Notons que le soleil est omniprésent avant, pendant et après l’infanticide final. On le voit à plusieurs reprises dans le cadre de la fenêtre ; il semble déjà prophétiser le retour du sacré puisqu’il est le symbole de l’éternité. Il est au-delà de la fenêtre comme pour signifier l’imminence de l’acte resacralisateur » à venir chez Médée. Le sacré, sur lequel la raison avait pris le pas, resurgit en elle par le biais du tragique. Pasolini veut donc briser la trinité dialectique pour mettre en exergue une sorte d’unité paradoxalement divisée deux logiques opposées en une même personne, en une même société. Cette idée prend enfin corps dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine à travers les Erinyes. Ce sont les déesses grecques de la vengeance. D’après la trilogie liée d’Eschyle Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, elles poursuivent Oreste après qu’il a tué sa mère. C’est ainsi qu’il a éveillé la colère des Furies autre nom des Erinyes. Le fils d’Agamemnon s’en remet à la protection d’Athéna et grâce à elle il est jugé par ses semblables. Dès lors la raison, personnifiée par la déesse Athéna, instaure le suffrage et l’assemblée, contraignant les archaïques Erinyes à devenir les bienveillantes Euménides Les Malédictions se transforment en Bénédictions. L’incertitude existentielle de la société primitive perdure comme catégorie de l’angoisse existentielle ou de l’imagination dans la société évoluée. » Dans Portrait du poète en cinéaste, page 212, Hervé Joubert-Laurencin, Editions Seuil, Les Cahiers du Cinéma, Paris, 1995 Les forces obscures que sont les Furies ne sont pas annihilées mais seulement contenues et domptées par la raison. Un étudiant interrogé par Pasolini s’exprime d’ailleurs à propos de la synthèse des Furies et des Euménides transposées dans l’Afrique des années soixante Je ne crois pas qu’on puisse l’obtenir complètement. L’un existe, l’autre aussi. Ca existera toujours, parce que l’africain est fondamentalement comme ça. Il possède une vie intérieure très profonde, un esprit profond […] Il pourra se créer des Euménides sans que les Furies disparaissent. » Extrait du film Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Il rejoint ainsi la thèse de la coexistence anti-dialectique mise en avant par le cinéaste lui-même. En conclusion, l’auteur a rejeté consécutivement l’hégélianisme et l’historicisme marxiste. En lui prévaut désormais une vision circulaire des choses, il n’y a pas d’ Histoire » puisque la réalité est immobile ». Aucune disparition ni aucun dépassement mais perduration et coexistence. Le mythe, par son caractère atemporel, constitue ainsi un modèle exemplaire éclairant à la fois pour le passé, le présent et le futur. Il permet une appréhension globale et sans hiérarchie de la réalité Seuls ceux qui croient au mythe sont réalistes, et vice versa. Le mythique’ n’est que l’autre face du réalisme. » Dans Dernières Paroles d’un Impie, page 83. Une remise en cause du présent peut ainsi, par le biais du modèle mythique, se faire jour. Chapitre 3 Les mythes grecs comme arme de contestation d’un présent en crise » L’essence contestataire du cinéma de Pasolini nous permet d’oser un rapprochement avec le style musical free jazz ». Carnet de Notes pour une Orestie Africaine offre d’ailleurs et non sans raison une longue séquence jazzistique en studio pour représenter la prophétie de Cassandre. Dans les années 60, certains musiciens afro-américains contestent un jazz dont ils sont les acteurs mais auquel les blancs impriment leurs choix ; ils estiment en être dépossédés. Le free jazz » s’immisce alors et brise les règles classiques notamment la régularité rythmique par l’improvisation, l’absence de thème mélodique… Ce nouveau genre repousse les limites de l’exploration sonore mais il est aussi un retour aux sources, aux univers archaïques ». Il se pose ainsi comme contestation de l’idéologie culturelle dominante des blancs et s’étendra aux pays du Tiers Monde » qui l’adopteront pour en faire un symbole de lutte contre l’idéologie coloniale et sa suprématie. C’est en cela que les films de Pasolini constituent une sorte de free cinéma ». Non pas le coté improvisé puisque nous savons que le cinéaste ne laisse aucune place à l’improvisation mais le fait qu’il soit empreint de rage et vise un retour aux sources archaïques et mythiques de notre civilisation. De même que le free jazz » réveille le mythe de la musique africaine, le free cinéma » de Pasolini réveille les mythes antiques. Ses poèmes cinématographiques maltraitent les règles établies pour créer davantage de sens et de profondeur il peut être rapproché de Godard à certains égards. Sa force de subversion et de contestation tant dans la forme travail sur le montage, figures stylistiques propres au cinéma dit de poésie… que dans le fond est comparable aux aspirations du free jazz ». Il pervertit volontairement la technique à l’aide de faux raccords qui brisent la continuité filmique, de mauvais cadrages, de contre-jours…Le magma stylistique », étudié dans la première partie, participe à cet élan contestataire en ce qu’il marque une rupture avec les conventions. En mélangeant les styles, le cinéaste abolit en quelque sorte les frontières stylistiques. Là encore il s’agit de la dimension poétique que Pasolini est soucieux d’insuffler à son cinéma en tant que L’œuvre poétique, en particulier, constitue toujours une entreprise contestatrice dans la mesure où, enfreignant le code, elle innove par rapport à lui, et par rapport au contexte social où ce code est en vigueur. » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 79 Ce contexte que le cinéaste abhorre c’est celui du néocapitalisme, du scientisme dominant et de la bourgeoisie immobiliste qui étendent, selon lui, leur empire sur l’Italie et sur l’occident plus généralement. Il associe d’ailleurs volontiers la société dite de consommation à une forme douce de fascisme. L’acmé de cette dénonciation est sans nul doute la marchandisation des corps, plus que suggéré, dans Salo ou les 120 journées de Sodome, dans lequel les jeunes prisonniers sont voués à la déshumanisation, fruit d’un lent processus sadique. Ses propos à contre courant ont valu à Pasolini une kyrielle de procès… Dans sa trilogie grecque, le but de Pasolini est d’utiliser la source antique pour mesurer ce présent sur le mètre d’un passé mythique Je prélève une forme de vie du passé que j’oppose de façon polémique à celle du présent. » Dans l’Europeo, 19 avril, Milan, 1974 Contrairement à l’idée selon laquelle le mythe abolirait l’Histoire et serait ainsi un frein à la culture occidentale du progrès incessant, le cinéaste épouse la thèse de Mircea Eliade qui affirme que le mythe est aussi Histoire. Il représente même un récit exemplaire Tout mythe, indépendamment de sa nature, énonce un évènement qui a eu lieu in illo tempore’ et constitue de ce fait, un précédent exemplaire pour toutes les actions et situations’ qui, par la suite, répéteront cet évènement. » Le Traité des Religions, Mircea Eliade, Payot, Paris, 1986 Le mythe est donc un outil de remise en question du présent et une piste pour une alternative aux orientations politico-économiques de l’Italie des années 60-70. Le conformisme bourgeois italien de cette époque prêche notamment le renoncement religieux ; c’est le temps du règne de la raison-pragma » petite bourgeoise selon Pasolini. Et cette nouvelle tendance lui semble d’autant plus dangereuse qu’elle surpasse l’ancien fascisme dans sa faculté d’unification et de desintellectualisation. Les approches complexes de la réalité religion, mythes… sont considérées comme l’inutile pendant d’une raison qui peut tout expliquer. Le cinéaste en est ainsi arrivé à exécrer toutes les formes d’autorité qui lui sont contemporaines. Il aime à établir un lien entre cette haine des instances du pouvoir et ses relations oedipiennes irrésolues avec son père. La liquidation du complexe d’Œdipe chez Freud est ce qui fait de nous des êtres sociaux. Il permet une reconnaissance » de la loi et par conséquent de l’autorité qu’elle soit celle du père ou de la société. En psychanalyse le père est plutôt à rapprocher d’une fonction que d’un véritable rôle biologique. Or le cinéma de Pasolini met en scène le rejet de la figure paternelle et une résolution du complexe d’Œdipe en suspens. La haine contre le père s’est alors Transformée en haine trans-historique, ou méta-historique, et elle lui a fait identifier à l’image paternelle tous les symboles de l’autorité et de l’ordre, le fascisme, la bourgeoisie…Il nourrit une haine viscérale, profonde, irréductible, contre la bourgeoisie, contre sa suffisance, sa vulgarité ; une haine mythique, ou, si vous préférez religieuse. » Les Dernières Paroles d’un Impie, page 25 Son cheminement poétique correspondrait alors à la sublimation. Nous l’avons vu, cette étape figure dans l’épilogue d’Œdipe Roi et retrace son parcours il joue dans un premier temps pour la bourgeoisie un air ancestral japonais sur les marches de l’église ; la caméra saute frénétiquement de visage en visage pour nous montrer des gens dans la rue qui ne cessent d’aller de l’avant. Ils symbolisent la bourgeoisie du Nord de l’Italie. Cette succession de piétons est comme l’incarnation cinématographique du souffle abrahamique de l’occident moderne. Ensuite Œdipe entame une musique révolutionnaire russe adoptée par la résistance italienne pour les ouvriers devant les usines. Enfin Pasolini/Œdipe dépasse encore ces deux périodes pour réintégrer le pré maternel et se fondre dans la nature. Ce retour est l’ultime étape d’une quête du sens. En conclusion son cinéma rompt avec le scepticisme spirituel occidental toujours une réalité ? de l’époque. La noirceur poétique des films de la trilogie est un peu celle des décadents de la fin du XIXème et du début du XXème siècle […] Ma formation politique s’est faite en compagnie de décadents’ comme Rimbaud, Mallarmé etc. […] C’est simplement l’expression d’un refus, de l’angoisse devant la véritable décadence issue du binôme Raison-pragma, divinité bifrons de la bourgeoisie. » Ibid, page 111 Pasolini semble être l’héritier d’un Rimbaud, d’un Baudelaire ou d’un Mallarmé en ce qu’il conteste un rationalisme qui ne laisse plus de place aux aspirations spirituelles. Le décadentisme se fait l’écho d’une névrose face au règne du scientisme et du matérialisme. On assiste ainsi à l’éclosion d’une veine poétique mélancolique et pessimiste que Paul Bourget, auteur des Essais de Psychologie Contemporaine, estime issu de Schopenhauer . Les films antiques de Pasolini et les poèmes décadents ont en commun la contestation de la toute puissante raison et d’être empreints de mysticisme un poème de Rimbaud tiré d’Illuminations s’intitule d’ailleurs Mystique. Le cinéma de poésie » de l’auteur italien a également hérité de la dimension absconse et hermétique du langage poétique propre au courant décadent qui deviendra le symbolisme, on considère aujourd’hui ce mouvement comme une sorte d’épiphénomène de la Décadence – dont elle est le précurseur -. Pasolini tient enfin son refus éthique du naturalisme et de son plan séquence de ce même mouvement, qui y voyait déjà le modèle littéraire de l’objectivité rationaliste. Face à la raison et son monopole de la vérité et au libéralisme ambiant, Pasolini répond donc par la vivification des mythes et la forme poétique. Son constat semble pourtant désabusé. La Grèce archaïque dont il parle est certes enfouie sous un occident désacralisé, seulement un manque certain de spiritualité se fait sentir. D’où son intérêt pour un Tiers Monde » qui le fascine en ce que la dimension spirituelle Dans le sens à la fois de l’ordre de l’âme et du religieux. y est encore vibrante. Ses trois films ouvrent ainsi une piste pour un retour au sacré ; peut-être faut-il, selon lui, se tourner vers l’Afrique, l’Océanie, l’Amérique du Sud ?… Mais, là encore, il n’ignore pas que ces peuples sont également en voie de démocratisation, d’occidentalisation et par conséquent de désacralisation. Partie 3 Le tiers monde, dernier bastion du sacré Chapitre 1 Le parallèle entre le Tiers monde » et la Grèce archaïque Seul l’homme peut rêver et exprimer son rêve en des œuvres qui le dépassent. Et dans ce domaine le nègre est roi. D’où la valeur exemplaire de la civilisation négro-africaine, et la nécessité de la décrypter, pour fonder en elle un nouvel humanisme. » Phrase gravée à l’entrée du Festival mondial des Arts Nègres en 1966, Léopold Sédar Senghor en est l’auteur Ces propos de Léopold Sédar Senghor, relevés par Malraux dans son ouvrage Intemporel, traduisent l’intérêt grandissant dans les années soixante pour les cultures du continent africain. Cet engouement pour les arts que l’on appelle communément aujourd’hui premiers » ne s’est pas démenti depuis. En 2006 va s’ouvrir à Paris un musée quai Branly consacré aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Le Louvre leur a d’ailleurs dédiées de multiples expositions. Leur succès a été rendu populaire depuis peu, pourtant cela fait déjà plusieurs décennies qu’ils suscitent un vif enthousiasme. Les arts non-occidentaux ont d’abord été révélés sous l’impulsion d’artistes tels que Gauguin, Apollinaire ou de grands ethnologues et anthropologues comme Lévi-Strauss ou Mircea Eliade. Les surréalistes s’y sont particulièrement intéressés dans la logique de leur opposition à la civilisation capitaliste occidentale. Il s’agit de s’ouvrir à d’autres cultures auparavant dénigrées pour les assimiler à l’art moderne et par conséquent l’en enrichir. André Breton ira même jusqu’à lancer, dans un poème glorifiant l’Ile de Pâques, que la Grèce n’a jamais existé. ». Une manière de dire que la découverte des arts océaniens, africains…sonne comme un espoir de renouveau car ils témoignent d’une mythologie hautement poétique. Le fauvisme et le cubisme vont également très largement s’en inspirer Picasso ne cache pas l’importance de cet art nègre », qui a fortement influencé son œuvre. Les artistes fauves » au rang desquels se trouvent Matisse ou bien Vlaminck il possédait d’ailleurs sa propre collection d’objets d’arts non occidentaux à l’instar d’autres artistes modernes découvrent un nouvel univers plastique avec les arts primitifs », ce qui les mène sur des voies esthétiques puissantes et inattendues. Une simplification des formes ou encore un retour aux couleurs pures font naître une peinture, expression brute du ressenti, des émotions du peintre. Les expressionnistes allemands, Giacometti et d’autres encore s’abreuvent aussi de ces objets d’arts issus des autres continents; la liste n’est bien sûr pas exhaustive…C’est une grande partie de l’art moderne qui est empreint de ce tribalisme artistique. En France Malraux s’en est longtemps fait le défenseur. Il y voit un moyen de palier au déficit spirituel du monde occidental. C’est peut-être dans l’ouverture à ces cultures et à leurs arts que se trouve l’alternative du sacré ». Ces objets d’art constituent un éclairage de notre névrose » actuelle, la voie d’une initiation à un univers mythique et donc mystérieux. Pasolini s’inscrit dans cette tendance de l’art moderne. En voulant redonner vie à la Grèce archaïque par ses mythes, il instaure un rapprochement avec le Tiers Monde » et l’Afrique en particulier. L’auteur ne dissimule pas sa fascination pour les peuples non-occidentaux Alors moi, fils à papa, en arrivant à Rome, j’ai été stupéfait, émerveillé, inspiré par l’apparition de ce monde inconnu. Les poètes écrivent sur les choses qui leur font une forte impression. » Dialogues entre l’acteur Ninetto Davoli et Pasolini dans le documentaire vidéo Pasolini l’enragé Ce monde inconnu dont parle Pasolini c’est à la fois celui du sous-prolétariat » romain et celui des populations du Tiers Monde » qu’il met en parallèle. La part salvatrice des mythes antiques retrouve, selon lui, sa pleine expression au sein des populations du Tiers Monde » qui ont conservé le sens du sacré. Chez le cinéaste l’Orestie d’Eschyle prend place en Afrique Ouganda et sa capitale Kampala que Pasolini met en parallèle avec Athènes, la Tanzanie, la ville de Kigoma, le lac Tanganyika…. Œdipe Roi est à dominante marocaine. Quant à Médée et sa Colchide des origines, Pasolini y a tourné la majorité des scènes dans le désert de Syrie et en Turquie. Il filme donc une Grèce que l’on ne s’attendait pas à voir et ce afin d’esquisser des hypothèses et montrer l’espoir et l’attente qu’il semble placer dans les peuples non-occidentaux. Le magma stylistique », dont nous avons parlé précédemment, nous montre dans quelle mesure les influences des autres continents se font jour dans son cinéma à travers les décors, les costumes, l’architecture, les bijoux…Le cinéaste puise à la fois dans les civilisations anciennes d’Amérique du Sud Incas, Aztèques… et dans celles, plus actuelles, d’Océanie, d’Afrique… Certains épisodes de Carnet de Notes pour une Orestie Africaine font apparaître de probables échos entre l’Afrique et la Grèce antique l’exécution d’un soldat n’est pas sans nous rappeler le meurtre d’Agamemnon dans l’Orestie d’Eschyle. De même, comment ne pas rapprocher les archives de la guerre du Biafra montées par Pasolini avec une autre guerre, plus ancienne cette fois-ci celle de Troie. Ce qui lie plus globalement ce Tiers Monde » à la Grèce archaïque c’est la barbarie », au sens et à la majesté que lui confère l’auteur italien. Il s’agit alors d’un temps primordial, d’une origine des choses, une sorte d’état de nature l’homme à ses prémices. Les mythes grecs que Pasolini transpose dans le Tiers Monde » sont le vecteur d’une régression vers une réalité plus fondamentale, plus complexe et par conséquent plus puissante. C’est d’autant plus vrai que lui-même s’estime pris au piège d’une condition bourgeoise qu’il ne peut supporter il est ainsi bien loin de cette innocence qui le fascine. C’est pourquoi ces peuples sont pour lui un motif d’espoir. La vie y est encore sacralisée. Médée met ainsi à l’honneur des rites qui sont notamment inspirés de ceux du Tiers Monde ». Pasolini s’est pour cela grandement appuyé sur les ouvrages de Mircea Eliade qui font encyclopédiquement référence aux habitudes rituelles de plusieurs continents. Les cultes que le cinéaste a décidé de mettre en exergue sont ceux rendus au soleil et à la terre. Sur ce thème précis, de multiples scènes coupées au montage semblent à elles seules constituer le matériau d’un autre film. Une séquence rendant compte d’un rite archaïque de fertilité dédié au soleil a ainsi été enlevée. On y voit Maria Callas sur une imposante balançoire et le soleil qui emplit l’objectif. Les mouvements de balancier effectué par Médée lui font alterner cadre et hors cadre et rejoindre le soleil dans le même plan pour aussitôt le quitter. Le balancement paraît figurer l’éternité. De plus, le soleil, dont le culte est très répandu, symbolise le temps et le perpétuel recommencement notamment en Inde mais pas seulement, le cycle continu des morts et renaissances il se couche chaque soir pour renaître le matin. Dans ces mêmes séquences coupées, on découvre également Médée marchant sur le toit de la maison qui fait face à Corinthe avec ses enfants ; elle s’apprête à partir avec le dieu Soleil dans son char et à se retourner ainsi vers le sacré. Dans le film, la Colchide, où se déroulent les cérémonies rituelles, est très lumineuse, très solaire. Au début de Médée, quatre jeunes garçons portent un soleil réalisé en paille, blés et branchages ; ils avancent en tête du cortège, de la procession. Ensuite c’est tout un lexique iconique lié au soleil qui se déploie couleur jaune, lumière aveuglante, costumes proches de ceux des Incas ou des Aztèques dont on sait qu’ils vénéraient le soleil, circularité des objets comme cette roue que tourne Médée ou encore la trace de cendres laissée par la paille qui a brûlé… La terre y est sacralisée dans une mesure comparable. Le jeune homme, qui est tué et découpé en morceaux, sert un rituel de régénération de la terre. Chez Mircea Eliade, le but d’un tel sacrifice humain est de Fortifier et augmenter la récolte. » Traité des Religions, Mircea Eliade, page 293 Et de régénérer La force sacrée qui est à l’œuvre dans les récoltes » Ibid Car L’homme primitif vit dans l’anxiété incessante de voir s’épuiser les forces utiles qui l’entourent. » Ibid Une autre séquence non retenue nous propose un autre rite effectué pour la terre c’est une copulation forcée ». Un jeune homme et une jeune femme sont déshabillés de force et doivent s’unir sur le sol aux yeux de tous. Or là aussi on trouve trace de telles pratiques chez Mircea Eliade C’est ce qui arrivait d’ailleurs en Chine, où les jeunes gens et les filles s’unissaient au printemps sur la terre, convaincus que leur geste contribuait à la régénérescence cosmique en favorisant la germination universelle. » Ibid, page 299 Et il ajoute que Dans les traditions helléniques on peut également identifier des traces de semblables mariages juvéniles sur les sillons récemment germés, l’union de Déméter et Jason étant le prototype. » Ibid, page 299 Les rites font clairement le lien entre la Grèce mythique et les peuples du Tiers Monde ». Ils sont destinés à réaffirmer sans cesse le caractère sacré des choses. Carnet de Notes pour une Orestie Africaine contient également deux grands épisodes rituels dans un premier temps, les libations pratiquées par Electre et son frère. Pour cela Pasolini a demandé à des habitants locaux de Répéter les gestes et les paroles habituels, quand ils vont porter les offrandes et prier sur la tombe d’un proche. » Commentaires de Pasolini en voix off dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Il s’agit d’un père et de sa fille. Les rites funéraires grecs ont été remplacés par des rites africains, toujours afin de faire sentir la filiation, la proximité entre les deux univers. Plus après, Pasolini filme les danses et les chants rituels de la tribu Wa-gogo. Enfin il nous donne à voir une cérémonie nuptiale à Dodoma dans le Tanganyika Les parures, les démarches, la danse, les gestes, les tatouages des visages sont les signes d’un ancien monde magique. » Commentaires de Pasolini en voix off dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Les pratiques sacrées abondent dans son cinéma et la plupart des cultes sont rendus à la terre. Cela prouve que la proximité avec la nature attire Pasolini elle est le fait du monde paysan en voie de disparition de l’Italie du Sud, de la Grèce des origines et du Tiers Monde ». Peut-être est-ce le signe que se dessine chez lui une véritable philosophie de la Nature ». Le thème de la terre sacralisée, notamment en tant que lieu symboliquement utérin, est récurrent dans les trois films. Son alternative mystique induirait ainsi un rapprochement avec la nature. Sa Poésie sur un vers de Shakespeare a des accents prophétiques et se révèle éclairante à ce sujet Et moi inadapté à l’histoire, inadapté à moi je m’adapterai à la terre future lorsque la société redeviendra Nature. » Poésie sur un vers de Shakespeare, page 201, Gallimard, Paris, 1972 Là encore l’intérêt de l’utilisation du récit mythique est flagrant en ce qu’il contient des implications historiques, politiques et philosophiques actuelles. Le cinéaste montre que le Tiers Monde », terre mystique, est en conflit avec l’occident moderne comme Médée avec Jason ou encore l’Italie du nord industrialisée avec le Mezzogiorno » paysan du sud. Il émet des hypothèses quant à l’avenir et il place son espoir en ces peuples pour un retour au spirituel. Cependant il constate aussi que l’Afrique, notamment, est en voie de démocratisation et donc quelque part de dénaturation. Ce processus est exposé dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine lorsqu’il fait un parallèle entre la naissance de la démocratie grecque dans l’Orestie d’Eschyle et celle qui s’opère à son époque sur les continents non occidentaux. Chapitre 2 Une Orestie politique entre démocratisation et dénaturation Ecoutez à présent ma loi, citoyens de l’Attique qui jugez pour la première fois du sang versé. A l’avenir le peuple d’Egée verra toujours maintenu ce conseil de juges. […] c’est là que le respect et la crainte sa sœur garantiront de l’injustice les citoyens de jour comme de nuit, du moins s’ils n’introduisent pas eux-mêmes des lois nouvelles […] Ni anarchie ni despotisme- Mon conseil, que les citoyens l’observent et le respectent en veillant à ne pas chasser toute crainte de la cité car quel mortel, s’il ne craint rien, restera juste ? […] Tels sont les longs avis que j’ai donnés Aux hommes de ma cité pour l’avenir. Maintenant levez-vous et portez vos suffrages afin de trancher le procès en observant votre serment. J’ai dit. » Réplique d’Athéna dans Les Euménides issue de la trilogie liée d’Eschyle, vers 681 à 710, pages 231-232, traduction de Daniel Loayza, Flammarion, Paris, 2001 C’est ainsi qu’Athéna proclame la naissance de la démocratie dans les Euménides d’Eschyle. De son propre aveu, ces vers ont provoqué chez Pasolini une vive émotion. Et, pour lui, si cette tirade semble si bien correspondre à l’Afrique des années soixante et encore à celle d’aujourd’hui c’est qu’un lent processus de démocratisation s’est amorcé après la décolonisation. L’image la plus parlante pour illustrer cette idée est celle d’Oreste, dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine, qui est contraint de s’habiller pour rejoindre la grande ville de Kigoma, qui s’occidentalise progressivement, et son université celle de Dar-Es Salam en Tanzanie. Oreste se pare de vêtements comme la société africaine entame une nouvelle ère. Pour Pasolini cette entrée de l’Afrique et du Tiers Monde » dans la démocratie risque de les plonger d’un colonialisme à un autre. Notons que dans Théorème le père de famille, bourgeois et chef d’entreprise, suit un chemin inverse de celui d’Oreste puisqu’il se dévêtit après que le sacré a investi sa vie. Ce revirement brutal est le fruit d’une visitation » d’un étranger apparenté au Christ ou à une quelconque figure divine. Il se dénude pour se rapprocher de la nature et communier avec elle. Sacralisation soudaine dans Théorème, et inversement dénaturation d’Oreste ? Pasolini met clairement en parallèle le cheminement, le destin » des populations d’Afrique et celui du héros eschyléen. Il souligne les risques que présente la confrontation du Tiers Monde » avec le monde occidental. Médée s’en fait déjà la figure lorsqu’elle opère une conversion à rebours » au contact de Jason. Il est probable que l’Afrique ne puisse faire valoir, dans une même mesure, sa différence comme force novatrice possibilité d’une confrontation stérile entraînant une perte d’identité. Ce danger est explicitement retranscrit dans le film lorsqu’il interroge un étudiant. Il désire savoir Si le moyen de ne pas se laisser aliéner par le consumérisme de la civilisation occidentale moderne peut consister dans le fait d’être africain. C’est-à-dire d’opposer au mode de connaissance occidental un esprit original tel que l’acquis ne se résume pas en notions consuméristes mais reste personnel, réel. » Issu du film Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Pasolini laisse entendre par conséquent la nécessité d’établir un équilibre alors qu’apparaissent de nombreux signes d’une dénaturation progressive. L’école de Livingstone, de type anglo-saxonne, qu’il filme, est pour lui synonyme de désacralisation. De même que les livres qui emplissent les librairies des collèges qui révèlent l’alternative […] néocapitaliste et anglo-saxonne. ». Autre exemple la cérémonie nuptiale qui se trouve à la fin du film. Elle est à de nombreux égards ancestrale mais elle apparaît aussi grandement européanisée ». Les rites traditionnels africains perdurent mais ils semblent, aux yeux de l’auteur, se vider de leur sens. Il évoque notamment cette idée au sujet des danses tribales des Wa-gogo Dans le passé […] c’était un rite avec des significations précises, religieuses, peut-être cosmogoniques. Maintenant vous voyez le peuple Wa-gogo, qui autrefois accomplissaient ces gestes pour de vrai, les répète gaiement, pour jouer, en les dépouillant de leur antique signification sacrée, comme par pur plaisir. » Commentaires en voix off de Pasolini dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Pasolini n’exclut cependant pas que la répétition des rites exprime tout de même une véritable volonté de préservation d’un monde magique » Magique » est à prendre ici au sens de sacré, d’irrationnel Lorsqu’il expose son projet de film, Nous pouvons également rapprocher Pasolini d’Oreste. Face à l’assemblée des étudiants d’origine africaine à Rome, il est, à l’instar d’Oreste, face aux juges choisis par Athéna. Il doit justifier sa démarche devant eux comme il aurait à articuler sa défense devant une assemblée Je crois reconnaître des analogies entre la situation de l’Orestie et l’Afrique d’aujourd’hui. Du point de vue surtout, de la transformation des Erinyes en Euménides. Il me semble que la civilisation tribale africaine ressemble à la civilisation archaïque grecque. La découverte de la démocratie par Oreste qui, ensuite, la répandra chez lui, Argos dans la tragédie, l’Afrique dans notre film est comme la découverte de la démocratie, dans l’Afrique de ces dernières années. » Extrait du débat de Pasolini avec les étudiants dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine Certains voient également poindre l’autobiographie dans cette scène puisque, on le sait, la vie du cinéaste a été maintes fois jalonnée de procès, que ce soit pour ses romans ou pour ses films. Il serait ainsi devant les étudiants comme il l’a été devant ses propres juges tout au long de sa vie ; non pas pour avoir tué sa mère mais parce qu’il a offensé » son pays. Deuxièmement, cela peut être interprété comme une mise en accusation du film lui-même, et ce, toujours dans la logique d’une construction filmique qui n’exclut pas d’éventuelles rectifications au stade préliminaire. Montrer le processus réflexif qu’empreinte le film c’est mettre en œuvre l’alternative mais pas de façon détournée. Nous n’avons pas ce type d’informations pour Médée et Œdipe Roi. Le problème de la désacralisation y est évoqué sur le mode mythique à travers les personnages de Jason, Médée. C’est aussi vrai pour l’Orestie Africaine cependant il est plus explicitement lié à une réalité, celle du Tiers Monde ». L’autre point important qui est mis en exergue dans la citation c’est le parallèle central effectué entre les Erinyes devenues Euménides et l’Afrique qui lui est contemporaine. Les anciennes déesses de la terreur, de l’irrationnel se laissent convaincre par Athéna de devenir bienveillantes Laisse-toi donc persuader, renonce aux vaines imprécations contre ce sol, vouant à la stérilité tout ce qui porte fruit- ce germe noir, laisse dormir son amertume. Sois vénérée, viens vivre à mes côtés […]. » Les Euménides, Eschyle, vers 829 à 833, page 236, traduction de Daniel Loayza, Flammarion, Paris, 2001 L’Afrique doit compter avec cette part d’irrationnel ancestral sans le faire disparaître nous sommes de nouveau dans la logique pasolinienne de l’anti-dialectique autrement dit de l’unité divisée. La raison doit prévenir les conséquences néfastes de l’ancienne société primitive » tout en prenant conscience de la force productive et de la richesse qui lui est inhérente il s’agit de la dimension métaphysique et du maintien d’un imaginaire créatif. D’où la nécessité chez Pasolini de mesurer l’importance que revêtent les mythes anciens d’un peuple. Il peut apparaître bergsonien à cet égard puisqu’il pointe du doigt la fonction équilibrante des mythes face à la raison Si l’intelligence menace de rompre sur certains points la cohésion sociale, et si la société doit subsister, il faut que, sur ces points, il y ait à l’intelligence un contre poids. Ainsi s’expliquerait la fonction fabulatrice. » Dans Les deux Sources de la Morale et de la Religion, Bergson, page 124, PUF, Paris, 1997 Chapitre 3 La trilogie antique, métonymie d’un projet ambitieux celui d’un poème sur le Tiers Monde » La forme du pré-film, du film à faire, du cinéaste à l’œuvre traduite notamment par la voix off fait explicitement ressortir les intentions, les idées de l’auteur, son implication. L’ appunti » est la figure du Tiers Monde » en devenir. Son inachèvement semble nous renvoyer à la phase de construction que traverse l’Afrique. Carnet de Notes pour une Orestie Africaine fait partie d’un projet plus vaste qu’il avait entrepris sans pouvoir le mener à son terme il s’agit de Appunti per un Poema sul Terzo Mondo » Notes pour un Poème sur le Tiers Monde. Seuls Médée et Œdipe Roi peuvent prétendre en être une forme d’aboutissement mais sur le mode mythique, pourtant ils ne sont pas inclus dans le projet même si, incontestablement, ils en sont proches. Dans son titre déjà, Pasolini rejette la forme documentaire ou journalistique au profit d’une dimension poétique qui est aussi celle de son Orestie. Cette entreprise ambitieuse devait comprendre cinq volets l’Afrique, l’Inde, l’Amérique latine, les pays arabes et les ghettos noirs de l’Amérique du nord. Au-delà de la diversité géographique et des différences, Pasolini pense que tous ces pays sont liés par le potentiel révolutionnaire qui les habite. Il y pressent un courant neuf de civilisation et donc une alternative. Outre l’Orestie Africaine, il a déjà tourné des Notes pour un Film sur l’Inde en 1967-1968 récits de voyage, les Murs de Sana’a en 1970 et a écrit un scénario concernant l’Afrique le Père Sauvage mais il ne sera jamais adapté, le scénario est d’ailleurs peu éloigné de celui de Carnet de Notes pour une Orestie Africaine puisqu’il s’agissait d’un jeune Africain qui quittait sa tribu pour rejoindre une ville moderne. Dès lors il prend peu à peu conscience, aidé en cela par un enseignant, des contradictions qu’induisent la démocratie naissante dans son pays. Le titre original est Il padre selvaggio ».. Pour le premier, il obtient un contrat et part en repérage pour tourner ce qui sera la partie indienne du Poème sur le Tiers Monde. Pasolini mêle interviews, casting filmé, témoignages et réfléchit sur la manière d’aborder le thème de la démocratie naissante. Comme dans l’Orestie, il cherche à capter les racines barbares » et sacrées du pays dans lequel il voyage. Là encore transparaît la nécessité de souligner la rencontre entre deux univers celui d’une époque féodale » qui perdure sous certaines formes c’est l’aspect noble de cet ancien système qui intéresse Pasolini et celui que laisse entrevoir la récente indépendance acquise par l’Inde. Il serait ensuite intéressant de nous pencher sur Les Murs de Sana’a , court documentaire visant à sensibiliser l’UNESCO sur la nécessité de préserver l’architecture traditionnelle de Sana’a au Yémen du nord Réalisé durant le tournage du Décameron en 1971. Diverses maisons et murs, parties intégrantes de l’Histoire de l’humanité, sont ainsi menacés par l’urbanisation sauvage générée par le capitalisme naissant l’abandon en fait progressivement des ruines. Il s’agit toujours pour Pasolini de mettre en avant un passé, figure d’une différence, et qui porte en lui un souffle révolutionnaire. Cette brève réalisation préfigure Paesi Arabi Partie sur les pays Arabes. Les trois autres versants du grand projet tiers mondiste » n’ont pas atteint le stade d’ appunti ». Ils sont restés des ébauches diversement développées. La parenthèse free jazz » enregistrée à New York dans l’Orestie trahit l’intérêt de Pasolini pour la situation des Afro-américains dans les ghettos. L’épisode qu’il voulait tourner devait s’intituler Ghetti del Nord America le film aurait raconté la vie de Malcolm X, dont le rôle serait interprété par une personnalité noire engagée de l’époque. Et les quelques bribes écrites qui ont été retrouvées paraissent centrer le sujet sur le drame du racisme aux Etats-Unis à cette époque ainsi que les multiples conséquences qu’il a généré violence, ghettoïsation, replis identitaire… La partie sud américaine est quant à elle embryonnaire voire quasiment inexistante au contraire de celle consacrée aux pays arabes Paesi Arabi. Pasolini désirait prendre un acteur qui interpréterait à la fois un juif et un arabe. Voici ce que le scénario précise En fait, le jeune Israélien cultivé et jeune Arabe analphabète sont une seule et même personne. Un même garçon, mort pour des raisons historiques dont la disproportion avec l’éternité n’a aucune justification. » Pasolini Portrait du poète en cinéaste, Hervé Joubert-Laurencin, Editions Seuil, Les Cahiers du Cinéma, 1995, Paris Le cadre temporel devait être celui de la Guerre des Six Jours. Pasolini souhaitait évoquer les drames imputables au nationalisme pour, ensuite, en offrir un dépassement à l’écran en faisant poindre sous l’homme attaché à une nation l’homme universel, apatride. Ce travail a eu en quelque sorte un précédent avec Repérages en Palestine pour L’Evangile selon St Mathieu ». Il devait y tourner L’Evangile qui finalement se déroulera au sud de l’Italie ; le documentaire se détourne du film pour faire découvrir un univers entre préhistoire » et modernité, l’opposition tragique entre juifs et arabes qui pose les bases à la fois du projet sur Saint Paul et de celui de Paesi Arabi. Tous ces films et ces documents révèlent la large réflexion entamée par le cinéaste sur un sujet qui l’est tout autant. Pourtant plusieurs raisons expliquent que son projet ne soit pas allé à son terme son ampleur d’abord, mais également le scandale qu’il aurait fait naître l’ont contraint à le différer. Pasolini s’en explique dans Dernières Paroles d’un Impie Il est bien évident qu’un tel sujet n’appelle pas un traitement de tout repos, sur le plan idéologique et politique. Je pense que pour les marxistes officiels certaines vérités n’auraient pas été bonnes à entendre. Même les contestataires y auraient trouvé matière à polémique. Je crois même qu’il eût été facile, sur un tel sujet, de s’ériger en redresseur de torts. » Dans Les Dernières Paroles d’un Impie, page 140 Il ne reste donc de cette grande entreprise que des notes fragmentaires ou des ébauches de scénarios mais l’idée en soit n’est-elle plus importante que son aboutissement ? Conclusion Le mythe est chez Pasolini une solution symbolique à un conflit existant ou à un présent qu’il juge défaillant ». Le problème majeur que soulèvent les films de la trilogie est celui du manque de spiritualité qui touche l’occident et en particulier l’Italie qui lui est contemporaine. Dans la première partie nous avons vu que les mythes grecs, de par leur essence même, rétablissent les individus dans une éternité ontologique. Il sagit pour Pasolini de montrer la complexité mais aussi l’invariabilité de certaines données psychiques. En somme, il désire faire sentir la part de sacré qui est inhérent à chaque être. Il devient dès lors possible d’en dénoncer l’absence. Le mythe revêt également une dimension collective ou sociétale en tant qu’ histoire exemplaire ». Il est une arme de contestation, d’interrogation et de remise en cause d’un présent que le cinéaste italien pense être déséquilibré. Pour lui l’occident moderne ne laisse plus de place à l’intuition, à la dimension métaphysique et donc au sacré. Cette société techniciste qui occulte l’âme est incarnée à l’écran par Jason ou la ville de Corinthe. Pasolini souligne qu’elle a choisi d’idolâtrer paradoxalement ? le rationalisme qu’elle érige en modèle incontestable. Or, à travers ses films grecs », l’auteur s’évertue à démontrer qu’il est vain de croire que la raison, la science sont les seuls accès à la connaissance. Dans une mesure plus grande encore, il rejette le néo-capitalisme qui, selon lui, est fascisant et mortifère. Il considère que ce système est défavorable à un retour du sacré, en ce qu’il ne véhicule que des valeurs bourgeoises sclérosées et qu’il fait fi de tous les obstacles religieux ou moraux pour étendre son empire. Le mythe est la figure même de sa pensée puisque Pasolini ne croit plus en l’histoire mais en un temps cyclique, un éternel retour du même ou de l’autre. D’où son rejet du scientisme, de la dialectique hégélienne et plus tard de l’historicisme marxiste. Enfin la trilogie, par le biais de son appunti » central, laisse entrevoir que la voie d’une resacralisation salvatrice peut encore se faire jour. Ce changement pourrait s’effectuer à la faveur des continents non-occidentaux. Il voit en l’Afrique la survivance d’une civilisation des origines proche de celle de la Grèce mythique. Et ce dernier bastion du sacré, du mystique, constitue la véritable alternative pour Pasolini. Le Tiers Monde » est, de fait, un objet de fascination pour lui. Cependant son espoir se double d’un constat parfois désabusé. En effet, dans Carnet de Notes pour une Orestie Africaine, l’Afrique se retrouve confrontée à un défi le face à face avec la société occidentale moderne, subséquent à la conquête de l’indépendance, pourrait entraîner une dénaturation risque d’uniformisation, de fusion stérile. Pasolini voit l’existence comme une résistance culturelle et c’est sans nul doute son souhait pour un Tiers Monde » qui peut faire valoir un autre modèle de vie. Son Orestie Africaine devait d’ailleurs faire partie d’un grand ensemble intitulé Notes pour un Poème sur le Tiers Monde. Il comprenait cinq parties correspondant à des pays différents pour à la fois souligner la divergence de leurs problèmes mais aussi ce qui faisait aussi leur unité un souffle nouveau de civilisation. Le passé mythique est, paradoxalement seraient tentés de renchérir ses détracteurs, visionnaire pour Pasolini. Cette prise de position à contre-courant lui vaudra d’être souvent qualifié de passéiste ou nostalgique or de tels propos restent infiniment réducteurs. Certes on pourrait reprocher à Pasolini de cultiver parfois l’art de la contradiction mais sa pensée n’en demeure pas moins riche et complexe. Il se fait l’âpre défenseur d’une alternative spirituelle dans un monde qu’il juge en crise. Il rejoint ainsi une frange de plus en plus vaste d’artistes, de philosophes ou de théologiens qui espèrent ou prophétisent un retour du sens du sacré, porteur de nouveaux horizons tant individuels que collectifs. Cette période du cinéma de Pasolini les films grecs est particulièrement sombre. C’est probablement pourquoi il tournera la Trilogie de la vie immédiatement après, au début des années 70, comme pour se décharger d’un poids. Son œuvre prendra pourtant fin sur une nouvelle note pessimiste en 1975 Salo ou les 120 journées de Sodome, son dernier film mais aussi le plus noir, le plus désabusé et le plus scandaleux. Bibliographie 1. L’Expérience hérétique, Pier-Paolo Pasolini, Payot, collection Trace, Paris, 1976. 2. L’Image-Mouvement, Gilles Deleuze, collection critique », Les Editions de Minuit, Paris, 1983. 3. L’Image-Temps, Gilles Deleuze, collection critique », Les Editions de Minuit, Paris, 1985. 4. Tragédies complètes d’Euripide, traduites par Marie Delcourt-Curvers, Editions Gallimard, 1962. 5. Tragédies complètes de Sophocle, traduction de Paul Mazon, Gallimard, 6. L’Orestie d’Eschyle, traduction de Daniel Loayza, Flammarion, Paris, 2001. 7. Pasolini ou le mythe de la barbarie, Fabien S. Gérard, Les Editions de l’Université, Bruxelles, 1981. 8. Pier-Paolo Pasolini, Piero Spila, collection cinéastes de notre temps, Gremese, Rome, 2001. 9. Pier–Paolo Pasolini qui êtes-vous ?, Alain-Michel Boyer, La Manufacture, Lyon, 1987. 10. Les dernières paroles d’un impie entretiens avec Jean Duflot, Pier-Paolo Pasolini et Jean Duflot, Paris, 1981. 11. Pasolini portrait du poète en cinéaste, Hervé Joubert-Laurencin, éditions Seuil, Les Cahiers du Cinéma, Paris, 1995. 12. Traité d’histoire des religions, Mircea Eliade, Payot, Paris, 1986. 13. Les théories des cinéastes, Jacques Aumont, collection Nathan cinéma, Paris, 2002. 14. La Naissance de la Tragédie, Nietzsche, traduction de Marc Buhot de Launay, Michèle Cohen-Halimi et Marc Crépon, Gallimard, Paris, 2000. 15. Pasolini l’enragé documentaire vidéo sur Pier-Paolo Pasolini. 16. Ecrits corsaires, Pier-Paolo Pasolini, traduction de Philippe Guilhon, Flammarion, Paris, 1976. 17. Les films de Pier-Paolo Pasolini, Martine Boyer et Muriel Tinel, Dark Star, Paris, 2002. 18. Psychanalyse et exégèse tome 1, Eugen Drewermann, traduit de l’allemand par Denis Trierweiler, éditions du seuil, Paris, novembre 2000. 19. Médée, Pier-Paolo Pasolini, traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Arléa édition originale Garzanti editore en 1970, Paris, Mars 2002. 20. Du Réalisme au Cinéma, Barthélémy Amengual, Nathan, Paris, 1997. 21. Critias, Platon, traduction de Michel Patillon et Luc Brisson, Flammarion, Paris, 1992. 22. Anthropologie Structurale, Lévi-Strauss, Presses Pocket Agora, Paris, 1985. 23. Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, Henry Bergson, PUF, Paris, 1997. 24. Mythologie primitive, Lévy-Bruhl, Les Presses Universitaires de France, Paris, 1963.
Chersfans de CodyCross Mots Croisés bienvenue sur notre site SolutionCodyCross.net. Vous trouverez la réponse à la question Le père était peintre le fils cinéaste . Cliquez sur le niveau requis dans la liste de cette page et nous n’ouvrirons ici que les réponses correctes à CodyCross Saisons. Téléchargez ce jeu sur votre smartphone et faites exploser votre cerveau. Cette page
LeBateau-phare s’organise autour de deux duels psychologiques, l’un entre un père et son fils, l’autre entre le père, capitaine d’un bateau-phare, et un gangster en cavale. Selon la règle des tournages confinés, l’histoire du film a contaminé son tournage, avec des affrontements d’ego entre Klaus Maria Brandauer (dont la ressemblance physique avec Skolimowski n’est .